BERLIN (JTA) – Ce mois-ci marque les 50 ans des relations diplomatiques entre Israël et de l’Allemagne de l’Ouest.

Une relation naturellement complexe, entamée deux décennies après la fin de l’Holocauste et 14 ans après les promesses de réparations « à la fois morales et matérielles » de l’Allemagne de l’Ouest pour le génocide commis par les nazis. (La décision d’accepter l’argent et les produits allemands était très controversée parmi les Israéliens, dont certains qualifiaient les réparations d’ « argent taché de sang »).

La normalisation des relations entre Israël et l’Allemagne de l’Ouest aurait pu être initiée des années plus tôt, si les Etats arabes n’y avaient pas fait objection.

Mais des décennies plus tard, la connexion entre Israël et l’Allemagne réunifiée – l’Allemagne de l’Est n’a jamais établi de relations diplomatiques officielles avec l’Etat juif – a dépassé son impératif historique, englobant de larges échanges politiques, culturels, économiques et militaires.

Voici quelques faits saillants de cette relation :

1965 : Le chancelier allemand Ludwig Erhard et le Premier ministre israélien Levi Eshkol mettent en place des relations diplomatiques et des dispositions pour un échange d’ambassadeurs. L’Irak rompt les liens avec l’Allemagne de l’Ouest à cause de sa reconnaissance d’Israël.

1970 : Le ministre israélien des Affaires étrangères Abba Eban devient le premier diplomate israélien à visiter l’Allemagne de l’Ouest.

Il se rend au camp de concentration de Dachau, où des dizaines de milliers de personnes ont été assassinées par les nazis. Grâce à la législation allemande, un complot visant à assassiner Eban lors de son séjour est déjoué.

US troops guard the main entrance to the Dachau concentration camp, just after liberation in 1945 (photo credit: US National Archives/Wikimedia Commons)

Les troupes américaines postées à l’entrée du camp de concentration de Dachau (Crédit : US National Archives/Wikimedia Commons)

1972 : L’Allemagne accueille les Jeux olympiques pour la première fois depuis les fameux jeux de Berlin de 1936 sous Adolf Hitler.

Aux Jeux de Munich, des terroristes palestiniens prennent en otage 11 membres de l’équipe israélienne dans le village olympique. Les otages – athlètes et entraîneurs – et un policier allemand sont tués par les terroristes ou pendant l’opération de sauvetage manquée.

1973 : La chef de gouvernement Golda Meir demande au chancelier allemand Willy Brandt, en visite en Israël, de transmettre le message au président égyptien Anouar el-Sadate, selon lequel Israël est prêt à rendre la majeure partie du Sinaï en échange de la paix.

1975 : Yitzhak Rabin devient le premier chef de gouvernement israélien à visiter l’Allemagne de l’Ouest.

Il se rend à l’ancien camp de concentration de Bergen-Belsen, où quelque 37 000 personnes ont été assassinées, et tente de persuader la chancelière allemande que les dirigeants européens ne devraient pas intervenir dans le conflit au Moyen-Orient.

1983 : La star du basket israélienne Ralph Klein – survivant de l’Holocauste né à Berlin et ancien élève du Maccabi Tel Aviv – est nommé entraîneur de l’équipe nationale allemande.

1989 : Avec la chute du mur de Berlin, le Premier ministre israélien Yitzhak Shamir fait part au chancelier ouest-allemand Helmut Kohl de ses inquiétudes devant une Allemagne forte, réunifiée, qui poserait de nouveau une menace pour les Juifs – des craintes que rejette Kohl.

1991 : Au cours de la guerre du Golfe, Kohl, chancelier de l’Allemagne réunifiée, approuve l’aide à Israël, y compris le don de deux submersibles Dolphin. Depuis lors, l’Allemagne a subventionné l’achat par Israël de quatre Dolphin supplémentaires.

1992 : Rabin visite l’Allemagne réunifiée. Il exhorte les pays européens à rejeter le boycott économique d’Israël par les pays arabes et s’exprime contre une récente vague de violences xénophobes dans le pays.

« Près de 60 ans après la montée du pouvoir nazi en Allemagne », dit-il, « si l’Europe ne tire pas les leçons et ne gère pas le problème dès le début, je préfère ne pas dire ce que cela signifie pour l’Europe. »

1998 : Des élèves officiers allemands se rendent en Israël pour participer à un entraînement militaire conjoint. Les officiers visitent Yad Vashem, le mémorial national de l’Holocauste, et déposent une couronne devant un tombeau contenant les restes de victimes des nazis.

2002 : Cette année-là, un nombre plus important d’émigrés de l’ex-Union soviétique s’installent plus en Allemagne (19 000) qu’en Israël (18 000).

2005 : Le ministre allemand des Affaires étrangères, Joschka Fischer, s’adressant à l’ONU lors du 60e anniversaire de la libération d’Auschwitz, décrit le droit d’Israël à exister comme un « principe non négociable et fondamental de la politique étrangère allemande ».

2009 : L’Allemagne vote contre la résolution de l’Assemblée générale de l’ONU approuvant le rapport Goldstone – un document de 575 pages accusant Israël et les militants palestiniens de crimes de guerre pendant la Seconde Guerre de Gaza.

2011 : La chancelière allemande Angela Merkel avertit qu’elle pourrait annuler la livraison d’un sous-marin Dolphin en raison de la politique de colonisation israélienne. Elle retire la menace après le règlement par Israël de 100 millions de dollars à l’Autorité palestinienne de taxes et de frais de douane gelés.

Également en 2011, l’Orchestre de chambre israélien, en visite en Allemagne, joue des œuvres du compositeur antisémite Richard Wagner, dont la musique était appréciée par Hitler et que les nazis se sont appropriée.

2014 : Le président Shimon Peres remet à Angela Merkel la Médaille présidentielle, la plus haute distinction civile d’Israël, en signe de reconnaissance d’un service exceptionnel à l’Etat juif.

2015 : Cet été, les Jeux Maccabi européens auront lieu en Allemagne pour la première fois. La cérémonie d’ouverture du plus grand événement sportif juif en Europe se tiendra au Stade olympique de Berlin, où les Jeux olympiques de 1936 se sont tenus sous l’Allemagne nazie.