Le ministère de l’Intérieur du Hamas a peut être disparu avec la prise de fonction d’un nouveau gouvernement palestinien d’unité, mais mardi les comptes Twitter et Facebook du ministère continuaient à publier des statistiques sur ses réussites au cours des sept dernières années.

22 000 membres des services de sécurité ont suivi un entraînement « fondamental malgré l’arrêt du versement des salaires, les guerres, l’insécurité sous les avions de l’occupation sioniste ».

Les quartiers généraux détruits lors de l’opération Plomb durci de 2008 (appelée par le Hamas Al-Furqan, ou guerre de rédemption) ont été reconstruits. 142 000 habitants de Gaza ont été entraînés à la défense. 12 millions d’appels téléphoniques ont été reçus par les lignes d’assistance de la police. Et la liste serait encore longue.

Lundi, dans un ultime message posté sur son site web avant d’être hors ligne, le ministère a présenté un clip vidéo de 12 minutes réalisé par son département média en l’honneur du ministre Fathi Hamad. A travers des scènes de destruction et de chaos, on voit un Hamad orgueilleux marchant parmi les décombres de Gaza et rassurant les citoyens.

Selon une des images, Hamad a supervisé 76 projets de constructions pour un coût de 13 millions de dollars depuis son arrivée au poste. Il a pris cette fonction après la mort de son prédécesseur Said Seyam dans une frappe israélienne au cours de la guerre à Gaza en janvier 2009.

Ihab Ghosein, un porte-parole du gouvernement qui avait déjà travaillé pour le ministère de l’Intérieur, a remercié ses collègues journalistes dans un message posté sur Facebook lundi soir.

« Je prie Dieu pour m’avoir permis de bien vous servir dans ma fonction de porte-parole dans le précédent gouvernement palestinien dirigé par Ismaïl Haniyeh », a écrit Ghosein. « Puisse Dieu aider la personne qui occupera ce poste dans la prochaine étape. Puisse-t-il être loyal dans son service de la nation et du peuple ».

Le Premier ministre Rami Hamdallah a également été nommé pour diriger le sensible ministère de l’Intérieur qui supervise les activités de agences de sécurité palestiniennes et leur coordination avec Israël.

Le Hamas, qui s’oppose à une coopération sécuritaire et qui a vociféré contre la nomination de Riyad Al-Malki en tant que ministre des Affaires étrangères, est resté silencieux sur la question du ministre de l’Intérieur dans le nouveau gouvernement de coalition.

Des officiels du Fatah ont insisté que l’accord d’unité ne concernait pas les questions polémiques de sécurité. Pourtant, alors que 3 000 policiers de l’Autorité palestinienne se préparaient à reprendre leur activité à Gaza, un officiel du Hamas a déclaré qu’une clause de sécurité dans l’accord empêchait toute coopération avec Israël.

Mardi, Hamdallah a demandé aux fonctionnaires du Fatah à Gaza, au chômage depuis la sanglante prise du pouvoir du Hamas dans la bande à l’été 2007, de retourner travailler. Selon l’agence de presse palestinienne Ma’an, il a déclaré que de nouveaux comités économiques seraient créés pour superviser la reconstruction de Gaza sous sa direction.

Lors de la première rencontre du gouvernement d’unité à Ramallah mardi, le Premier ministre Hamdallah a promis que les employés de l’Autorité palestinienne recevraient leurs salaires comme d’habitude le lendemain, mais les fonctionnaires de Gaza seraient payés par un comité commun comprenant des membres du Fatah et du Hamas.

« L’argent ne viendra pas des coffres de l’Autorité palestinienne. Il semble que le Qatar réglera ces salaires jusqu’à ce que les élections palestiniennes soient tenues », a déclaré Abusada. « L’Amérique et les Européens qui paient les salaires de l’Autorité palestinienne considèrent ces employés [de Gaza] comme membres du Hamas qui est classé parmi les organisations terroristes ».

Le financement des employés du Hamas n’est pas le seul sujet épineux sur la table du gouvernement palestinien d’unité. Lundi, un officiel du Fatah a déclaré au Times of Israel que l’OLP se tournerait bientôt vers les pays arabes à la recherche de financements pour les familles de personnes emprisonnées en Israël.

Dans le même temps, mardi, les affaires continuaient comme d’habitude à Gaza. Samir Zaqout, un coordinateur du travail de terrain pour le Centre des droits de l’Homme Al-Mezan de Gaza a déclaré au Times of Israel que les policiers sont venus travailler sans savoir qui leur paiera ce mois de salaire.

« Il y a probablement un accord tacite que l’Autorité palestinienne absorbera certains de membres de la sécurité de Gaza », a expliqué Zaqout. « Les deux plus importants ministères du gouvernement dans Gaza, la Santé et l’Education, étaient principalement tenus par des employés de l’Autorité palestinienne même avant l’accord de réconciliation. Pour leurs passeports, les habitants de Gaza ont toujours dû faire leur demande à Ramallah ».

« L’administration [du gouvernement] reste inchangée ; la seule chose qui change, c’est le ministre », a-t-il conclu.