Douze personnes ont été interpellées dans la nuit de jeudi à vendredi en région parisienne, soupçonnées d’avoir apporté un « soutien logistique » aux djihadistes auteurs des attentats de la semaine dernière à Paris, selon les autorités françaises.

« La plupart sont connues des services de police pour des faits de droit commun », a indiqué à la presse le ministre français de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve.

Dans le détail, neuf hommes et trois femmes vont être interrogés sur un « possible soutien logistique » qu’ils sont susceptibles d’avoir apporté aux tueurs, notamment des armes et des véhicules, a précisé une source judiciaire.

Des perquisitions ont été menées dans plusieurs villes de banlieue, notamment à Grigny, au sud de la capitale, d’où était originaire l’un des tueurs, Amédy Coulibaly, et à Montrouge, où il avait abattu le 8 janvier une policière.

Parmi les interpellés, qui ont été placé en garde à vue, figure un ami de Coulibaly, connu pour des faits de braquage et interpellé à Grigny, selon une source policière.

Selon une autre source policière, les enquêteurs ont effectué ces derniers jours de nombreuses filatures de plusieurs personnes repérées à partir d’éléments ADN et d’écoutes téléphoniques dans l’entourage présumé de Coulibaly et des frères Kouachi.

Saïd et Chérif Kouachi sont les deux tueurs de l’attentat contre le journal Charlie Hebdo le 7 janvier. Outre la policière abattue à Montrouge, Amédy Coulibaly a aussi assassiné le 9 janvier quatre clients et employés juifs d’un supermarché casher à Paris.

Les enquêteurs français recherchent désormais notamment la voiture d’Hayat Boumeddiene, compagne d’Amédy Coulibaly, visée par un mandat de recherche. La jeune femme âgée de 26 ans a été repérée en Turquie le 2 janvier avant de passer en Syrie le 8.

Ils avaient déjà effectué une série de perquisitions en région parisienne, notamment à Bondy (Seine-Saint-Denis), pour tenter de la retrouver.

Les trois tueurs sont connus pour appartenir à la mouvance islamiste. Chérif Kouachi a été condamné dans un dossier de filière d’envoi de combattants djihadistes en Irak au milieu des années 2000. Coulibaly était, lui, sorti de prison en mai 2014, après avoir purgé une peine pour sa participation à un projet d’évasion d’un des auteurs des attentats de 1995, Smaïn Aït Ali Belkacem.

Ils ont tué 17 personnes en trois jours la semaine dernière : 12 lors de l’attaque de Charlie Hebdo le 7 janvier, puis une policière municipale à Montrouge le lendemain, et les victimes juives du supermarché casher de Paris le 9 janvier.