Onze hommes, soupçonnés d’avoir aidé le terroriste de l’attentat qui a fait 86 morts le 14 juillet à Nice à se procurer des armes, ont été interpellés à Nice et à Nantes, a-t-on appris lundi de sources proches du dossier.

Dix hommes ont été placés en garde à vue lundi à Nice, après une première interpellation vendredi à Nantes, dans le cadre de l’enquête sur l’attentat qui avait fait 86 morts de 19 nationalités et plus de 400 blessés, fauchés par le poids lourd conduit par le tueur.

Les 11 interpellés, âgés de 23 à 37 ans et dont cinq sont nés en Albanie, font partie de l’entourage d’un couple d’Albanais mis en examen en juillet pour avoir vendu un pistolet à l’auteur de l’attentat, ou de celui d’un Franco-Tunisien de 21 ans, lui aussi déjà mis en examen, qui a reconnu avoir servi d’intermédiaire lors de cette vente, a-t-on ajouté de source judiciaire.

Eux aussi sont soupçonnés d’avoir pu fournir une aide logistique au terroriste, le Tunisien Mohamed Lahouaiej Bouhlel, qui avait tiré sur des policiers avec son pistolet avant d’être tué.

Une carte d'identité au nom du suspect terroriste Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, soupçonné d'avoir tué plus de 80 personnes à Nice le 14 juillet 2016 (Crédit : autorisation)

Une carte d’identité au nom du suspect terroriste Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, soupçonné d’avoir tué plus de 80 personnes à Nice le 14 juillet 2016 (Crédit : autorisation)

« Ce sont des gens qui étaient en relation avec ceux arrêtés en juillet dans le cadre de la fourniture des armes pour l’auteur de l’attentat […]. Le Nantais habitait Nice auparavant », a précisé la source proche du dossier.

« Ils n’ont pas forcément eu connaissance de l’attentat, mais ils font partie du milieu délictuel de droit commun, notamment des filières d’approvisionnement en armes », a-t-on ajouté de même source.

La garde à vue peut durer quatre jours, comme le prévoit la législation anti-terroriste.

Au total, six personnes ont jusqu’à présent été mises en examen et écrouées dans l’enquête sur l’attentat commis par Mohamed Lahouaiej Bouhlel. A ce stade, leurs auditions révèlent de nombreuses contradictions, mais aucun élément de l’enquête ne démontre avec certitude que ces personnes, cinq hommes et une femme inconnus des services antiterroristes, avaient connaissance de son projet.

Outre le Franco-Tunisien de 21 ans, vendeur de cocaïne et connu pour de petits larcins, et le couple d’Albanais directement impliqués dans la vente du pistolet utilisé par Lahouaiej Bouhlel le soir du 14 juillet, et acheté pour 1 400 euros, d’autres sont soupçonnés d’avoir pu influencer l’auteur de l’attentat ou de l’avoir accompagné lors de repérages sur la Promenade des Anglais au volant du camion qu’il utilisera le 14 juillet.

Huit autres personnes de l’entourage du tueur avaient été interpellées en septembre, avant d’être remises en liberté sans qu’aucune charge ne soit retenue contre elles dans le cadre de cette enquête.