Le 11e rapport sur l’antisémitisme en France est porteur d’une bonne nouvelle. Les actes antisémites en France ont connu en 2016 une diminution record de 58 %, selon les actes collectés à la fois par le ministère de l’Intérieur et le Service de protection de la communauté juive (SPCJ), organe placé sous la tutelle des principales institutions juives françaises (Crif, Consistoire et FSJU).

En préambule, le rapport rappelle avec gravité la mémoire d’Ilan Halimi et des victimes du terrorisme de l’année 2016, une année qui a connu plusieurs attentats meurtriers : l’attaque contre deux fonctionnaires de police en juin à Magnanville, le très meurtrier attentat du 14 juillet à Nice, et l’assassinat du père Hammel à St Etienne du Rouvray.

« Il faut se réjouir de cette évolution qui a des causes diverses mais très essentiellement dues aux efforts particulièrement importants que la police et l’armée française ont déployés pour protéger tant la communauté nationale que notre communauté juive » écrit le président du SPCJ, Eric de Rothschild.

Le nombre d’actes antisémites ayant donné lieu à un dépôt de plainte est passé de 808 en 2015 à 335 en 2016, soit une baisse de 58 %, indique le rapport.

Un soldat français déployé devant la plaque commémorative du supermarché HyperCacher de Paris, le 4 janvier 2016. (Crédit : Thomas Samson/AFP)

Un soldat français déployé devant la plaque commémorative du supermarché HyperCacher de Paris, le 4 janvier 2016. (Crédit : Thomas Samson/AFP)

Il met en avant « le déploiement du plan de protection statique par l’opération Sentinelle à travers la France » qui a « selon toute vraisemblance, contribué activement et dans des délais courts à cette baisse. »

Le rapport exprime néanmoins quelques éléments pour tempérer ses chiffres, mais qui s’appliquaient également aux rapports précédents : tous les actes antisémites « du quotidien » ne donnent pas lieu à des plaintes ; malgré cette baisse, un acte raciste sur trois est dirigé contre un Juif alors que les Juifs représentent moins d’1 % de la population ; enfin, les paroles antisémites sur internet ne sont pas recensées de manière exhaustive.

On dénombre ainsi en 2016 deux tentatives d’homicides, 40 actes de violence, 35 dégradations et 258 menaces sous formes de propos, gestes, tract, courrier ou inscription.

Les villes les plus touchées sont Paris, plus particulièrement le 19e arrondissement, Marseille et Strasbourg.

Le rapport complet est disponible ICI.