Les médecins de Human Rights Israël expliquent que sur les 850 plaintes de torture qui auraient été fait par des interrogateurs du Shin Bet sur les dernières années, pas une seule n’a conduit à une enquête.

Un document soumis par l’État à la Haute Cour de Justice cette semaine a montré que le nombre de plaintes pour tortures déposées contre le service de sécurité intérieure a été multiplié par quatre depuis 2012. Le document a été présenté en réponse à une plainte d’un prisonnier palestinien qui a indiqué avoir été torturé par les enquêteurs du Shin Bet.

Le plaignant, un homme palestinien de Cisjordanie, a prétendu qu’il avait reçu de sérieuses blessures physiques et psychologiques lors d’une période de détention de deux mois, y compris un menotage douloureux pendant de longues heures, une privation de sommeil, des tremblements du corps forcés, des bruits très forts, une mauvaise nutrition et des menaces contre lui et sa famille.

Son identité est demeurée confidentielle du fait de ses blessures.

Le détenu est accusé de meurtre et de tentative de meurtre, il est membre d’une cellule du Hamas qui a préparé et exécuté une attaque terroriste en Israël.

Les médecins de Human Rights Israël et le Comité public contre la Torture ont déposé la requête au nom du prisonnier il y a deux ans au ministère de la Justice. La requête demandait à ce que les plaintes du prisonnier soient examinées pour déterminer si des poursuites criminelles devraient être engagées contre les interrogateurs.

Les deux organisations se sont tournées vers la Haute Cour de Justice après qu’un an et demi se soit écoulé sans qu’ils ne reçoivent de réponse du ministère de la Justice.

L’État a répondu à la requête cette semaine.

Dans la réponse, il est apparu que deux fois plus de prisonniers se sont plaints de torture en 2014 qu’en 2013 qui avait enregistré autant de plaintes qu’en 2012.

L’État évoquait les opérations majeures de sécurité qui ont eu lieu en 2014, y compris une opération majeure contre le Hamas en Cisjordanie après l’enlèvement de trois adolescents israéliens et la guerre à Gaza qui s’en est suivi, ce qui a entraîné une hausse du nombre des prisonniers palestiniens.

Les médecins de Human Rights Israël ont déclaré qu’il n’y avait pas de mécanisme en place pour déposer des plaintes efficaces contre les forces de sécurité d’Israël.

L’avocat Adi Lustigman, qui représente le plaignant, a déclaré que même les étapes préliminaires de l’enquête d’accusations de torture trainent pendant des années et entraînent rarement des procédures judiciaires.

En conséquence, les interrogateurs du Shin Bet sont de facto à l’abri de la loi, a déclaré Lustigman, selon un article du site d’information Ynet mercredi.

Le Shin Bet a déclaré que l’agence agit uniquement dans le cadre de la loi, et est sujet à des vérifications en interne et des enquêtes par des corps extérieurs y compris des contrôleurs de l’ttat, le bureau du procureur de l’Etat, le procureur général, la Knesset et les tribunaux.

« Les prisonniers du Shin Bet reçoivent tous les droits auxquels ils ont accès selon la loi humanitaire », a déclaré l’agence selon le rapport.

Cela inclut un traitement médical, une rencontre avec un conseiller juridique et des visites de la Croix rouge ».

En 1999, la Cour Suprême a statué que le Shin Bet n’a pas l’autorité pour blesser physiquement les prisonniers afin d’obtenir des informations.

Pourtant, de nombreuses organisations de droits de l’homme déclarent qu’obtenir des informations en utilisant de la pression psychologique revient à de la torture selon les conventions internationales.