Près de 350 ans après son exécution injustifiée, un Juif français qui avait été reconnu coupable de meurtre rituel a été disculpé et déclaré martyr.

Le village de Glatigny, situé à l’est du département de la Moselle [de la région Lorraine], a remis les pendules à l’heure dimanche 19 janvier sur une erreur de condamnation sur la personne de Raphaël Lévy – en 1670.

Raphaël Lévy, un simple marchand, avait été condamné au bûcher pour un meurtre qu’il n’avait pas commis. En effet, celui-ci avait été reconnu coupable du meurtre présumé d’un enfant de trois ans, Didier Lemoine, à des fins rituelles, raconte Le Figaro.

Les fonctionnaires municipaux ont accroché une plaque commémorative sur le mur d’un bâtiment public dans le village de Glatigny, près du lieu de son exécution. Le texte le compare à un « Juif martyr de Boulay, » nom du village où Raphaël Lévy a vécu.

Près d’une centaine de personnes ont participé à la cérémonie. Des membres de la communauté juive de Moselle ont également répondu présents, parmi elles, Joël Mergui, président du Consistoire.

« Aujourd’hui, nous sommes retournés à la case Départ, nous sommes réconciliés et nous reprenons le chemin de relations normales avec la communauté juive, » souligne le maire de Glatigny, Victor Stallone. « Le village de Glatigny a été maudit depuis ce temps en raison d’une interdiction de principe décidée à propos de la communauté juive. »

Victor Stallone faisait référence à un décret pris par les responsables du de la communauté juive de l’époque, à la suite de l’exécution de Raphaël Lévy.

Selon Henry Schumann, auteur d’un ouvrage intitulé Mémoire des communautés juives de Moselle [publié en 1999, aux éditions Serpenoise], « la communauté juive avait déclaré le village de Glatigny maudit et interdit aux Juifs d’y mettre les pieds. »