Le nombre de Palestiniens vivant en Israël, en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza devrait s’élever suffisamment pour égaliser le nombre de Juifs vivant dans la même zone à la fin de l’année 2017, avec 6.58 millions chacun, a annoncé le Bureau Central palestinien des Statistiques (PCBS) jeudi.

Intitulé “les Palestiniens à la fin de 2016” (en Arabe et en Anglais) le rapport estime à 6,41 millions le nombre de Palestiniens vivant au sein de la “Palestine historique” – considérée par le PCBS comme la zone s’étendant du fleuve Jourdain jusqu’à la mer Méditerranée, un chiffre qui comprend apparemment le 1,8 million d’Israéliens arabes.

C’est le PCBS qui a eu la responsabilité de fournir à Israël des données démographiques concernant la Cisjordanie depuis les accords d’Oslo en 1993. L’armée israélienne s’appuie aussi sur ces chiffres.

Citant un rapport émis par le Bureau central des statistiques israélien, le PCBS estime le nombre d’Israéliens juifs à la fin de 2015 à 6,33 millions, prédisant que ce chiffre s’élèvera à 6,45 millions à la fin de l’année 2016.

Tableau du Bureau Palestinien des statistiques

Tableau du Bureau Palestinien des statistiques

“Le nombre de Palestiniens et d’Israéliens sera égal à la fin de 2017”, a indiqué le rapport du PCBS, utilisant le terme “Israélien” pour se référer seulement aux citoyens juifs d’Israël.

« Toutefois, le nombre de Palestiniens au sein de la Palestine historique totalisera 7,12 millions de personnes, en comparaison avec les 6,96 millions d’Israéliens à la fin de l’année 2020”.

“A la fin de l’année 2020, les Israéliens représenteront 49,3 % de la population totale : Il y aura 6,96 millions d’Israéliens contre 7,12 millions de Palestiniens.”

D’autres statistiques présentées par le Bureau indiquent qu’il y a actuellement 4,88 millions de Palestiniens qui vivent dans “l’Etat de Palestine” – en référence à la Bande de Gaza, à la Cisjordanie et à Jérusalem-Est.

Palestinian children pose on top of cement blocks placed by the Israeli army in the East Jerusalem neighborhood of Ras al Amud, on October 21, 2015. (Hadas Parush/Flash90)

Palestinian children pose on top of cement blocks placed by the Israeli army in the East Jerusalem neighborhood of Ras al Amud, on October 21, 2015. (Hadas Parush/Flash90)

Ce nombre représente 38,4 % de la population palestinienne totale dans le monde, qui s’élève à 12,7 millions de personnes, selon le rapport. Ils sont 1,53 millions en Israël (12 %), 5,26 millions dans les pays arabes (44 %) et 696 000 dans les autres pays étrangers (5,5 %).

Au total, il y a 2 972 069 Palestiniens qui vivent en Cisjordanie – dont 431 866 à Jérusalem et 1 912 267 dans la Bande de Gaza, établit le PCBS.

Le rapport note que “la formulation de données globales sur la population palestinienne est une question à la fois épineuse et complexe en raison de raisons objectives liées aux sources des données et au fait que certains Palestiniens qui vivent à l’étranger s’intègrent dans les pays d’accueil, ce qui rend difficile l’obtention de données sur les Palestiniens qui résident dans ces pays ».

Le rapport de proportion entre Israéliens et Palestiniens en Israël, en Cisjordanie, et à Gaza est un argument essentiel en faveur de la solution à deux états pour venir résoudre le conflit israélo-palestinien, contrairement à une solution à un état qui envisage l’autonomie pour les Palestiniens mais des droits démocratiques qui ne leur seront pas octroyés dans leur totalité.

Dans un discours prononcé mercredi, le secrétaire d’état américain John Kerry a fait part de sa “vision globale” sur l’avenir du processus de paix au Moyen Orient, avertissant que les activités d’implantation mettaient en péril la solution à deux états. Il a par ailleurs déclaré que l’agenda d’Israël était actuellement dicté par les extrémistes et que “si le choix est un unique état, Israël pourra être Juif ou démocratique, mais ne pourra pas être les deux et ne connaîtra jamais vraiment la paix ».

Les experts, dans le passé, ont mis en doute les chiffres officiels des populations tels qu’ils sont transmis par les Palestiniens.

Au mois de juin 2016, le professeur Sergio DellaPergola, expert en démographie, a expliqué à la Commission chargée des Affaires étrangères et de la Défense à la Knesset que ses recherches montraient que 2,4 millions de Palestiniens vivaient en Cisjordanie à la fin de l’année 2015.

L’ancien diplomate israélien Yoram Ettinger, qui a dans le passé accusé l’AP de gonfler les chiffres de la population afin de recevoir davantage d’aides étrangères, estime le nombre de Palestiniens vivant en Cisjordanie à 1,75 million à la fin de l’année 2015.

Le Secrétaire d'Etat John Kerry expose sa vision de la paix entre Israéliens et Palestiniens le 28 décembre 2016 à l'Auditorium Dean Acheson du Département d'Etat de Washington, DC (Crédit : AFP PHOTO / PAUL J. RICHARDS)

Le Secrétaire d’Etat John Kerry expose sa vision de la paix entre Israéliens et Palestiniens le 28 décembre 2016 à l’Auditorium Dean Acheson du Département d’Etat de Washington, DC (Crédit : AFP PHOTO / PAUL J. RICHARDS)

Un rapport publié par le Bureau Central des Statistiques en Israël (ICBS) au mois de septembre révélait pour sa part que les Juifs constituaient près des trois-quarts de la population israélienne, avec 6,4 millions de Juifs résidents, tandis que les habitants arabes – 1,8 millions d’individus- composent un cinquième de sa population, qui totalise 8.58 millions de personnes.

Le reste de la population, dont les chrétiens non-arabes et les personnes qui n’appartiennent pas à un groupe religieux selon les termes de l’Autorité de la Population, de l’Immigration et des Frontières, représentent moins de 5% de la population, avec 380 000 personnes.

Un rapport qui a émané de l’ICBS a mois de novembre a révélé que les taux de fertilité des femmes juives et arabes avaient été identiques pour la première fois dans l’histoire d’Israël en 2015.

Les femmes juives et arabes ont donné naissance à 3,13 enfants en moyenne l’année dernière, selon le rapport.

En 2000, le taux de fertilité parmi la population arabe du pays s’était stabilisé à 4,3 enfants par femmes, tandis que celui des femmes juives s’élevait à 2,6. Depuis lors, ce fossé s’est comblé, le taux chez les femmes arabes ayant chuté et le taux chez les femmes juives ayant augmenté de manière constante.

Selon le rapport publié par le PCBS, le taux moyen de fertilité pour les Palestiniennes en Cisjordanie, à Jérusalem-Est ou dans la Bande de Gaza pour la période allant de 2011 à 2013 était de 4,1 enfants par femme.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.