Des milliers de Palestiniens sont descendus jeudi dans les rues de la bande de Gaza pour célébrer la signature d’un accord de réconciliation entre les deux forces rivales palestiniennes après une décennie de violents déchirements.

Sur une place de la ville de Gaza, des habitants ont entonné des chants sur l’unité nationale et distribué des confiseries après la signature de l’accord entre le Fatah et le Hamas terroriste au Caire, à des centaines de kilomètres de l’enclave palestinienne.

Dans la foule, certains brandissaient des affiches aux effigies du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, du leader du Hamas Ismaël Haniyeh et du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, l’Egypte ayant poussé pour la réconciliation.

« Les jeunes en ont marre du chômage, de la pauvreté et de la frustration », affirme à l’AFP Jihad Seaam, 23 ans. « Aujourd’hui, leur espoir renaît avec cet accord de réconciliation. »

« Maintenant, le plus important est la mise en place de cet accord et qu’on ne nous laisse pas tomber », dit-il.

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi au Caire, le 28 avril 2017. (Crédit : Andreas Solaro/AFP)

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi au Caire, le 28 avril 2017. (Crédit : Andreas Solaro/AFP)

Le Hamas gouverne Gaza sans partage depuis qu’il a en a pris le contrôle par la force en 2007 au prix d’une quasi guerre civile avec le Fatah, principale composante de l’Autorité palestinienne. Depuis, cette dernière ne contrôle plus que la Cisjordanie.

Ces deux territoires palestiniens sont séparés par quelques dizaines de kilomètres de territoire israélien.

Les conditions de vie des deux millions de Gazaouis ont empiré en une décennie, marquée notamment par trois guerres entre le Hamas et Israël, au point que l’enclave – actuellement sous blocus israélien et égyptien – devient « invivable » selon l’ONU.

‘Mariage palestinien’

A Ramallah, en Cisjordanie, il n’y a pas eu de célébrations de grande envergure, même si les habitants accueillent favorablement le principe de la réconciliation entre les frères ennemis palestiniens.

« Nous espérons que ce sera un vrai accord », confie Siam Nouwwara, une travailleuse sociale.

« Les habitants de Gaza sont fatigués, ceux de la Cisjordanie aussi. Il y avait cette impression de deux peuples différents, les gens ne disaient plus ‘Palestine’ mais ‘Gaza et la Cisjordanie’ « , explique-t-elle.

De précédentes tentatives de réconciliation ayant échoué ces dernières années, nombre de Gazaouis restent toutefois méfiants.

Rehaab Kanaan, 55 ans, espère que les dirigeants « ne décevront pas le peuple qui exprime sa joie pour ce mariage palestinien ». « C’est déjà arrivé dans le passé », remarque-t-il.

« Je suis heureux mais quand même inquiet », explique de con côté Ahmad Atta, un fonctionnaire de 35 ans à Gaza.

« Je ne serai complètement rassuré que lorsque nos salaires auront été versés, que la crise de l’électricité aura été réglée et que les frontières seront rouvertes », dit-il. « Alors ce sera véritablement une réconciliation. »

Khaled Fawzi, le chef des services de renseignements égyptiens, arrive avec Azzam al-Ahmad du Fatah, à gauche, et Saleh al-Arouri du Hamas, à droite, avant de signer un accord de réconciliation au Caire le 12 octobre 2017 (Crédit : AFP / KHALED DESOUKI)

Khaled Fawzi, le chef des services de renseignements égyptiens, arrive avec Azzam al-Ahmad du Fatah, à gauche, et Saleh al-Arouri du Hamas, à droite, avant de signer un accord de réconciliation au Caire le 12 octobre 2017 (Crédit : AFP / KHALED DESOUKI)