AFP – Au moins 85 personnes, dont 65 civils, ont trouvé la mort samedi à Alep, principale ville du nord de la Syrie, par des barils d’explosifs lancés par des hélicoptères de l’armée loyaliste, a affirmé dimanche une ONG.

« Au moins 85 personnes dont été tuées parmi lesquelles 65 civils dont 13 enfants, dix djihadistes du Front al-Nosra et dix inconnus par des barils explosifs lancés sur des quartiers dans l’est d’Alep », a affirmé l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Selon l’OSDH, 34 personnes ont péri, dont six enfants et deux femmes à Tariq al-Bab et il y a eu 22 morts, dont cinq femmes et six enfants, à Salhine, Ansari et Marjé. Neuf autres personnes sont mortes dans d’autres quartiers ainsi que dix combattants d’Al-Nosra, branche officielle d’Al-Qaïda en Syrie, ont été tués dans leurs siège à Chaar,  En outre, dix corps n’ont pas pu être identifiés.

L’utilisation de barils d’explosifs a été condamnée par la communauté internationale. En décembre, le Conseil de sécurité de l’ONU a exprimé son « indignation face aux raids aériens auxquels a recours le gouvernement syrien, et plus particulièrement à l’utilisation d’armes lourdes dont des ‘barils d’explosifs' ». L’ONG Human Right Watch les a qualifiés « d’illégaux ».

Mais les troupes du régime de Bachar al-Assad ont poursuivi leurs raids aériens quasi quotidiens sur Alep, en ayant recours à ces barils remplis de TNT, sur les secteurs rebelles dans l’est de la ville, selon l’ONG syrienne.

Des hommes transportent une victime, après un bombardement sur la ville d'Alep, le 1er février 2014  (Crédit : AMC/AFP Zein Al-Rifai)

Des hommes transportent une victime, après un bombardement sur la ville d’Alep, le 1er février 2014
(Crédit : AMC/AFP Zein Al-Rifai)

En près de trois ans, la guerre a tué au moins 136.227 personnes, dont 47.998 civils parmi lesquels plus de 7.300 enfants, selon l’OSDH, basé en Grande-Bretagne mais qui s’appuie sur un large réseau de sources médicales et de militants à travers la Syrie.

« Janvier a été l’un des mois les plus sanglant depuis le début du conflit » le 15 mars 2011, a indiqué M. Abdel Rahmane. « Nous continuerons d’appeler la communauté internationale à remplir son devoir humanitaire et moral en insistant pour que le dossier syrien soit présenté à la Cour pénale internationale ».

Dans son précédent bilan, publié le 31 décembre, l’organisation dénombrait 130.433 morts, mais les violents combats qui ont éclaté entre rebelles et soldats ainsi qu’entre insurgés et djihadistes ont fait quelque 6.000 morts depuis.

Parmi l’opposition au président à Bachar al-Assad, le bilan s’élève à 31.629 morts, dont plus de 8.000 djihadistes.

Du côté des forces du régime, 53.167 soldats et membres de milices gouvernementales sont morts, ainsi que 271 membres du Hezbollah chiite libanais et 338 membres d’autres groupes chiites étrangers pro-régime, a précisé l’ONG.

Le soulèvement au départ pacifique qui a démarré contre le régime s’est militarisé au fil des mois face à une répression féroce, jusqu’à se transformer en une complexe guerre civile. Outre les combats entre le régime et ses opposants, des heurts opposent désormais des factions djihadistes à des rebelles

Des voitures en flammes après un bombardement sur la ville d'Alep, le 1er février 2014  (Crédit : AFP/Mohammed Al-Khatieb)

Des voitures en flammes après un bombardement sur la ville d’Alep, le 1er février 2014
(Crédit : AFP/Mohammed Al-Khatieb)