Une enquête nationale menée par le gouvernement révèle que quelque 12 000 femmes en Israël travaillent dans le commerce du sexe, aux côtés d’environ 1 000 hommes.

L’enquête, menée par le ministère de la Protection sociale et qui s’est conclue ces dernières semaines, a compté entre 11 420 et 12 730 travailleurs du sexe à l’échelle nationale, avec environ 95 % qui sont des femmes et environ 5 % qui sont des hommes.

Environ 11 % des femmes sont des mineures, selon les conclusions citées jeudi soir par la Deuxième chaîne.

La plupart des femmes qui travaillent dans la prostitution le font parce qu’elles ont besoin d’argent. « Elles se disent qu’elles vont commencer et arrêter rapidement mais la vérité est qu’elles ne quittent pas [le métier] si facilement », a précisé Anat, une militante qui travaille avec des prostituées, à la chaîne de télévision.

Le motif économique est confirmé dans le rapport. Les deux tiers des femmes commencent à travailler comme prostituées seulement après être tombées dans une situation financière désespérée. Seulement 7 % sont entraînées dans cette voie en raison de leur toxicomanie.

Le ministère de la Protection sociale a interviewé 700 femmes prostituées et a constaté que plus de la moitié d’entre elles, soit 52 %, sont nées dans l’ex-Union soviétique. Environ 9 % des femmes dans la prostitution ont commencé avant leur 18e anniversaire.

Parmi ces femmes, 62 % sont des mères et 20 % ont un diplôme universitaire.

Les femmes déclarent avoir en moyenne 5,5 clients chaque jour.

La prostitution est illégale en Israël mais elle reste encore une industrie dont la valeur estimée à quelque 1,2 milliard de shekels par an, selon la Deuxième chaîne. Environ 43 % de cette somme provient de transactions en « appartements discrets » où les clients réguliers rendent visite à une prostituée particulière.

Quelque 18 % des revenus de l’industrie provient des services d’escorte, 16 % des salons de massage qui sont aussi des entreprises de prostitution et 18 % de clubs de striptease et d’autres institutions.

Seulement 6 % des prostituées travaillent dans la rue et gagnent beaucoup moins que celles qui travaillent dans les formes plus institutionnalisées de l’industrie du sexe, selon le rapport.