Cela a été une semaine inhabituelle pour Renee Rabinowitz, une avocate à la retraite de 81 ans, qui fait actuellement la Une des médias car elle est la demanderesse dans une procédure pour discrimination religieuse contre la compagnie aérienne nationale israélienne d’El Al.

Tout d’abord, il y a eu la publication de l’histoire dans le New York Times. ( « Ma photo sur la première page en Une ? Dans le Sunday New York Times ? », s’est émerveillée Rabinowitz.)

« Je ne comprends pas – mais si cela contribue à attirer l’attention sur la question, je suis très heureuse », a-t-elle confié au Times of Israel.

Ensuite, cela a été un tourbillon d’interviews (y compris une prochaine interview en profondeur avec la National Public Radio), les e-mails des amis, même une caricature d’Amos Biderman de Rabinowitz parachutée hors de l’avion a été publiée dans Haaretz.

« Je devrais peut-être encadrer cela », a-t-elle déclaré, en montrant la caricature.

L’attention des médias n’était pas ce à quoi elle s’attendait lorsque Rabinowitz a accepté de changer de place sur un vol El Al Newark-Israël.

Née en Belgique, Rabinowitz, dont la famille a fui l’occupation nazie en 1941 et qui a grandi à New York, vit maintenant à Jérusalem. Elle était partie rendre visite à sa famille aux États-Unis. Sur le vol de retour en Israël à bord du vol El Al, on lui a demandé de changer de sièges à la demande d’un homme ultra-orthodoxe qui était assis sur la place à côté de la fenêtre, à côté du siège où elle avait été placée.

Elle a changé de place sans rechigner – « Je n’avais jamais été sur un vol où il y avait autant de remue-ménage » – mais elle y a réfléchi à nouveau à la fin du vol, quand elle en a parlé avec le pilote.

Rabinowitz, qui a un mauvais genou, a attendu que tous les passagers débarquent pour être emmenée en fauteuil roulant à l’aéroport. Lorsque le pilote est sorti de la cabine, elle a commencé à discuter avec lui.

« Je lui ai dit : ‘pourquoi faites-vous cela, ce n’est pas juste’, et il a répondu : ‘ce n’est pas le personnel, ce n’est pas nous, c’est le conseil d’administration’. Ce qui signifie, s’il a raison, c’est apparemment la pratique sur laquelle ils se sont arrêtés », a déclaré Rabinowitz.

La militante Anat Hoffman qui lit la Torah près du mur Occidental en 2011 (Crédit : Hadas Parush / Flash90)

La militante Anat Hoffman qui lit la Torah près du mur Occidental en 2011 (Crédit : Hadas Parush / Flash90)

Une dizaine de jours plus tard, elle a parlé de ce qui était arrivé à Anat Hoffman, la directrice exécutive de l’IRAC, Israel Religious Action Center, le bras juridique du Mouvement réformateur en Israël.

Rabinowitz s’était rendue à l’Institut Pardes, un institut d’études juives de Jérusalem, pour écouter une conférence de Hoffman. Cela lui a rappelé sa récente expérience sur El Al lorsque Hoffman a mentionné les efforts du centre pour lutter contre ce genre d’actes de discrimination religieuse dans les airs.

Après la conférence, Rabinowitz est allée voir Hoffman et quand elle lui a raconté son histoire – et le rôle de l’hôtesse – Hoffman lui a répondu : « Oh mon Dieu, vous êtes notre demanderesse », a déclaré Rabinowitz.

« Je lui ai dit : ‘attendez une minute !’ », a-t-elle ajouté, en riant et en levant ses mains en signe de protestation.

A partir de ce moment, les choses ont évolué rapidement. Ricky Shapira Rosenberg, l’avocat du centre, a demandé à Rabinowitz de venir pour signer une déclaration sous serment.

« Elle m’a dit que j’étais ‘la saveur du mois’ » à l’IRAC, a plaisanté Rabinowitz.

La prochaine étape sera de rapporter son histoire devant le tribunal, à Tel Aviv. Selon le porte-parole de l’IRAC. La date du procès n’a pas encore été fixée.

Pendant ce temps, Rabinowitz prend le temps de réfléchir à la suite des événements et à son rôle. Entre deux interviews.

« Je pense que cela est plus un problème ici qu’aux Etats Unis », a-t-elle estimé. « Je ne pense pas que cela arriverait si un homme Haredi aux États-Unis allait de New York à Los Angeles. Je pense que cela fait partie de la société israélienne et cela fait partie de notre situation politique dans laquelle la coalition donne beaucoup de poids aux souhaits des Haredi, aux préoccupations des Haredi, et cela fait partie de cela. Je pense que cela permet aux individus d’agir comme cela ».

Rabinowitz se réjouit de l’action en justice, bien que sa participation ait reçu une réaction mitigée de sa famille, dont son fils et sa belle-fille en Israël qui suit rigoureusement la religion, ou leurs enfants.

« Je pense que mon fils comprend qu’il y a quelque chose de problématique avec cela », a déclaré Rabinowitz. « Les enfants pensent que leur bubbe est une dame courageuse ».

Mais quoi qu’il en soit, elle ne regrette pas de prendre part à la bataille juridique. En fait, elle le voit comme une chance pour « faire du bien ».

« Je ne suis pas une personne agressive », a déclaré Rabinowitz. « Je pense qu’il y a des moments quand je vois quelque chose qui est problématique et que je peux faire quelque chose je vais le dire, et oui, je le fais ».