En 2016, les forces de sécurité israéliennes ont empêché 1 226 tentatives de contrebande de produits illégaux, comme des drones et des combinaisons de plongée, dans la bande de Gaza, au poste-frontière de Kerem Shalom. Ce nombre représente une hausse importante par rapport à celui de 2015, a annoncé dimanche le ministère de la Défense.

En moyenne, près de 500 camions sont entrés chaque jour de 2016 dans la bande de Gaza, soit une hausse de 13 % par rapport à 2015, selon la Défense.

Afin d’empêcher la production d’armes et la construction de tunnels servant à mener des attaques terroristes, le Coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT) maintient une liste stricte des produits autorisés à bord de ces camions.

Par exemple, certains composés chimiques, comme des réservoirs d’essence et des équipements de forage ne sont pas du tout autorisés à Gaza. Mais certains matériaux ayant un « double usage », comme des câbles électriques et des caméras, sont très réglementés, si ce n’est interdit, par Israël.

Les marchandises et les fournitures médicales sont transférées vers la bande de Gaza par le terminal de Kerem Shalom, le 19 juillet 2014. Crédit : unité des portes-paroles de l'armée israélienne)

Les marchandises et les fournitures médicales sont transférées vers la bande de Gaza par le terminal de Kerem Shalom, le 19 juillet 2014. Crédit : unité des portes-paroles de l’armée israélienne)

Pour contourner ces restrictions, des contrebandiers tentent de faire entrer ces objets illicites dans la bande de Gaza en les dissimulant sous ou dans des produits autorisés.

Ce mois-ci, par exemple, le Shin Bet a démantelé un réseau de contrebande présumé qui faisait entrer des objets interdits dans des télévisions et des réfrigérateurs.

Une cargaison de contrebande de couteaux de commando interceptée par les responsables israéliens au terminal de Kerem Shalom entre Israël et Gaza, le 9 août 2016 (Crédit : ministère de la Défense/Autorité des frontières)

Une cargaison de contrebande de couteaux de commando interceptée par les responsables israéliens au terminal de Kerem Shalom entre Israël et Gaza, le 9 août 2016 (Crédit : ministère de la Défense/Autorité des frontières)

L’année dernière, les équipes de l’Autorité des frontières du ministère de la Défense, avec les agents du Shin Bet, ont contrecarré 1 225 autres tentatives de contrebande de maquettes d’avions, de couteaux de commando, de moteurs de camion, de combinaisons de plongée et d’autres objets interdits dans l’enclave côtière.

« La guerre menée sans répit par le ministère de la Défense à l’encontre des contrebandiers a permis de ralentir de façon significative l’ascension des forces terroristes à Gaza », a déclaré dans un communiqué le général de brigade (de réserve) Kamil Abu Rokon, en charge de l’Autorité des frontières.

Ce chiffre représente une hausse de 66 % par rapport à 2015, où 740 tentatives de contrebande avaient été déjouées à Kerem Shalom, a annoncé le ministère de la Défense.

Ce poste-frontière est le point d’entrée principal pour l’import dans la bande de Gaza, avec le poste-frontière égyptien de Rafah, souvent fermé. Les contrebandiers utilisent aussi les tunnels ou la voie maritime.

Workers on the Israeli side of the Kerem Shalom border crossing into the Gaza Strip, December 2011 (photo credit Tsafrir Abayov/Flash90)

Côté israélien du passage transfrontalier de Kerem Shalom, en décembre 2011. (Crédit : Tsafir Abayov/Flash90)

Le poste-frontière d’Erez est principalement utilisé pour les entrées et sorties de personnes, et sert parfois au transfert de marchandises.

Abu Rokon a attribué la hausse aux nouvelles technologies et aux protocoles d’exploration du poste-frontière.

« Ces derniers mois, nous avons utilisé un scanner de marchandises à [Kerem Shalom] qui est l’un des plus sophistiqués au monde, et nous avons ajouté des technologies et de nouvelles procédures de vérification qui nous aident dans notre combat quotidien contre les contrebandiers », a-t-il déclaré.

L’Autorité des frontières est responsable non seulement de Keren Shalom et d’Erez, mais aussi de beaucoup des checkpoints situés à l’entrée et en Cisjordanie.

Sur ce front également, les autorités ont enregistré des nombres record en 2016.

Capture d'écran d'un reportage de la Deuxième chaîne au checkpoint de Qalandiya, le 15 avril 2016, qui montre les difficultés des travailleurs palestiniens pour passer de Cisjordanie en Israël. (Crédit : capture d'écran de la Deuxième chaîne)

Capture d’écran d’un reportage de la Deuxième chaîne au checkpoint de Qalandiya, le 15 avril 2016, qui montre les difficultés des travailleurs palestiniens pour passer de Cisjordanie en Israël. (Crédit : capture d’écran de la Deuxième chaîne)

L’année dernière a également vu un nombre record de piétons palestiniens entrant en Israël par les checkpoints du ministère de la Défense : 13 millions.

C’est une hausse de plus de 1,5 million par rapport à 2015, et de plus de quatre millions par rapport à 2014.

Octobre 2016 a été le mois le plus chargé de l’Autorité, avec environ 55 000 Palestiniens passant par ses checkpoints chaque jour, a annoncé le ministère de la Défense.

Les politiciens israéliens, de gauche comme de droite, ont demandé des rénovations et des améliorations des checkpoints de Cisjordanie, qui sont souvent lents et surpeuplés.