La vague d’alyot de cet été continue : 146 nouveaux Olim de France ont atterri mardi à l’aéroport Ben-Gurion.

Ils sont arrivés grâce à l’aide du Conseil International des Chrétiens et des Juifs (IFCJ). 38 familles viennent de différentes villes à travers la France, dont Paris, Lyon, Marseille, Toulouse et Nice, qui fut le mois dernier le théâtre d’une attaque terroriste qui a coûté la vie à 84 personnes.

Ces vols rejoignent deux autres vols coordonnés par l’IFCJ, qui sont arrivés la semaine dernière d’Ukraine, ce qui porte le chiffre à 235 nouveaux Olim de la partie orientale du pays.

La majorité des nouveaux Olim de France (111) viennent de Paris.

Ces derniers évoquent l’augmentation drastique des antisémites dans la capitale. Beaucoup d’Olim ont laissé non seulement leurs maisons mais aussi des entreprises prospères – qu’ils ont dû vendre avant leur alyah. C’est ce qui est arrivé par exemple à la famille S. Le père, la mère et leurs trois enfants ont parlé du sévère antisémitisme auquel ils ont dû faire face.

« Cela en est arrivé au point où nous devions enlever nos kippot en public, car ils nous ont transformé en cible », ont expliqué les parents, ajoutant que la décision de faire l’alyah n’a pas été facile.

« A Paris, nous avions une entreprise familiale prospère dans la vente de bonbons français très populaires. La crainte de l’antisémitisme nous a fait réaliser que dans le but de vivre pacifiquement et librement comme des personnes juives, la plupart d’entre nous devions partir pour Israël. La famille, qui est très religieuse, devrait commencer une nouvelle vie à Jérusalem.

Il y a également la famille B., aussi originaire de Paris. « Nous sommes venus de Paris et nous sommes très heureux de faire l’alyah aujourd’hui, j’ai attendu ce moment depuis 20 ans, et maintenant je peux faire l’alyah avec toute ma famille, moi, mon mari et mes 5 enfants », a confié la mère.

Lorsqu’on lui a demandé ce qui l’a poussée à faire l’alyah, elle a répondu que « cela a toujours été l’un de mes rêves et je veux seulement revenir à la maison, en Israël… La situation en France est très difficile, il y a beaucoup d’antisémitisme. Les gens ne sont pas très agréables envers les juifs et c’est très difficile pour nous. Les enfants souffrent de cet antisémitisme aussi… nous sommes heureux d’être à la maison ». La famille B devrait s’installer à Jérusalem comme 20 autres familles qui sont arrivées aujourd’hui.

En plus du vol de Paris, un autre avion a atterri mardi à l’aéroport Ben-Gurion en provenance de Marseille avec 35 nouveaux Olim à bord, originaires de la ville de Marseille et de la région du sud du pays.

C’est le cas de la famille K. qui a découvert l’IFCJ et la possibilité de faire l’alyah, suite à une visite du dirigeant de l’IFCJ, le rabbin Yechiel Eckstein, à l’école de leurs enfants. Lors de la réunion, les membres de la famille ont raconté au Rabbi Eckstein les difficultés et les craintes qu’ils rencontraient dans les rues de la ville quotidiennement.

Selon eux, les attaques récurrentes contre des personnes juives dans la ville ont gravement nui à leur sentiment de sécurité et à leur capacité à mener une vie normale.

« Nous avons décidé que si nous ne faisions pas quelque chose, nous pourrions nous retrouver en danger », ont précisé les parents. « Nous avons décidé, avec nos enfants, que nous ne pouvions pas continuer comme ça et que c’est seulement en faisant l’alyah que nous pourrions vraiment vivre en paix, comme des personnes juives ». La famille devrait s’installer à Haïfa.

Parmi les Olim qui arrivent aujourd’hui, 78 Olim sont des enfants âgés entre 3 à 18 ans, dont 4 bébés, ce qui fait l’alyah de cet été est en moyenne l’une des plus jeunes. Le plus jeune des Olim est âgé de 7 mois tandis que le plus âgé a 88 ans. Les Olim devraient vivre dans une douzaine de villes à travers Israël, y compris Ashkelon, Holon, Haïfa, Netanya, Jérusalem, Ofakim et Sderot.

Ce vol se rajoute à plus de 27 autres vols que l’IFCJ a organisé au cours de ces trois derniers mois, dans le cadre de ses efforts pour promouvoir l’alyah en Israël. Quatre mille nouveaux Olim ont fait leur alyah avec ce programme et sont arrivés d’Ukraine, de la France, d’Amérique du Sud entre autres.

Comme lors des précédentes vagues d’alyot, tous les Olim qui sont arrivés aujourd’hui recevront également le soutien financier de l’IFCJ. À leur arrivée en Israël, l’IFCJ aide les nouveaux Olim avec une subvention de 1 000 dollars qui sera accordée à chaque adulte et une aide de 500 dollars pour chaque enfant, en plus de financer leurs vols vers Israël. Cette prise en charge par l’IFCJ est donnée en plus des diverses subventions que les Olim reçoivent par l’intermédiaire du ministère de l’Intégration.

Rabbi Yechiel Eckstein, le président de l’IFCJ, a ajouté que « l’Etat d’Israël est le foyer de tout le peuple juif à travers le monde. C’est la maison dans laquelle chaque personne juive peut vraiment mener une vie juive en liberté, en paix et en sécurité. L’IFCJ cherche à accomplir tous les efforts afin d’aider toutes les personnes juives qui se sentent menacées dans leur pays d’origine, juste parce qu’ils sont Juifs, en faisant l’alyah et en gagnant la possibilité de mener pleinement une vie juive ».