Quatre Palestiniens sur cinq (80 %) approuvent la reprise des tirs de roquettes de la bande de Gaza sur Israël si le blocus dans le territoire palestinien n’est pas levé, indique un sondage publié lundi.

L’enquête d’opinion publiée environ un mois après la guerre de juillet et août et réalisée dans la bande de Gaza et en Cisjordanie indique que, pour 44 % des Palestiniens, la confrontation armée constitue le moyen le plus efficace de mettre fin à l’occupation israélienne et d’obtenir l’instauration d’un Etat palestinien ; 29 % pensent que la voie devrait être celle des négociations, 23 % celle de la résistance non-violente.

La consultation réalisée par le Palestinian Center for Policy and Survey Research (PSR) traduit cependant un effritement dans le soutien à la lutte armée ou encore au Hamas et dans la satisfaction devant les résultats de la guerre.

Le PSR l’attribue au maintien du blocus imposé au territoire et au constat fait par les Palestiniens de la situation dans la bande de Gaza, contrôlée par le Hamas.

Il y a un mois, 53 % des Palestiniens pensaient que la confrontation armée représentait le meilleur moyen de faire aboutir ses revendications.

Ils étaient à cette époque – celle de la conclusion du cessez-le-feu entre Israéliens et Palestiniens après cinquante jours de guerre meurtrière – 79 % à attribuer la victoire au Hamas ; ils sont aujourd’hui 69 %.

Ils sont aussi désormais plus nombreux à être mécontents (50 % sur l’ensemble des territoires, 59 % dans la bande de Gaza) que satisfaits (49 %) des gains obtenus à la faveur de la guerre par rapport aux pertes humaines et matérielles subies.

La popularité du Hamas a également reculé.

Si des élections législatives avaient lieu aujourd’hui, 39 % des Palestiniens voteraient pour le Hamas et 36 % pour le Fatah (46 et 31 % respectivement fin août). Dans la seule bande de Gaza, le Hamas recueillerait 40 % des suffrages et le Fatah 39 %. Le Hamas arriverait en tête en Cisjordanie avec 38 %, mais il était à 47 % en août (27 % alors pour le Fatah, 33 % aujourd’hui).

Si une élection présidentielle se tenait aujourd’hui entre Ismaïl Haniyeh, du Hamas, et Mahmoud Abbas, du Fatah, le premier l’emporterait avec 55 % contre 38 %.

La bande de Gaza est soumise depuis des années à un blocus israélien et, dans une moindre mesure, égyptien qui asphyxie son économie. Un allègement ou une levée de ce blocus, indispensable à l’effort de reconstruction d’une enclave dévastée par sa troisième guerre en six ans, est l’un des enjeux majeurs de discussions indirectes prévues en octobre entre Israéliens et Palestiniens et consécutives au cessez-le-feu du 26 août.

Le sondage du PSR a été réalisé du 25 au 27 septembre auprès de 200 personnes des Territoires. Sa marge d’erreur est de %.