Georges Bennsoussan n’en a pas fini de déconstruire « la tolérance de l’islam envers les juifs ». S’il veut bien reconnaître l’existence de « quelques amitiés entre particuliers », pour lui, la cohabitation des deux peuples s’est faite dans la peur.

Les juifs étant soumis au statut de dhimmi, « leurs maisons devaient être plus basses que celles de leurs voisins musulmans, ils devaient s’acquitter d’une taxe, et leurs voix ne valaient rien devant un tribunal » explique l’historien au Figaro.

Alors qu’il a rendez-vous mercredi à la 17e Chambre du tribunal de Grande instance de Paris pour des propos tenus dans une émission de France-Culture animée par Alain Finkielkraut affirmant l’existence d’un antisémitisme domestique au sein du monde arabe, il revient une nouvelle fois pour le Figaro sur ce « mythe » d’un Maroc protecteur des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale.

Il rappelle que si les Juifs ont tous fui le Maroc, « c’est qu’ils avaient peur ! ».

Bien que l’on ait toujours trouvé des traces de l’affirmation indiquant que le roi avait menacé le gouvernement de Vichy de porter l’étoile jaune si elle était imposée aux Juifs, il explique cette persistance d’un mythe positif d’une manière étonnante.

Selon lui, l’antisémitisme du gouverneur français était tellement marqué, que le racisme ordinaire des autorités marocaines pouvait paraître plus commun « à ces gens, profondément messianiques qui acceptaient les conditions difficiles de l’exil ».

Quand ils sont arrivés en Israël, continue-t-il, les conditions réservées aux Marocains furent si dures qu’ils en vinrent à idéaliser leur pays de provenance.