Un prix Nobel de chimie, décerné en 1927 à un scientifique qui allait défier la discrimination nazie contre les étudiants juifs, a été mis en vente aux enchères, à un prix de départ de 325 000 dollars (295 000 euros environ).

Le scientifique allemand Otto Heinrich Wieland avait reçu le prix de chimie « pour ses recherches sur la constitution des acides biliaires et substances apparentées », selon la maison d’enchères Nate D. Sanders de Los Angeles, qui organise la vente.

Selon les commissaires-priseurs, c’est l’un des huit prix Nobel qui a été mis aux enchères, et le seul qui a été attribué pour la chimie. Les enchères sur le médaillon d’or de 23 carats (on peut y participer en ligne) se termineront jeudi.

En plus de son travail primé, Wieland a révélé la structure chimique du cholestérol, une étape clé vers le traitement de cette maladie du coeur.

Heinrich Otto Wieland (Crédit photo: Fondation Nobel / Wikipedia)

Heinrich Otto Wieland (Crédit photo: Fondation Nobel / Wikipedia)

Wieland est connu pour s’être opposé au racisme du parti nazi et pour avoir cherché à protéger les étudiants juifs qui ont été victimes de discriminations après les lois de Nuremberg de 1935.

Les étudiants qui avaient été expulsés de l’université de Munich où il enseignait ont pu y rester sous les auspices de Weiland comme « Gäste des Geheimrats » – invités du conseiller privé.

Deux des étudiants de Wieland, Hans Conrad Leipelt et Marie Luise Schultz-Jahn, ont participé à la distribution de tracts anonymes du mouvement de résistance antinazi Rose Blanche qui pronait un opposition non-violente au Troisième Reich.

Des membres du mouvement ont été arrêtés et décapités par la Gestapo. Liepelt et Schultz-Jahn ont collecté de l’argent pour la veuve et les enfants de Kurt Huber, un professeur qui était un membre éminent du mouvement Rose Blanche. Ils ont tous deux été denoncés à la Gestapo et jugés.

Wieland a témoigné en faveur de Liepelt mais l’étudiant a été décapité le 29 janvier 1945. Schultz-Jahn a été condamnée à 12 ans de prison. Après avoir été libérée à la fin de la guerre, elle a continué à étudier la médecine. Elle est morte en 2010.

Le médaillon d’or porte l’image d’Alfred Nobel, ainsi que la devise en latin « inventas vitam juvat excoluisse par artes » – (En traduction libre : « Qu’il est doux de voir la vie humaine s’embellir par l’invention des arts »).

Le nom de Wieland et l’année 1927 en chiffres romains sont également gravés sur la médaille, qui est livrée avec une lettre d’authenticité de son petit-fils.