Les soldats ont été pris en charge par les services d’urgence, un a été blessé au bras et un autre dans le visage, et leur pronostic vital n’est pas engagé. Ils ont plus tard quitté l’hôpital Saint-Roch, selon Nice-Matin.

Trois militaires français ont été agressés à l’arme blanche et deux d’entre eux légèrement blessés mardi à Nice (sud-est), devant un centre communautaire juif, situé avenue Jean-Médecin, à côté de la place Masséna, qu’ils protégeaient en vertu du plan Vigipirate mis en oeuvre après les attentats de Paris, selon une source policière.

L’un des soldats a été blessé au bras et un autre au visage. L’auteur de l’agression, qui s’est déroulée dans le centre de Nice, a été arrêté.

L’agresseur avait « été refoulé la semaine dernière par les autorités turques » et « entendu à son retour » par les policiers du renseignement français, a-t-on appris de source proche de l’enquête.

L’homme avait attiré l’attention des autorités françaises en quittant la France le 28 janvier pour la Turquie, muni d’un aller simple.

Il avait donc été « signalé sans délai (…) aux autorités turques qui l’ont refoulé », a expliqué cette source. « A son retour, il a été entendu », mais cet « entretien administratif n’a pas permis de recueillir d’informations suffisantes » pour déclencher une procédure judiciaire, a-t-elle ajouté.

L’agresseur aurait peut-être eu un complice, a ajouté une autre source policière, sans donner de détail sur les motivations ou le profil de cet homme ou de son éventuel complice.

Selon plusieurs sources proches de l’enquête, l’individu interpellé s’appellerait Moussa Coulibaly mais n’aurait « a priori » aucun lien avec Amédy Coulibaly, un des trois djihadistes auteurs des attentats de Paris qui ont fait au total 17 morts et une vingtaine de blessés entre le 7 et le 9 janvier.

Amédy Coulibaly avait abattu une policière dans la banlieue sud de Paris le 8 janvier avant de tuer le lendemain un employé et trois clients juifs d’un supermarché casher de la capitale.

Une enquête a été ouverte et confiée à des magistrats antiterroristes, selon une source judiciaire.

L’enquête a été confiée à des magistrats antiterroristes, et une perquisition était en cours mardi soir au domicile de l’agresseur, dans une cité sensible de Mantes-la-Jolie, dans la banlieue nord-ouest de Paris, selon une source proche du dossier.

L’agresseur avait deux couteaux sur lui, mais n’en a utilisé apparemment qu’un, a précisé le premier adjoint de Christian Estrosi à la mairie de Nice, Philippe Pradal, rapporte le quotidien Libération.

Peu avant l’agression, ce dernier avait été verbalisé dans un tramway de Nice, accompagné d’un homme de 43 ans, né au Tchad et de nationalité canadienne, qui a lui aussi été interpellé.

L’immeuble devant lequel les militaires étaient postés, abrite le Consistoire israélite de Nice, Radio Shalom et une association israélite.

« Je dénonce fermement l’agression violente de cet après-midi de deux militaires chargés de protéger notre Cité du risque d’attentat. C’est un sinistre symbole que de voir attaqué des soldats de l’armée française, ces héros inconnus, le jour-même où nous honorons les soldats tombés en Espagne. Quand ceux qui nous défendent sont attaqués, nous sommes tous attaqués ! Je salue le courage du commerçant niçois qui s’est interposé et de l’agent de la Régie Ligne d’Azur qui a désarmé l’agresseur. Je félicite aussi les forces de police et les agents de la Police Municipale qui ont interpellé ce dangereux individu. Je tiens à la disposition de la justice les images des caméras de vidéo protection qui ont enregistré l’agression et appelle à des sanctions très lourdes à l’encontre du criminel interpellé. Je demande solennellement au Gouvernement de maintenir la présence des forces militaires dans notre ville dont la mission devait s’achever aujourd’hui, » a écrit Christian Estrosi, député-maire UMP de Nice, sur sa page Facebook.

Les villes françaises les plus touchées par les actes antisémites en 2014 sont Paris, Marseille, Lyon, Toulouse, Sarcelles, Strasbourg, Nice, Villeurbanne et Créteil, selon un rapport réalisé par le service de protection de la communauté juive (SPCJ) et basé sur les statistiques du ministère de l’Intérieur.

Le grand rabbin de France, Haïm Korsia, « va appeler la chaîne de commandement pour avoir des nouvelles de ces militaires, à qui il souhaite un prompt rétablissement », a indiqué à l’AFP son entourage, rapporté par Libération.

« On voit bien que la menace [antisémite] est plus que réelle, devant ces agressions devant des lieux qui sont identifiés comme juifs », a-t-on souligné de même source. « La présence des militaires devant des lieux de culte est nécessaire. Comme l’a dit le président François Hollande, ils risquent leur vie pour sauver la nôtre ».

Quelque 10 500 militaires ont été déployés en renfort en France depuis les attentats de Paris, pour assurer la protection de sites sensibles, notamment les lieux de culte juifs et musulmans, les établissements scolaires, les entreprises de presse et lieux publics les plus fréquentés (gares, sites touristiques…).

Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, et celui de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, ont condamné ensemble l’attaque et se sont rendu à Nice.

Le président français François Hollande a condamné un « acte criminel » et promis que « toute la lumière sera faite »

Joël Mergui, président du Consistoire israélite de France, l’instance religieuse de la communauté juive, a déploré mardi que les attentats de Paris n’aient pas servi « d’avertissement aux extrémistes, qui n’ont de cesse de s’en prendre à la communauté juive ».

Le gouvernement français a dévoilé après les attentats une série de mesures pour renforcer la lutte antiterroriste.

Le Premier ministre Manuel Valls a souligné fin janvier un « défi redoutable » avec « près de 3 000 personnes à surveiller dans le pays » pour leurs liens avec des djihadistes ou « des filières terroristes en Syrie et en Irak ».

Dans une vidéo diffusée mardi, le groupe État islamique a proféré de nouvelles menaces contre la France en affirmant avoir des milliers de partisans dans ce pays prêts à mener des attaques.

Entouré de six autres hommes en treillis, armés et masqués, un djihadiste a notamment appelé en français les musulmans à attaquer au couteau les policiers et les soldats pour se procurer des pistolets et des fusils.

« Nous sommes face à un phénomène nouveau, le terrorisme en libre-accès », a déclaré dans la soirée le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, jugeant que cela nécessitait « la mobilisation de moyens exceptionnels ».

Cazeneuve, qui s’est rendu à Nice pour saluer les trois militaires en compagnie du ministre de la Défense, a expliqué que les mouvements de Moussa Coulibaly étaient suivis de près après avoir donné des « signes de radicalisation ».

« Le renseignement territorial l’avait détecté, ses déplacements vers la Turquie avaient été suivis et nous avions demandé son retour en France. À son retour en France il a été auditionné par la DGSI (services de renseignements, ndlr), mais il n’avait montré aucun signe de passage à l’acte », a expliqué M. Cazeneuve.

« Cependant, la surveillance de son environnement se poursuivait pour comprendre ce qu’il faisait à Nice, alors qu’il était ici sans racines et sans contacts », a-t-il ajouté.

Cette attaque est la première qualifiée de « terroriste » depuis les attentats jihadistes de Paris du 7 au 9 janvier contre la rédaction de l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, des policiers et un supermarché casher, qui ont fait 17 morts.