Environ 3 000 personnes entretiendraient des liens avec le groupe Etat islamique (EI) en Turquie, estime un rapport des services de renseignement turcs, qui avertit de risques d’attaques contre des intérêts occidentaux dans le pays.

Le rapport, publié samedi par le journal Hürriyet, prône une surveillance accrue de ces milliers personnes, afin notamment d’établir le rôle précis de chacune d’elles.

Il indique, par ailleurs, qu’une alerte « rouge » a été envoyée aux services de sécurité, mettant en garde contre de possibles attaques contre les ambassades de pays occidentaux par des Djihadistes de l’EI, dans la foulée des tueries de la semaine dernière à Paris, qui ont fait 17 morts.

Les ressortissants occidentaux et les infrastructures de l’OTAN sont également des cibles possibles, ajoutent les services de renseignement turcs.

Le rapport met aussi en garde contre de possibles attaques à la bombe perpétrées par des « cellules dormantes » « n’importe où et n’importe quand » en Turquie.

Jusqu’à 700 citoyens turcs ont rejoint en Syrie les rangs des djihadistes d’EI et font peser le risque d’un attentat en Turquie en cas de retour au pays, avait déclaré jeudi le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu.

Cavusoglu a également indiqué que son pays avait interdit l’entrée sur son territoire à environ 7 250 personnes soupçonnées de vouloir rejoindre la Syrie et que 1 160 apprentis djihadistes avaient été expulsés.

Le gouvernement islamo-conservateur turc a longtemps été accusé par ses alliés occidentaux de ne pas coopérer suffisamment dans la lutte engagée pour le démantèlement des filières djihadistes qui passent par son territoire.

Mevlüt Cavusoglu a confirmé lundi qu’Hayat Boumeddiene, la compagne du preneur d’otages tué par la police à Paris, et recherchée par la France, était entrée en Syrie le 8 janvier via la Turquie.

Le 6 janvier, à Istanbul, une jeune femme a perpétré un attentat suicide, tuant un policier.

Cette kamikaze a été identifiée dans plusieurs titres de la presse turque comme Diana Ramazanova, originaire de la province russe musulmane du Daguestan, mais les autorités turques se sont jusque-là refusées à confirmer son nom. Elle était la veuve présumée d’un extrémiste norvégien avec lequel elle avait combattu en Syrie dans les rangs djihadistes.