Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a infligé une amende de 25 000 euros à Radio Courtoisie, soit près de 3 % de son chiffre d’affaires, le plafond maximal prévu par la loi, pour « des propos de nature à encourager des comportements discriminatoires ».

C’est l’association Comité de défense des auditeurs de Radio Solidarité (CDARS), exploitante du service Radio Courtoisie, qui devra s’acquitter de cette amende auprès du Trésor public, précise un communiqué mis en ligne vendredi.

Le régulateur avait mis sous surveillance cette radio pendant plusieurs mois en 2016 du fait notamment des tweets haineux de son président, Henry de Lesquen.

Une procédure avait été engagée en décembre pour « discrimination » et « non-maîtrise de l’antenne » contre Henry de Lesquen et son émission « Le libre journal d’Henry de Lesquen ».

Le régulateur avait déjà mis en demeure la radio à deux reprises pour discrimination et non-maîtrise de l’antenne en 2012 et 2013.

Olivier Schrameck, président du CSA. (Crédit : ComCSA/CC BY-SA 4.0/WikiCommons)

Olivier Schrameck, président du CSA. (Crédit : ComCSA/CC BY-SA 4.0/WikiCommons)

Le CSA « a observé qu’au cours de l’émission du 28 mars 2016, des propos de nature à encourager des comportements discriminatoires à l’égard des personnes en raison de leur appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion avait été tenus. »

« Ces propos n’ont par ailleurs suscité aucune réaction à l’antenne tendant à les modérer ou y apposer un regard critique », poursuit le communiqué.

Au cours de cette émission, « l’un des invités a soutenu que l’islam ‘c’est une religion épouvantable, […] une religion de haine' » précise la décision consultée par l’AFP.

Cette décision cite des propos haineux tenu par l’animateur au cours d’autres émissions, remontant jusqu’en octobre 2015, où il avait affirmé que « les races ne sont pas égales et ne peuvent pas l’être, car l’égalité n’est pas dans la nature ».

Évincé depuis de Radio Courtoisie, Henry de Lesquen a été condamné en janvier à 16 000 euros d’amende pour provocation à la haine et contestation de crime contre l’humanité en raison de tweets et textes publiés sur son site internet, notamment à propos de rescapés de la Shoah comme Simone Veil.

La présidente de la radio, Dominique Paoli, avait indiqué après son élection en juillet qu’elle comptait demander une suspension de la procédure engagée par le CSA.