Un haut responsable de l’armée israélienne a averti jeudi que le groupe terroriste libanais, le Hezbollah, viserait probablement l’aéroport international Ben Gurion et le port de Haïfa dans une guerre future avec Israël afin de soustraire les Israéliens des voyages internationaux.

L’officiel, qui s’est exprimé sous condition d’anonymat, a déclaré que les services de renseignement de l’armée n’étaient pas au courant de transferts d’armes à grande échelle de la Syrie vers le Liban au cours des mois récents.

Le Hezbollah continue néanmoins à travailler pour améliorer ses capacités militaires et à se préparer à une violente confrontation avec Israël, a déclaré la Dixième chaîne israélienne jeudi.

La semaine dernière, le Major Général (réserve) Gershon HaCohen, qui a récemment pris sa retraite de l’armée, a déclaré que les soldats sondaient continuellement la zone de la frontière libanaise à la recherche de tunnels transfrontaliers qui pourraient être utilisés par le groupe terroriste libanais afin de mener des actions mortelles contre des villes et des villages au nord d’Israël.

Israël surveille attentivement les activités du groupe, et pense qu’il a gagné une expérience cruciale de combat sur le terrain lors de son affrontment avec le régime d’Assad dans la guerre civile syrienne.

Le mois dernier, un autre haut responsable de l’armée a averti que si le Hezbollah n’avait pas de plan immédiat pour attaquer Israël, un incident de sécurité mineur pourrait se transformer en une vraie guerre sur le front nord d’Israël au cours de laquelle l’organisation terroriste pourrait essayer de capturer une partie de la Galilée avec des forces terrestres.

Si l’on considère que le Hezbollah a de l’expérience pour creuser les tunnels, l’armée n’est actuellement au courant d’aucun tunnel partant du sud du Liban vers le territoire d’Israël, a déclaré le responsable.

« Il est probable que le Hezbollah soit impliqué dans ce type d’actions, mais je n’ai connaissance d’aucun tunnel dans la zone et qui soit prêt pour une attaque. Le Hezbollah est entré dans le monde souterrain avant que le Hamas n’y ait même pensé, et le Hezbollah a expliqué au Hamas comment préparer ce type d’actions », a-t-il noté, en ajoutant que l’infiltration dans des villes du nord était possible sans l’utilisation de tunnels.

Les commentaires de l’officier anonyme sont venus après que la Deuxième chaîne d’information ait diffusé un long programme sur la frontière libanaise selon lequel l’armée israélienne « préparait des plans et des entraînements » pour ce qu’elle s’attend à être « une guerre très violente » contre le Hezbollah.

Dans ce programme, pour lequel l’armée a accordé à la Deuxième chaîne un accès à plusieurs de ses postes le long de la frontière avec le Liban, un commandant de brigade de l’armée israélienne a averti qu’un tel conflit « sera une toute autre histoire » que la guerre de l’été à Gaza pendant laquelle plus de 2 000 Gazaouis, dont la moitié des hommes en arme selon Israël, et 72 Israéliens ont été tués.

« Nous devrons employer une force considérable » pour rapidement prendre le dessus sur un Hezbollah soutenu par l’Iran, « pour agir plus résolument et plus drastiquement », a déclaré le Colonel Dan Goldfus, commandant de la 768ème Brigade d’Infanterie Hiram.

Le programme expliquait que le Hezbollah dispose d’un arsenal estimé à 100 000 roquettes, 10 fois plus que ce qu’avait le Hamas avant le dernier affrontement, et ses 5 000 missiles à longue portée, situés à Beyrouth et dans d’autres zones plus à l’intérieur du Liban, sont capables de transporter des ogives plus grandes, jusqu’à une tonne et plus.

Elles sont équipées de systèmes de guidage précis et pourraient atteindre tout le territoire israélien. Le système de défense israélien, le Dome de Fer, ne serait pas capable de gérer ce type de situation. L’armée israélienne aura donc à « agir vite » et avec une force écrasante pour garantir une victoire décisive dans le conflit, estime Goldfus.

Israël avait combattu une guerre sanglante contre le Hezbollah en 2006, au cours de laquelle plus de 1 200 personnes avaient été tuées au Liban, la plupart de civils, et environ 160 Israéliens, des soldats pour la plupart.

Adiv Sterman et Marissa Newman ont contribué à cet article.