Près de décennies de mystère enveloppant le sort de trois Juifs iraniens qui avaient disparu en 1997 ont pris fin, après que le Mossad ait confirmé qu’ils ont été tués par les autorités iraniennes alors qu’ils tentaient d’émigrer en Israël.
 
L’agence de renseignement n’a cependant pas detaillé comment ils avaient été tués, ni par qui.

Nourollah Rabi-Zade, de Shiraz, et les frères Syrous et Ibrahim Ghahremani, de Kermanshah, avaient reçu des instructions d’agents israéliens pour s’approcher de la frontière entre l’Iran et le Pakistan et d’y rencontrer un passeur qui les aurait fait sortir clandestinement du pays. Cependant, les trois hommes ne se pas sont présentés au point de rencontre, et personne n’a jamais eu de leurs nouvelles depuis, a rapporté lundi le quotidien Yediot Aharonot.

Cette annonce intervient un an après que le Mossad ait annoncé qu’une autre tentative d’émigration bâclée, orchestrée par Israël et supervisée par des fonctionnaires du Mossad et de l’Agence Juive, ait entraîné la mort de huit Juifs iraniens en route vers Israël en 1994.

À la lumière de la nouvelle information, un tribunal rabbinique israélien a déclaré que les conclusions du Mossad étaient fiables, et a jugé que les épouses des victimes avaient le droit de se remarier.

Selon la loi juive, les femmes dont les maris ont disparu ne peuvent se remarier tant que leur mort n’est pas confirmée. Le Grand Rabbin sépharade d’Israel de l’époque Shlomo Amar avait rendu une décision similaire concernant les veuves des huit qui avaient été déclarés morts l’an dernier.

Selon un reportage de la Dixième chaîne diffusé l’an dernier, les contacts israéliens avaient dit aux huit Juifs iraniens qui ont disparu en 1994 de voyager vers l’est pour traverser la frontière pakistanaise en trois groupes. Dans ce qui semblait être une erreur d’identité, deux des groupes ont été confondus avec des insurgés anti-gouvernementaux et tués par les forces de sécurité iraniennes, tandis que le troisième groupe a été arrêté par le gouvernement, indique le reportage. Ils ont par la suite été libérés et tués par des tribus locales.

Il y a quelques années, le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait demandé au Mossad de rouvrir l’enquête sur le sort des Juifs iraniens disparus. En mars dernier, le bureau du Premier ministre a confirmé la mort des huit Juifs, affirmant qu’ils « avaient été arrêtés lors de leur tentative de fuite et assassinés. »

Bien que le bureau du Premier ministre n’ait pas précisé quand et où les huit avaient été tués et par qui, il a déclaré que le Mossad avait reçu l’information d’une «source fiable».

À l’époque, certains membres de la famille avaient exprimé leur colère que l’Etat n’ait pas révélé son rôle dans leur disparition, et pour la rétention d’informations qui auraient pu libérer les femmes des victimes de leurs liens de mariage.

Yoel Ram, le fils de l’une des huit victimes, avait déclaré à l’époque à la Dixième chaîne que seule l’intense pression de la part des familles avaient conduit les responsables de l’Etat de divulguer l’information sur leurs décès. Yehuda Kassif, un militant qui avait fait campagne au nom des familles, a accusé l’Etat d’avoir planifié et dirigé la tentative d’évasion des hommes, puis de « se dérober à la responsabilité au moment où quelque chose allait mal. »

Times of Israel Staff a contribué à cet article