WASHINGTON – Trois sénateurs démocrates demandent une enquête sur Sebastian Gorka, conseiller du président américain Donald Trump, après la diffusion d’une information indiquant qu’il était membre d’un groupe hongrois allié aux nazis, et auprès de qui il aurait prêté un serment de loyauté perpétuelle.

Des membres du groupe Vitézi Rend ont déclaré jeudi au Forward que Gorka, l’un des premiers conseillers de Trump en matière de contreterrorisme, est affilié depuis longtemps à leur ordre. Le département d’Etat a déclaré que l’organisation était « sous la direction du gouvernement nazi d’Allemagne ».

En réponse, le sénateur du Maryland Ben Cardin, membre haut placé de la commission des Relations étrangères du Sénat, les sénateurs de l’Illinois Richard Durbin et du Connecticut Richard Blumenthal ont envoyé vendredi une lettre aux départements de la Justice et de la Sécurité intérieure pour demander une enquête sur le sujet.

Les sénateurs ont notamment demandé que les départements vérifient si Gorka avait falsifié des informations sur ses documents d’immigration quand il est devenu citoyen américain en 2012.

« Nous vous exhortons à enquêter immédiatement pour savoir si le conseiller en contre-terrorisme de la Maison Blanche Sebastian Gorka a falsifié sa demande de naturalisation ou s’est procuré illégalement sa citoyenneté », ont-ils écrit.

Le sénateur Ben Cardin aux côtés d'autres sénateurs démocrates lors d'une conférence de presse donnée au Capitole, à Washington, le 19 novembre 2015. (Crédit : Andrew Harrer/Bloomberg/JTA)

Le sénateur Ben Cardin aux côtés d’autres sénateurs démocrates lors d’une conférence de presse donnée au Capitole, à Washington, le 19 novembre 2015. (Crédit : Andrew Harrer/Bloomberg/JTA)

« Nous soulignons que cette administration a exprimé un intérêt particulier à garantir que ceux qui ont des opinions extrémistes n’exploitent pas nos lois d’immigration, ont écrit les sénateurs. Nous sommes profondément inquiets par les informations selon lesquelles le Dr Gorka a caché le fait matériel de son adhésion à Vitézi Rend, une organisation hongroise antisémite d’extrême-droite, quand il a demandé la nationalité américaine. »

Gorki a démenti ces allégations. Il a déclaré à Tablet magazine qu’il n’avait jamais été affilié avec le groupe nativiste néo-nazi. « Je n’ai jamais été membre de Vitézi Rend, a-t-il déclaré. Je n’ai jamais prêté un serment de loyauté à Vitézi Rend. Depuis mon enfance, j’ai porté à l’occasion la médaille de mon père et utilisé l’initiale ‘v.’ pour rendre hommage à sa lutte contre le totalitarisme. »

Sebastian Gorka, important conseiller du président américain Donald Trump, porte l'uniforme et la médaille de Vitézi Rend, un ordre du mérite hongrois lié à l'Allemagne nazie, à une date non précisée. (Crédit : Facebook)

Sebastian Gorka, important conseiller du président américain Donald Trump, porte l’uniforme et la médaille de Vitézi Rend, un ordre du mérite hongrois lié à l’Allemagne nazie, à une date non précisée. (Crédit : Facebook)

Gorka a été photographié et interviewé pendant la cérémonie d’investiture de Trump avec l’uniforme et la médaille du groupe hongrois. Il pourrait en avoir hérité de son grand-père, selon le site Lobelog.

L’ordre a été fondé en 1920 par Miklós Horthy, qui a été régent de Hongrie jusqu’en 1944, et comprenait ses partisans.

Horthy était un allié d’Adolf Hitler et a collaboré avec les nazis pendant la majorité de la Seconde Guerre mondiale. Pendant la guerre, les propriétés juives confisquées ont été distribuées aux membres de l’ordre par le gouvernement hongrois.

La lettre des sénateurs ajoutait qu’ils demandaient que l’enquête soit faite rapidement en raison de l’histoire de l’administration.

« Nous sommes particulièrement troublés par l’affiliation rapporté du Dr Gorka à une organisation antisémite en raison du propre bilan plutôt inégal de la Maison Blanche sur la discrimination religieuse, ont écrit les sénateurs. Pour la première fois depuis des décennies, le communiqué de la Maison Blanche pour la Journée du souvenir de l’Holocauste ne mentionnait pas les victimes juives, une omission que le Dr Gorka a publiquement défendue. »

Ils ont également écrit que le président « a été lent à condamner la vague d’attaques contre les centres communautaires juifs et n’a toujours pas condamné la poussé de sectarisme antimusulman. »