A l’heure où les Israéliens se rendent aux urnes, mardi, pour élire les députés de la 20e Knesset, voici quelques points-clés méritant d’être soulignés.

1. Le scrutin est très serré.

Au jour du vote, la course reste serrée. Le parti Likud du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu est à la traîne derrière l’Union sioniste de centre-gauche d’Isaac Herzog (de quelques points) et devrait arriver second.

Cinq des six sondages publiés vendredi ont donné à l’Union sioniste une avance de quatre places, le créditant de 24 à 26 sièges dans la prochaine Knesset contre 20 à 22 sièges au Likud. Un sixième sondage, du site israélien d’information Walla, donnait à l’Union sioniste un avantage de deux places sur le Likud, 25 contre 23.

Netanyahu, qui avait été confortablement élu lors de la précédente consultation citoyenne, en 2013, a été durement attaqué sur le coût élevé de la vie en Israël, la crise du logement et sa gestion des relations avec les États-Unis et la menace nucléaire iranienne. Herzog a bâti sa campagne sur ces points, mais un manque apparent de charisme ne lui a pas permis d’augmenter son avance dans les sondages.

Plus important encore, ni le Likud, ni l’Union sioniste ne devraient obtenir plus d’un quart des 120 sièges de la Knesset. Pour devenir Premier ministre, quelqu’un devra concocter une coalition majoritaire. C’est pour cela que…

2. Le gagnant de mardi ne sera peut-être pas le parti qui obtiendra le plus de voix

Ce n’est pas une course à deux voix. C’est une course à 11 voix. Et le gagnant n’est pas le parti avec le plus de votes, mais celui qui pourra rassembler plusieurs petits partis dans une coalition gouvernementale. En 2009, Netanyahu est devenu Premier ministre, bien que le Likud soit arrivé en deuxième position.

Onze partis devraient atteindre le seuil minimum de 3,25 % des voix nécessaires pour entrer à la Knesset. Elles vont de la Liste arabe unie et de Meretz – fermement à gauche – aux Sépharades ultra-orthodoxes du Shas et au HaBayit HaYehudi cher aux habitants des implantations. Environ la moitié sont de droite ou religieux et se sont historiquement associés avec le Likud. L’autre moitié est de gauche, centriste ou israélo-arabe.

3. Il y a en général une surprise le soir des élections.

Les sondages ont été assez stables depuis quelques mois, mais cela ne signifie pas que nous savons comment le vote va s’achever.

Jusqu’à un quart, voire un tiers des électeurs, selon certains sondages, sont indécis. Et au cours des dernières élections, beaucoup de ces électeurs ont basculé vers un parti qui finit par faire beaucoup mieux que prévu.

En 2013, ce parti était Yesh Atid, qui avait été crédité de 12 ou 13 sièges avant les élections – et en a remporté 19.

En 2009, ce fut le Kadima centriste, qui a remporté 28 députés – contre 23 annoncés dans les sondages – arrivant en première place (mais rejoignant alors l’opposition).

En 2006, c’était le parti des retraités, jusqu’alors peu connu, qui raflait sept sièges. Si les électeurs veulent s’offrir une surprise, il pourraient catapulter un parti inattendu et compliquer le calcul de la coalition à la fois pour Herzog et Netanyahu.

4. Attendez-vous à une surprise du côté de la Liste arabe unie.

Une loi relevant le seuil électoral, adoptée l’an dernier, a forcé les quatre partis arabes – de l’islamiste Taal au parti communiste judéo-arabe Hadash – à s’unir au sein d’une liste commune.

L’unification a fait de la liste commune une force politique majeure qui semble prête à galvaniser les Arabes israéliens – qui ont généralement un taux de participation plus bas que les Juifs israéliens – à se rendre aux urnes. La liste commune est créditée de la troisième place et pourrait obtenir jusqu’à 15 sièges.

La liste commune a promis de siéger dans l’opposition quoi qu’il arrive, mais elle pourrait néanmoins influencer l’identité de celui qui formera le prochain gouvernement en empêchant la droite de recueillir une majorité de 61 sièges. Ce scénario pourrait conduire l’Union sioniste et le Likud à la formation d’un gouvernement d’union, ce qui ferait de la liste commune le plus grand parti d’opposition.

5. Nous ne saurons que dans plusieurs semaines qui sera le prochain Premier ministre.

Contrairement aux élections en France, dans lesquelles un candidat sort (généralement) clairement gagnant le jour-même, la journée de mardi est juste une phase d’un processus de longue haleine.

Après le scrutin, les groupes parlementaires devront choisir leur Premier ministre préféré, indépendamment de qui sera arrivé en tête. Le président israelien designera ensuite le chef du parti ayant le plus de chances de former un gouvernement.

Le politicien choisi aura alors jusqu’à deux mois pour former une coalition majoritaire, un processus souvent imprévisible au cours duquel les transactions connaîtront des rebondissements (et les portefeuilles ministériels et autres postes influents seront distribués).

En 2013, les élections qui se sont tenues en janvier n’ont abouti à une coalition qu’à la mi-mars, même si Netanyahu avait gagné avec une marge confortable.

Les experts prédisent une réélection de Netanyahu car le bloc de droite peut à nouveau gagner une majorité – même si le Likud lui-même arrivait en deuxième position. Mais avec quelques partis restant encore silencieux sur le candidat qu’ils soutiendront, il est impossible de savoir avec certitude comment la course va se terminer.