JTA — Comme pourraient le dire beaucoup de gens au sujet de la prochaine saison de “Game of Thrones”, « l’hiver est là ».

Ce qui veut dire qu’il est temps de se glisser sous la couette et de se prêter au loisir national qui consiste à découvrir l’intégrale des séries diffusées à la télévision.

Depuis que Netflix a fait connaître le principe du streaming à la fin des années 2000, d’autres services du même type ont régulièrement fait leur apparition, comme Hulu et Amazon Prime, avec des prix d’inscription relativement abordables et un vaste choix de programmes.

Il y a vraiment quelque chose de réconfortant dans l’idée de pouvoir regarder un programme de qualité quand vous le voulez et de passer un bon moment de détente – à moins de préférer consommer de manière obsessionnelle une série entière d’une seule traite.

Si vous avez déjà fait le tour des offres de HBO Go et regardé toutes les séries originales de Netflix Original, alors tournez-vous vers les options qui vous sont soumises par l’état juif – car la télévision israélienne s’est largement améliorée au fil des années.

Même si Israël est un petit pays si on regarde son étendue, il présente un grand nombre de sujets susceptibles de créer des grands œuvres télévisuelles : les guerres, le terrorisme, les tensions religieuses.

Ces six séries s’intéressent au drame inhérent au seul fait d’être israéliens. Certaines sont drôles, d’autres sont douloureusement haletantes, d’autres encore sont même terrifiantes – mais toutes valent la peine d’être regardées.

Fauda (Netflix)

“Fauda” signifie “chaos” en arabe – et c’est précisément ce chaos que dépeint la série. Le programme, co-créé par Avi Issacharoff, du Times of Israël, est basé sur les expériences vécues au sein de l’armée israélienne par son créateur et sa star Lior Raz, enrôlé dans l’Unité Duvdevan, célèbre pour ses opérations effectuées sous couverture.

Le personnage principal de la série rejoint sa vieille unité pour aider à la capture d’un célèbre terroriste. Alors qu’il s’infiltre et que l’opération progresse, la réalité s’obscurcit et il est plus difficile de différencier le héros du méchant. Jacob Kaplan de Jewniverse a écrit qu’il s’agissait de l’équivalent israélien de “The Wire.” J’aurais tendance à être d’accord.

Hostages (Netflix)

“Hostages,” ou “Bnei Aruba” en Hébreu, a fait le buzz avant même de paraître sur les écrans. En fait, une adaptation américaine du programme est sortie trois semaines avant la première de la série israélienne. Malgré son casting de stars (Toni Colette, Dylan McDermott et Tate Donovan), CBS a cessé la diffusion de “Hostages” après une seule saison.

La série originale israélienne – un succès international – présente Ayelet Zurer, une chirurgienne à qui la vie a toujours souri, épouse et mère de deux enfants, qui s’apprête à se rendre à l’événement le plus important de son existence : elle doit en effet opérer le Premier ministre israélien. Mais la nuit précédant l’intervention, des hommes masqués pénètrent dans son habitation et prennent la famille en otage, avec pour seul objectif de s’assurer que le Premier ministre ne survivra pas à son opération.

C’est un film à suspense aux accents mélodramatiques qui permet de découvrir les performances époustouflantes de tous ses acteurs. “Hostages” a été conçu pour être visionné dans son intégrale – et vous allez avoir beaucoup de mal à détourner les yeux.

Mossad 101 (Netflix)

“Mossad 101,” ou “Ha’Midrasha,” s’intéresse également à une unité de renseignement – mais ce n’est pas ce à quoi vous pouvez vous attendre. Je suppose que la série se revendiquerait comme un film d’action mais elle a quelque chose de délicieusement ridicule – “Quantico” qui rencontrerait “Police Academy.”

Le feuilleton met en scène certains des plus beaux acteurs israéliens, dont Aki Avni, Yehuda Levi, Itai Tiran et d Omer Barnea — alors si vous aimez regarder les hommes beaux en action, la série est pour vous. Et si vous aimez rire, sachez que Hana Laszlo, l’un des meilleurs acteurs israéliens, ainsi que le chanteur et comédien légendaire Yehoram Gaon font aussi partie du casting de « Mossad 101 ».

La série raconte le déroulé d’une formation non-orthodoxe (et fictive) à destination des agents du Mossad. La formation commence avec 13 élèves, dont certains migrants venus de pays comme l’Iran et le Brésil ainsi que l’épouse d’un agent du Mossad assassiné. Envie de regarder une série complètement fantasque ? Essayez celle-là.

Srugim (Amazon Prime)

Considérée par certains comme une version orthodoxe de “Friends”, cette série s’intéresse aux vies croisées d’un groupe religieux, hommes et femmes, qui vivent en Jérusalem.

“Srugim” est un regard à la fois franc, émouvant et parfois hilarant porté sur les vies et les rencontres de ces jeunes religieux en Israël, avec tous les défis et la pression qu’elles entraînent.

La série se penche sur de nombreux sujets, qui vont de la perte de la foi au divorce et au féminisme, en passant même par l’homosexualité. Les trois saisons sont sur Amazon Prime, alors mettez-vous à l’aise et profitez de ce bon moment.

Mekimi (Amazon Prime)

“Mekimi” est une série fascinante basée sur l’histoire autobiographique au titre éponyme du livre écrit par Noa Yaron-Dayan, ancienne personnalité de la télévision et de la radio qui a rejoint la communauté Breslev.

Dans la série, Alma est une jeune star de la télévision qui se sent déconnectée au coeur de sa vie marquée par le succès, entourée d’artistes et de créatifs. Elle rencontre Ben (interprétée par le chanteur israélien Muki) lorsqu’il s’installe dans sa colocation et tombe amoureuse de lui. Ben, étudiant en cinéma et surfeur, semble perdu.

Au cours d’un voyage dans le Sinaï avec son ami Brener, un de ses amis surfers qui s‘intéresse de plus en plus à la religion, ce dernier offre à Ben un livre écrit par le Rabbin Nachman de Breslev. Commence alors l’histoire d’amour de Ben et de la religion qui, dans un premier temps, va le séparer d’Alma avant de les rassembler.

Cette mini-série est incroyablement émouvante et unique – accordez-lui votre attention sans partage.

Prisoner of War (Hulu)

Comment parler des séries israéliennes sans évoquer celle-ci ? “Prisoner of War” (“Hatufim,” en Hébreu) est la série israélienne originale sur laquelle est basée le célèbre programme “Homeland” de Showtime.

Le feuilleton suit les vies de deux soldats israéliens revenus en Israël à l’issue de 17 années de captivité au Liban, avec les restes de la dépouille d’un troisième soldat fait prisonnier en même temps qu’eux.

“Prisoner of War” est la chronique de leurs tentatives de réadaptation et de réintégration au sein de la société israélienne, et se penche sur la gestion du traumatisme laissé par la captivité. Mais après qu’un psychiatre militaire a trouvé des différences dans les récits des deux soldats, une enquête est lancée – et c’est alors que les choses deviennent vraiment intéressantes.

La série est très différente de la version américaine sous de nombreux aspects. Il n’y a pas de personnage féminin fort à la Claire Danes ; et au contraire, le feuilleton se présente avec une sorte de fierté machiste brisée apparue après des années de captivité et avec la nécessité de la réintégration.

Les différences culturelles entre les Etats Unis et Israël – où les prisonniers de guerre tiennent une place plus éminente dans la société – laissent, face à la version originale, un sentiment très différent. Toutefois, “Prisoner of War” présente le même niveau d‘excellence que la version américaine – cette série est peut-être même meilleure encore.