Avec l’omniprésence croissante de caméras de sécurité, des dashcams, des caméras de téléphones cellulaires, des GoPros et l’émergence du journalisme citoyen, pratiquement aucun événement médiatique n’a eu lieu sans qu’une vidéo en ait été témoin.

En Israël et au Moyen-Orient, c’est aussi vrai que n’importe où. L’année a été ponctuée par l’attente de voir un événement sur caméra. Parfois, les vidéos étaient réjouissantes, comme un président qui se joint à un garçon de 11 ans pour lutter contre l’intimidation, mais la plupart du temps, elles témoignaient de la violence qui a ponctué ces 12 derniers mois, avec des attaques terroristes, des guerres, des émeutes et autres événements troublants.

Beaucoup de ces vidéos sont difficiles à regarder. Certaines sont de mauvaise qualité, d’autres choquantes (des avertissements les accompagnent) et il y en d’autres que nous ne voudrions jamais revoir.

Nous ne prétendons nullement que ces 14 extraits vidéo illustrent l’année écoulée, mais réunis, ils ajoutent un motif important à la mosaïque de 2014.

Le processus de paix a fait « pouf »

L’année a commencé avec les pourparlers de paix entre Israël et les Palestiniens, qui pédalaient certes dans la semoule. Mais des efforts intensifs ont été entrepris durant les trois premiers mois jusqu’à ce que tout s’écroule au début avril, sur fond d’accusations mutuelles.

S’adressant à la Commission des relations étrangères du Sénat le 8 avril, le secrétaire d’Etat américain John Kerry a donné un rapide aperçu de ce qui a déraillé, proférant sans le vouloir un slogan accrocheur, lorsqu’il a fait remarquer, après l’aval d’Israël pour la construction de 700 maisons à Jérusalem, « Pouf – c’était en quelque sorte le glas [des pourparlers] ».

Si le Département d’Etat a tenté de réparer les dégâts, un responsable israélien a répondu que Jérusalem était « profondément déçue » par ces commentaires.

Tué de sang-froid ?

A la mi-mai, les pourparlers étaient résolument réduits en miettes, et manifestants palestiniens et forces de sécurité israéliennes se préparaient à des affrontements lors de la Journée de la Nakba, ou catastrophe, commémoration palestinienne de la création d’Israël en 1948.

A Beitunia, près de Ramallah, un heurt apparemment banal s’est transformé en incident mortel quand deux adolescents ont été tués, en dépit des allégations selon lesquelles ils ne participaient pas aux émeutes.

La vidéo qui a émergé quelques jours plus tard confirmait que les deux ont été abattus loin des échauffourées, et si un responsable de la défense (anonyme) a déclaré au Times of Israel que la vidéo semblait trafiquée, en décembre, le garde-frontière Ben Deri a été arrêté et accusé de double homicide involontaire.

Selon certains témoignages, les tirs étaient les premiers d’une série d’événements qui devaient finalement culminer avec la guerre à Gaza, l’événement déterminant de l’année. (Attention : Contenu choquant.)

Le meurtre de vengeance qui a choqué la nation

La plupart, cependant, situent l’augmentation des tensions entre Israël et les Palestiniens au moment de l’enlèvement et de l’assassinat de trois adolescents israéliens à un arrêt de bus en Cisjordanie.

Si l’enlèvement de Naftali Fraenkel, Gil-ad Shaar et Eyal Yifrach était l’un des rares événements non capturés sur vidéo (seul un enregistrement de l’appel d’un des garçons à la police a été rendu public), l’attentat a incité les officiels à installer de nouvelles mesures de sécurité, y compris des caméras, à un certain nombre d’endroits.

Malheureusement, les meurtres ont également stimulé la soif de sang d’un groupe de Juifs israéliens, qui ont décidé de les venger en tuant Mohammed Abu Khdeir, 16 ans, le brûlant vif et jetant son corps dans la forêt de Jérusalem.

La genèse du meurtre, qui a déclenché une importante introspection au sein de la société israélienne, de violentes émeutes à Jérusalem-Est, en Cisjordanie et dans certaines villes arabes, et des tirs de roquettes de Gaza qui ont finalement conduit à la guerre, a été capturée par des caméras de sécurité placées à Shuafat, qui montrent les assassins d’Abu Khdeir en train de l’attirer vers leur voiture.

Dôme de fer à la rescousse

Une semaine après l’assassinat d’Abu Khdeir, la spirale des tensions avec Gaza ont conduit Israël à lancer l’opération Bordure protectrice. Alors que des milliers d’Israéliens ont été envoyés sur la ligne de front, la plupart des villes ont subi des sirènes de roquettes bien trop familières, parfois en série, suivies, l’espérait-on, du bruit rassurant du système antimissile Dôme de fer (ou du bruit sourd et effrayant de la frappe d’une roquette). Pendant que les Israéliens sensés cherchaient refuge, un certain nombre de téméraires munis de téléphones avec caméra ont documenté l’œuvre de la technologie antimissile miraculeuse.

Malheureusement, il n’y a pas de Dôme de fer pour la stupidité.

A Gaza, mort et destruction, même sur la plage

Tandis que les batteries antimissiles protégeaient les villes israéliennes, une guerre faisait rage, avec un bilan de quelque 2 100 morts palestiniens, selon un décompte du ministère palestinien de la Santé du Hamas (selon Israël, plus de la moitié des morts étaient des combattants), de 67 soldats de Tsahal tombés et de six civils israéliens tués.

Au cours des 50 jours de guerre, les journalistes, vidéastes amateurs et Tsahal ont filmé des centaines de clips montrant des frappes aériennes, des explosions de mortier dévastatrices, des tirs à l’intérieur de la bande, des morts, des endeuillés, des combattants et d’autres, qui essayaient de continuer de vivre leur quotidien.

Un incident, la mort de quatre jeunes cousins de Gaza jouant sur la plage, apparemment causée par des tirs israéliens depuis un hélicoptère de combat au large de la côte, reste gravée dans l’esprit de beaucoup de gens, y compris les journalistes internationaux qui en furent témoins depuis leur hôtel d’en face, comme les pertes les plus mémorables de la guerre. (Attention : même si la vidéo a été censurée, certaines images sont choquantes.)

Le Hamas pris en flagrant délit

La façon dont la guerre a été couverte par les journalistes internationaux fut l’un des principaux points de friction de la guerre, les journalistes basés à Gaza affirmant avoir été forcés de censurer des vidéos mettant au jour des activités militantes des combattants palestiniens.

Malgré les efforts acharnés de l’armée israélienne de montrer le Hamas en train de tirer des roquettes à partir de zones civiles, via des images floues de drones, la vidéo la plus révélatrice est parvenue d’une équipe de télévision indienne qui a surpris certains Gazaouis en train d’installer un lance-roquettes devant son hôtel juste avant le début d’un cessez-le-feu.

Le journaliste a confié plus tard qu’il a hésité à diffuser la vidéo, de crainte de représailles du Hamas.

Une attaque de tunnel choque la nation

Alors que les roquettes et les frappes aériennes étaient les parties les plus visibles de la guerre ; profondément sous terre, les tunnels du Hamas représentaient une menace tout aussi grave, que les Israéliens étaient forcés de s’imaginer.

S’il y existait des photos des passages souterrains, éclairés et renforcés de zones de béton, les vidéos de combattants du Hamas faisant surface et menaçant l’intérieur d’Israël rendaient la menace beaucoup plus concrète. La plus choquante de ces vidéos était celle, apparemment filmée par une caméra posée sur le casque d’un homme armé du Hamas, montrant une escouade infiltrer un poste de Tsahal, tuant cinq soldats.

S’adressant au Times of Israel, le maj. gen. Aryeh Shalicar a qualifié l’attaque de « lâche », et affirmé que la lutte devait continuer. « Jusqu’à ce que nous trouvions et détruisions chaque tunnel qu’ils ont creusés au cours des dernières années, de telles attaques peuvent arriver n’importe quand, n’importe où. » (Attention : même si la vidéo a été censurée, certaines images sont choquantes.)

La (violente) French connection

La guerre de l’été a été non seulement menée à Gaza et en Israël, mais aussi à l’étranger, où les militants pro-palestiniens et partisans pro-israéliens s’affrontaient presque quotidiennement dans les villes à travers le monde.

L’Europe, pour sa part, a connu une hausse de l’antisémitisme, qui se fait encore sentir encore aujourd’hui. Cela est particulièrement vrai en France, où plusieurs rassemblements en faveur de Gaza ont dégénéré en violences, avec des Juifs piégés à l’intérieur de la synagogue de la rue de la Roquette, et des bagarres faisant plusieurs blessés, comme on le voit dans cette vidéo qui montre des Juifs affronter des pro-Palestiniens à Paris.

Des glaçons, encore des glaçons

Donc oui, l’été a été horrible. Mais il ne se résume pas à cela, n’est-ce pas ? Par exemple, un défi stupide a convaincu des millions de personnes de se renverser un seau d’eau glacée sur la tête, permettant d’amasser plus de 100 millions de dollars pour la recherche sur la maladie de Charcot (ALS).

Nous incluons cette vidéo surtout pour que cette liste soit moins déprimante, donc voici Wonder Woman en train de se faire arroser. Amusez-vous bien.

Une série d’attentats terroristes

Mais que cela ne fasse aucun doute, l’été et l’automne n’ont pas été des parties de plaisir, en particulier à Jérusalem et en Cisjordanie, où la spirale des tensions autour du mont du Temple a manqué de peu de se transformer en une troisième Intifada.

Octobre, novembre et décembre ont vu une série d’attaques terroristes, de nombreuses agressions impliquant des voitures bélier et des coups de couteau, dont la plupart ont été capturées sur des caméras de sécurité.

Les attentats ci-dessous – deux à la voiture bélier à Jérusalem, deux autres au sud de la capitale où une victime a également été poignardée, et des attaques au couteau dans un supermarché de Cisjordanie et dans la Vieille Ville de Jérusalem – ont fait cinq morts et des dizaines de blessés. (Attention : Certaines images choquantes)

La fin du massacre de Har Nof

L’attentat le plus choquant, cependant, n’a heureusement pas été capturé sur bande. Le matin du 18 novembre, deux Palestiniens de Jérusalem-Est ont attaqué une synagogue dans le quartier Har Nof de la capitale, tuant quatre fidèles pendant les offices du matin, ainsi qu’un policier druze, l’un des premiers secours à arriver sur la scène. Les vidéos montrent la fusillade mortelle entre la police et les deux terroristes qui sortent de l’immeuble avant d’être abattus.

L’attaque a suscité une condamnation générale et des tensions dans la capitale, mais s’est distinguée par une vague de soutien pour la communauté druze par des Israéliens de tous horizons. (Attention : Certaines images choquantes)

Le Ferguson israélien

Alors que l’Amérique était en ébullition en raison d’un certain nombre de morts causées par la police, une affaire parallèle a secoué Israël pendant plusieurs jours.

Au début novembre, les tensions qui couvaient ont atteint leur point d’ébullition lorsqu’un homme a été abattu par la police, intervenue dans le nord de Kafr Kanna.

Alors que les policiers ont d’abord affirmé avoir tiré sur Khdeir Hamdan, 22 ans, dans un cas de légitime défense, une vidéo a vite émergé montrant Hamdan en retraite au moment où il a été tué.

La fusillade a déclenché des jours d’affrontements entre la police et les émeutiers dans un certain nombre de villes arabes, des interrogations chez les Israéliens, et une enquête policière poussée sur l’incident. (Attention : certaines images choquantes)

La guerre d’à côté

Au cours de cette année remplie de tensions, Israël est resté l’un des endroits les plus sûrs de la région, même si l’appeler une « villa dans la jungle » est un peu exagéré. Tandis que l’État islamique s’emparait de larges portions d’Irak et de Syrie, une vidéo choquante est vite apparue, montrant des soldats et des civils massacrés par le groupe.

Cette guerre a gagné certains foyers quand des vidéos ont été diffusées, montrant les décapitations de journalistes et de travailleurs humanitaires occidentaux, y compris un certain nombre d’Américains, un Britannique, et l’Israélo-américain Steven Sotloff.

Nous vous en ferons grâce ici, mais nous vous montrerons l’ « entrée » d’Israël dans la guerre en Syrie, le bombardement de deux installations militaires près de Damas au début décembre. (Israël refuse de dire s’il y était impliqué).

Un message d’espoir

Enfin, dans une année aussi déprimante, aberrante et totalement dévastatrice, une vidéo a ravivé notre foi en la société israélienne et en l’humanité tout entière. Lorsque Reuven Rivlin a été élu tant président en mai, il a été dépeint par beaucoup comme un faucon qui sèmerait la discorde à un moment où Israël avait plus besoin d’unité que jamais.

Mais Rivlin a rapidement démenti ces dires, consacrant ses premiers mois à plaider contre le racisme et l’intolérance dans la société. Ces efforts ont abouti à certains égards, avec une vidéo réalisée en collaboration avec George Amire, 11 ans, appelant à la fin de l’intimidation.

Les deux montrent des affiches en hébreu disant entre autres : « Violence. Hostilité. Intimidation. Racisme. Ce ne sont que quelques-unes des mauvaises choses que les gens rencontrent tous les jours ici en Israël. Voici quelques-unes des choses qui ne doivent pas se produire dans notre pays. Promettons-nous que cette année, nous oeuvrerons pour la tolérance, la solidarité, l’unité et l’égalité – des valeurs dont nous avons besoin dans notre pays. »