Une commission municipale a donné son approbation finale la semaine dernière à la construction de quelque 2 500 logements dans le quartier de Givat Hamatos à Jérusalem-Est, a fait savoir mercredi un adjoint au maire de la ville.

L’approbation de cette commission, qui aurait eu lieu la veille de Rosh Hashana [Nouvel An juif] la semaine dernière selon l’organisation de gauche La Paix maintenant, marque la dernière étape avant que les offres ne soient émises.

Le quartier se trouve dans un territoire revendiqué par les Palestiniens pour faire partie intégrante d’un futur Etat palestinien. Et les critiques du projet estiment qu’un quartier juif couperait la ville de Bethléem des quartiers arabes de la capitale.

Dans un communiqué mercredi, la municipalité a indiqué que l’adjoint au maire Kobi Kahlon avait signé une ordonnance approuvant la construction de quelque 2 500 logements à Givat Hamatos. La Paix maintenant estime qu’il s’agit de 2 610 unités.

La nouvelle est tombée juste avant la réunion, à Washington, entre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président américain Barack Obama. Cela avait surtout une signification symbolique, sachant que la commission de planification et de construction du district de Jérusalem avait en décembre 2012 officiellement annoncé le lancement d’un projet de construction majeur dans le sud de la ville.

Selon cette commission, la moitié des logements de Givat Hamatos seront désignés pour les résidents arabes, tandis que les appartements restants seront réservés aux Juifs, a rapporté la radio militaire.

La Paix maintenant a critiqué la décision de la commission, la qualifiant de « destructrice » et affirmant que l’avancement de ce projet nuirait aux efforts pour parvenir à un accord de paix avec les Palestiniens.

« Le projet de Givat Hamatos est destructeur pour la solution des deux Etats. Comme le plan E1, il divise l’Etat palestinien potentiel et bloque la possibilité de relier les quartiers palestiniens du sud de Jérusalem avec le futur Etat palestinien » a fait savoir un communiqué publié par l’organisation.

« Netanyahu poursuit sa politique visant à détruire la possibilité d’une solution à deux Etats. Il le fait en Cisjordanie, et il le fait à Jérusalem-Est, » a encore fait savoir La Paix maintenant.

Hanan Ashrawi, une responsable et ancienne ministre de l’AP, a condamné cette décision. « Ces actions envoient un message clair au monde en général, et au peuple palestinien en particulier, qu’Israël s’engage plus à voler la terre qu’à faire la paix. L’entreprise de colonisation effrénée d’Israël constitue en outre une folie politique dangereuse » a-t-elle fait savoir.

Israël a fait l’objet de critiques internationales dans le passé pour des projets de construction à Jérusalem et d’autres projets en Cisjordanie, y compris le corridor E1 controversé, qui relie Jérusalem à Maalé Adumim.

Le mois dernier, l’Union européenne et les États-Unis s’en sont pris à Israël quant à sa décision fin août de « s’approprier » environ 400 hectares de terrain près de l’implantation de Gvaot dans le Gush Etzion, exhortant Jérusalem à abandonner ce plan et qualifiant cette décision de « message fortement inquiétant » pour ceux qui sont impliqués dans les négociations en vue d’un accord de paix avec les Palestiniens.

En août, le département de l’armée chargé d’administrer les affaires civiles dans les territoires a déclaré qu’Israël avait « déclaré 4 000 dunams (environ 400 hectares) à Gvaot » comme terres de l’Etat, ajoutant que les parties concernées avaient 45 jours pour faire appel. L’armée israélienne a déclaré qu’il n’y avait aucune revendication de propriété palestinienne sur les terrains en question, selon le site Ynet.

Selon les critiques, la décision de s’approprier ces terrains près de l’endroit où les trois adolescents israéliens ont été enlevés et tués en juin, était « un coup de poignard dans le dos » de la direction palestinienne.

La population des résidents des implantations aurait augmenté de 2 % dans la première moitié de l’année, selon un document publié il y a deux semaines, signalant un maintien fort, même si Israël mène en même temps des pourparlers de paix avec les Palestiniens.

Le Conseil de Yesha, qui représente les implantations en Cisjordanie, a déclaré que le nombre de résidents est passé de 374 469 fin 2013 à 382 031 au 30 juin, soit une hausse de 2 % sur la période.

Le taux de croissance annuel de 4 % serait donc supérieur de plus du double au taux de croissance national israélien, selon les chiffres officiels.

« Il est clair que c’est une communauté qui se développe et qui est là pour rester, » a déclaré Dani Dayan, le chef du Conseil de Yesha.