Des combattants du Hezbollah stationnés à proximité de la frontière israélienne avec le Liban ont déclaré la semaine dernière à une équipe de télévision américaine qu’ils observaient Israël et qu’ils attendaient le signal pour attaquer, après avoir été récemment enhardis par leur expérience de la guerre acquise sur le front syrien.

Ces hommes armés se sont adressés à NBC depuis un poste situé à proximité de la frontière, ce qui pourrait contrevenir à une résolution adoptée par le Conseil de sécurité des Nations unies en 2006, qui prévoit l’établissement d’une zone tampon démilitarisée entre Israël et le Liban.

« Tous les mouvements israéliens, nous les verrons », a déclaré un combattant dans le reportage qui a été diffusé samedi. « Cette zone, ce ne sont que des membres du Hezbollah qui se préparent pour eux […]. Qu’il s’agisse des Israéliens ou de Daesh, nous n’avons peur de personne », a-t-il ajouté, utilisant l’acronyme arabe du groupe Etat islamique (EI).

Les responsables israéliens ont tiré la sonnette d’alarme et ont déploré auprès des Nations unies le fait que les membres de l’organisation terroriste adoptent des positions à proximité de la frontière malgré la présence des forces de maintien de la paix et de l’armée libanaise qui ont pour mission de ne pas laisser les combattants du Hezbollah s’introduire dans la zone.

Une patrouille de la FINUL à la frontière israélo-libanaise. Illustration. (Crédit : Hamad Almakt/Flash90)

Une patrouille de la FINUL à la frontière israélo-libanaise. Illustration. (Crédit : Hamad Almakt/Flash90)

Le Hezbollah, groupe terroriste sponsorisé par l’Iran, s’est opposé à l’Etat juif pour la dernière fois lors de la Deuxième guerre du Liban, qui a duré 34 jours. Sous les termes de la résolution 1701 adoptée par le Conseil de sécurité de l’ONU en 2006, il ne doit pas y avoir « de personnel armé, d’actifs ou d’armes » dans le secteur autres que les militaires libanais ou les Casques bleus de l’ONU. Cette zone se situe au sud du fleuve Litani, une barrière naturelle qui dans sa partie basse se situe à approximativement à 20 kilomètres de la frontière israélienne.

Dans la vidéo, les terroristes du Hezbollah portent des armes, ce qui démontrerait une violation de la résolution des Nations unies, même s’il n’est pas déterminé que les « collines accidentées proches de la frontière israélienne » qui apparaissent dans les images se trouvent en effet au sein du périmètre interdit.

Malgré les tentatives d’intimidation du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, la majorité des analystes estiment que le groupe est dissuadé d’attaquer l’Etat juif en raison de la menace que représenterait une réponse israélienne, et parce qu’il a été trop affaibli par les combats en Syrie aux côtés des forces du régime pour lancer une offensive contre Israël.

Mais alors que l’Iran et les milices appuyées par la République islamique sont en train de s’implanter en Syrie, notamment à proximité de la frontière israélienne, les tensions ont grimpé d’un cran, dans un contexte d’inquiétudes sur un éventuel renforcement du groupe avec de nouveaux approvisionnements en roquettes fournies par l’Iran.

« Toute la tactique a changé et il y a de nouvelles surprises maintenant, qui causeront un choc aux Israéliens, a déclaré un combattant à NBC. L’ambiance, avec les gars, est très décontractée. On est heureux et on a un bon moral. On n’attend qu’un seul mot pour entrer, les combattre et les tuer. »

Un membre du Hezbollah dans un champ proche de Naqura, à la frontière libano-israélienne, le 20 avril 2017. (Crédit : Joseph Eid/AFP)

Un membre du Hezbollah dans un champ proche de Naqura, à la frontière libano-israélienne, le 20 avril 2017. (Crédit : Joseph Eid/AFP)

Tous les membres du Hezbollah se sont exprimés devant les caméras de NBC sous couvert d’anonymat, n’étant pas autorisés à parler à la presse étrangère.

Le commandant d’une unité du Hezbollah, indiquant une carte montrant la ligne des pays avoisinants de l’Iran, de l’Irak, de la Syrie et du Liban, a déclaré que le territoire forme dorénavant un « croissant chiite », une référence à la branche de l’islam qui domine ces pays, venant faire écho aux inquiétudes israéliennes de création d’un corridor allant de Téhéran à Beyrouth.

« Le croissant chiite qu’ils craignaient tellement – on leur a marché dessus et on l’a créé. Il y a maintenant une route ouverte de Téhéran à Dahieh », a expliqué le commandant de l’unité, citant un quartier dominé par le Hezbollah à Beyrouth.

Un autre commandant du Hezbollah a expliqué que l’implication américaine en Irak avait permis à l’Iran d’étendre son influence jusqu’au Liban.

« Les Américains ont supprimé Saddam Hussein et transmis les affaires de l’Irak à l’Iran, a-t-il dit. En fait, c’est l’Amérique qui donné sa force à l’Iran dans la région. Ils lui ont donné l’Irak et maintenant, ils ont un ennemi commun », l’Etat islamique.