À la Knesset, l’envoyé égyptien appelle Israël à saisir la « véritable opportunité » de paix
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40 ans après Sadat

À la Knesset, l’envoyé égyptien appelle Israël à saisir la « véritable opportunité » de paix

Pour commémorer les 40 ans de la visite historique de Sadat au Parlement, Hazen Khairat a affirmé que Jérusalem pourrait "tourner la page avec les voisins arabes"

L'ambassadeur égyptien en Israël Hazem Khairat avec le président de la Knesset Yuli Edelstein à la Knesset, le 21 novembre 2017 (Crédit : porte-parole de la Knesset)
L'ambassadeur égyptien en Israël Hazem Khairat avec le président de la Knesset Yuli Edelstein à la Knesset, le 21 novembre 2017 (Crédit : porte-parole de la Knesset)

Quarante ans après la visite historique du chef d’État égyptien Anwar Sadat en Israël, l’ambassadeur égyptien en Israël Hazem Khairat a exhorté mardi les dirigeants israéliens à saisir « l’opportunité véritable » pour normaliser les relations avec les pays arabes voisins en poursuivant un accord de paix avec les Palestiniens en se basant sur l’Initiative de Paix arabe.

L’accord de paix, soutenu par le président égyptien Abdel Fattah el-Sissi est une extension de l’accord de paix qu’avait entamé Sadat il y a 40 ans, a déclaré Khairat dans un évènement organisé à la Knesset, auquel ont assisté Tzipi Hotovely, vice-ministre des Affaires étrangères, et Yuli Edelstein, président de la Knesset.

« Je le dis aux Israéliens, il y a une véritable opportunité de tourner la page avec les voisins arabes, basée sur la coexistence et une compréhension mutuelle, pour un avenir meilleur, qui mènera vers la paix », a-t-il ajouté, en arabe.

Le 20 novembre 1977, Sadat a marqué l’Histoire en devenant le premier chef d’État arabe à se rendre en Israël et à prendre la parole à la Knesset, pour appeler à la paix avec Israël.

La visite de Sadat avait ouvert la voie aux négociations israélo-égyptiennes à Camp David un an plus tard, et à l’accord de paix final entre les deux anciens ennemis en 1979, soit six ans après la guerre de Kippour.

Hotovely et Edelstein, qui ont pris la parole avant Khairat, ont salué le « courageux » pacte conclu entre le Premier ministre de l’époque Menachem Begin et Sadat.

Shimon Peres avec le président égyptien Anwar Sadat. (Crédit : GPO)

Mais Hotovely a soutenu que bien qu’il y ait toujours un « Menachem Begin israélien », qui s’acharne pour la paix, avoir un « Anwar Sadat palestinien » ne suffirait pas à résoudre le conflit israélo-palestinien, qui, assure-t-elle, n’est pas un conflit territorial mais un conflit « existentiel ».

« Il y a plus de 200 conflits territoriaux dans le monde, mais le conflit qui nous oppose aux Palestiniens n’en fait pas partie », a expliqué Hotovely. Même quand des dirigeants israéliens ont soumis des propositions qui cédaient des territoires aux Palestiniens, les dirigeants palestiniens n’étaient pas disposés à abandonner leur droit au retour et à reconnaître les droits d’Israël sur le pays, a-t-elle ajouté.

La vice-ministre des Affaires étrangères a ensuite expliqué que l’accord de paix avec l’Égypte n’avait pas été imposé par les États-Unis, insinuant qu’un futur accord avec les Palestiniens ne devrait pas être imposé à Israël.

La vice-ministre des Affaires étrangères Tzipi Hotovely donne une conférence de presse dans une usine située dans la zone industrielle de Barkan, près d’Ariel en Cisjordanie, le 3 novembre 2015. (Crédit : AFP/Menahem Kahana)

L’administration Trump devait en effet annoncer incessamment la reprise des pourparlers entre Israël et les Palestiniens. La Maison Blanche a assuré qu’elle n’imposerait d’accord sur aucune des parties.

Pour en revenir à la visite de 1977, Hotovely a salué les « choix braves » qu’ont fait les deux dirigeants, et qui ont conduit à l’accord conclu, alors qu’elle n’était pas encore née.

« Je suis née dans [un contexte] pacifique », a-t-elle dit. « Cette paix est la preuve, à mon sens, que l’État d’Israël souhaite la paix. »

Edelstein s’est exprimé sur les « grands défis » que rencontre Israël pour maintenir cet accord avec l’Égypte, sans donner plus de précisions.

Il a cité Shimon Peres, chef de l’opposition au moment de la visite de Sadat, qui avait déclaré à la Knesset que « dans notre pays, il n’y a pas d’opposition à la paix ».

Pour soutenir cette affirmation, Edelstein a évoqué l’idée d’une paix prochaine avec les Palestiniens. Le débat qui avait eu lieu à l’époque était difficile, et « sera peut-être encore plus difficile » dans les années à venir, a-t-il dit, tout en réaffirmant qu’il n’y avait aucune opposition à la paix chez les Israéliens.

Le président de la Knesset s’est entretenu avec Khairat mardi matin dans son bureau, où ils ont discuté des négociations de paix, mais aussi de coopération dans les domaines de l’énergie, de l’agriculture, de la sécurité et de la technologie, selon un communiqué de la Knesset.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le chef de l’opposition Isaac Herzog prendront la parole plus tard dans la journée, pour commémorer l’anniversaire de la visite de Sadat.

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