WASHINGTON – Une importante délégation de Républicains de la Chambre des représentants des États-Unis est d’ores et déjà en ordre de bataille pour rappeler à Trump d’appliquer sa promesse de campagne de déplacer l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem.

Dans un courrier qui sera adressé au président entrant, et qui fait actuellement le tour des membres républicains du Congrès, Trump est encouragé à « prendre rapidement des mesures pour déplacer notre ambassade à Jérusalem dès qu'[il] accéder[a] au pouvoir », selon une copie du texte.

La lettre, rédigée à l’initiative du représentant républicain de la Floride, Ron DeSantis, a déjà obtenu plus de 100 signatures de la part des Républicains de la Chambre.

« Déplacer l’ambassade renforcera l’alliance entre Israël et les États-Unis. Cela enverra un message au monde entier », affirme la lettre.

Sans mentionner le nom du président Barack Obama, la lettre fustige la décision de son administration qui a laissé voter la résolution anti-implantations au Conseil de Sécurité de l’ONU il y a deux mois.

La résolution de l’ONU appelle tous les pays à « faire une distinction, dans leurs échanges en la matière, entre le territoire de l’État d’Israël et les territoires occupés depuis 1967 ». Israël craint qu’un tel discours ne conduise à une augmentation des initiatives du mouvement qui prône le boycott et les sanctions contre Israël. Les responsables israéliens ont averti que cela « favorisera la violence ».

Le déplacement de l’ambassade est, selon le courrier des représentants, « d’autant plus urgent, à la lumière de la Résolution 2334 anti-Israël », en évoquant la résolution par sa dénomination officielle.

« La résolution invite à une hostilité diplomatique et à une guerre économique contre Israël. Il est de notre devoir d’agir urgemment pour en limiter les conséquences et réaffirmer notre engagement envers Israël. »

La lettre a été reprise et diffusée par le site Foreign Policy.

Les Palestiniens et la Jordanie ont critiqué cette promesse de déplacement. Le royaume hachémite a affirmé qu’il s’agirait d’une « ligne rouge ».

Des soldats israéliens sur le mont du Temple près de la mosquée Al-Aqsa (Crédit : AFP/AHMAD GHARABLI)

Des soldats israéliens sur le mont du Temple près de la mosquée Al-Aqsa (Crédit : AFP/AHMAD GHARABLI)

Trump a déjà indiqué que sa présidence marquera une rupture nette avec ses prédécesseurs en ce qui concerne Israël, et a averti les Israéliens que « les choses seront différentes » une fois qu’il sera à la Maison Blanche.

D’autres présidents, notamment Bill Clinton ou George W. Bush, avaient déjà promis de déplacer l’ambassade. Mais ils n’ont pas tenu parole une fois qu’ils ont pris les rênes de la politique étrangère américaine.

Chaque président, y compris Obama, a soutenu que le statut de Jérusalem devra être déterminé dans le cadre des négociations finales entre les concernés. En effet, Israéliens et Palestiniens proclament leur légitimité vis-à-vis de la capitale actuelle d’Israël.

En 1955, le Congrès a adopté une résolution appelant le président à déplacer l’ambassade. Cette résolution, menée par l’ancien Président de la Chambre et actuel proche de Trump, Newt Gingrinch, a été rejetée par les différentes administrations américaines.

Mais le président entrant a annoncé qu’il marquerait une rupture, et ceux qui sont en faveur du déplacement de l’ambassade estiment que la Maison Blanche n’entravera pas la procédure.

Au début du mois, le sénateur du Texas Ted Cruz, le sénateur de Floride Marco Rubio et le sénateur de Nevada Dean Heller, tous Républicains, ont déposé un projet de loi sur l’ambassade et la reconnaissance de Jérusalem, appelant Trump à reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël, et à y installer l’ambassade.

En décembre, il a nommé son avocat et ami de longue date, David Friedmann, au poste de prochain ambassadeur américain en Israël.

Dans la déclaration annonçant cette nomination, Friedman, fervent sympathisant d’Israël et mécène d’implantations en Cisjordanie, a affirmé qu’il remplira ses fonctions « à Jérusalem, la capitale éternelle d’Israël ».

Certains médias ont annoncé que les conseillers de Trump étudient déjà la logistique du déplacement. La directrice de campagne et future conseillère Kellyanne Conway a même affirmé qu’il s’agissait « d’une priorité » pour Trump.