Serge Gainsbourg meurt le 2 mars 1991 à l’âge de 63 ans à Paris dans son appartement du 7e arrondissement. Fils d’immigrants juifs russes, il confessera être « né sous une bonne étoile jaune ».

Dès son plus jeune âge, Lucien Ginsburg, de son vrai nom, souhaite devenir peintre.

Auteur, compositeur, interprète, acteur, écrivain, Serge Gainsbourg était un artiste aux multiples dons, aimé, adulé, respecté, critiqué, analysé, et souvent blâmé mais jamais remplacé.

Serge Gainsbourg a su redonner ses lettres de noblesse au terme ‘provocateur’.

Cigarette à la main, le regard dans le vague, l’artiste s’exprime d’une voix calme mal articulée. Rebelle, revêche, Serge Gainsbourg est double. Incompris, il laissera souvent le spectateur dérouté et amusé par son audace.

Retour sur quelques moments télévisuels qui illustrent Gainsbourg, l’homme ou Gainsbarre, l’alter ego.

  1. Gainsbourg en chanson

« J’ai oublié d’être bête », chanson méconnue de l’artiste datant de la fin des années 50, balade mélancolique mais aussi teintée d’humour.

2. Gainsbourg, l’écrivain

En 1980, Serges Gainsbourg publie son unique roman « Evgénie Sokolov ».

Interviewé par Bernard Pivot sur ce personnage, Serge Gainsbourg confesse qu’ « A priori c’est moi avec une distorsion Francis Bacon, le peintre. C’est un truqueur, je suis un truqueur qui finit sa vie comme il l’a commencée. »

3. Gainsbourg, l’insoumis

Pour dénoncer « le raquette des impôts », Gainsbourg brûle un billet de 500 francs sur un plateau de télévision. « C’est illégale ce que je vais faire, mais je vais le faire quand même. Ça (les impôts), ce n’est pas pour les pauvres, c’est pour le nucléaire. »

4. Gainsbourg, l’humaniste

En 1985, un présentateur dubitatif souligne la dualité de Serge Gainsbourg.

« Je crois que tous les spectateurs seront à la fois très émus par ce que vous venez de faire, et puis se poseront aussi la question, entre un billet de 500 francs que vous brûlez et puis un chèque de 100 000 francs que vous donnez, personnage complexe quand même ? »

« Je suis complexe, » répond Gainsbourg après avoir versé ce chèque de 100 000 francs à Médecins Sans Frontières (MSF).

5. Gainsbourg, le sioniste

Le lien entre Serge Gainsbourg et l’État hébreu est moins médiatisé. Il a cependant écrit une chanson intitulée « Le Sable et le Soldat » en 1967 au moment de la guerre des Six jours, à la demande de l’attaché culturel de l’ambassade d’Israël en France de l’époque.

6. Gainsbourg, Vie héroïque

« Vie héroïque », film écrit et réalisé par Joann Sfar en 2010 met en scène Éric Elmosnino dans le rôle de Serge Gainsbourg. Le dessinateur et réalisateur rend un hommage vibrant à la vie tourmentée de cet auteur de génie, juif errant, artiste maudit.

Il laisse derrière lui un héritage musical et culturel sans égal.

Son ami Jean-Pierre Prioul qui habite au-dessus de l’ancienne demeure de l’artiste, confesse sur Europe 1, que 25 ans plus tard rien n’a changé dans l’appartement situé rue de Verneuille.

« Tout est resté en place, Serge était très maniaque, il ne fallait pas déplacer quoi que ce soit et je m’efforce que l’on ne touche à rien, même ses mégots dans le cendrier. Rien n’a bougé. »