Qui sont ces Israéliens qui ont pris la décision de changer de vie et d’abandonner leur citoyenneté ? Le site d’information israélien Ynet a recueilli le témoignage de ces ex-Israéliens.

Sharon, originaire de Tel-Aviv, a 41 ans. Il vit aujourd’hui en Israël, mais a renoncé à sa citoyenneté en 2005 et n’a depuis jamais fait marche arrière. Il a vécu en Allemagne pendant 13 ans avant de revenir en Israël. « Je ne veux pas la citoyenneté israélienne, car elle ne m’apporte rien », affirme-t-il, tout en expliquant qu’en tant que résident permanent, il a les mêmes droits qu’un citoyen, sauf en matière électorale.

« Ce qui a motivé l’abandon de ma citoyenneté israélienne est mon absence de désir de remplir mon devoir de réserviste à l’armée et mon manque de volonté de participer à la vie du pays », confie-t-il.

« J’ai renoncé à ma citoyenneté pour des raisons idéologiques. Je n’ai aucun problème pour payer des impôts. La fiscalité était également élevée en Allemagne mais à la différence d’Israël, vous avez un retour sur investissement comme par exemple en matière de transports en commun. En Israël, c’est tout simplement impossible de vivre sans voiture et vous devez en plus vous acquitter de 200 % de taxes lors de son achat. »

Sharon fait part également de son amertume concernant le coût de la vie en Israël, en rappelant qu’avec 30 euros en Allemagne, ses courses dans un supermarché lui suffisaient pour la semaine. « La corruption en Israël vous rappelle inlassablement que personne ne vous protège. » Sharon affirme que beaucoup de ses amis ou collègues ont réagi positivement à sa décision.

Jonathan Hassan a lui 31 ans et est originaire de Jérusalem. Il a vécu en Australie pendant deux ans et a récemment commencé le processus visant au renoncement de sa citoyenneté israélienne. Il explique avoir quitté Israël pour bénéficier d’une meilleure qualité de vie.

« J’ai quitté Israël parce que je travaillais plus de 260 heures par mois pour un salaire qui couvrait à peine mon loyer, ma nourriture, et mes charges », explique-t-il.

« Pas de sorties ni de dépenses somptuaires. Ajoutez à cela une situation sécuritaire difficile, un stress quotidien et l’absence de perspectives positives, il est aisé de conclure que notre niveau de vie est inférieur. Quand vous voyez le niveau de corruption en Israël, vous vous rendez compte que l’esclavage n’a pas pris fin en Egypte mais qu’il vient de s’installer en Israël. La vie est beaucoup plus chère en Australie qu’en Israël, mais les salaires y sont aussi plus élevés. Et la qualité de vie y est bien meilleure.  »

Les données recueillies ont montré que la plupart des demandes de répudiation de la citoyenneté ont été reçues pour des Israéliens vivant en Allemagne, aux États-Unis, en Autriche, au Royaume-Uni ou aux Pays-Bas.