En amont de la nouvelle année juive, quatre communautés juives de l’ancienne Union soviétique ont fêté la réouverture d’anciennes synagogues, une tentative qui vise à renforcer les activités culturelles et spirituelles des fidèles qui commémorent leur patrimoine juif.

Au sujet de ces synagogues qui ont été rouvertes ces dernières semaines en Russie, en Ukraine et en Lituanie, la plus inhabituelle est une structure en bois bleue qui est la plus vieille synagogue de Birobidzhan. La synagogue Beit Tshuva dans la capitale de la région juive autonome de Russie a subi d’importantes rénovations.

Birobidzhan est la capitale d’une région établie en 1934 par Joseph Staline à l’extrême-est de la Russie, sur la frontière avec la Chine. Sa création avait pour objectif à ce moment-là de faire concurrence au projet sioniste dans le pré-état d’Israël – une initiative qui a échoué.

Etablie en 1986 dans le contexte de la levée des politiques anti-religieuses dans l’ancienne Union soviétique, la synagogue s’est dégradée rapidement alors que les Juifs commençaient à quitter le secteur pour Israël et l’Occident suite à la chute de l’empire communiste. Construite sur un sol marécageux, exposée aux températures extrêmes, elle est devenue une ruine dangereuse.

Mais un entrepreneur local a pris la décision de financer sa restauration, a fait savoir la semaine dernière le site d’information DV Novosti. Le 7 septembre, plusieurs dizaines de locaux, des non-Juifs pour un grand nombre d’entre eux qui n’avaient jamais vu une synagogue en activité auparavant, se sont rendus à la cérémonie de sa réinauguration, a fait savoir le site d’information.

Aujourd’hui, les Juifs représentent moins de 5 % des 175 000 résidents de la région juive autonome qui est située à 750 kilomètres à l’ouest de la côte japonaise.

Le rabbin Eli Riss, émissaire du mouvement Habad en charge de la communauté juive locale, a soufflé dans le shophar dans la synagogue rénovée, comme l’ont observé les locaux.

De plus, une nouvelle synagogue a été inaugurée grâce à l’argent du milliardaire né en Ouzbékistan Lev Leviev dans la banlieue de Moscou, à Novye Veshki, située à 10 kilomètres au nord de la synagogue la plus proche. Le magnat du diamant a assisté à l’introduction d’un rouleau de Torah dans le petit lieu de culte, décoré avec goût mais qui ne compte que 30 sièges, a fait savoir le groupe STMEGI représentant les Juifs des montagnes russophones au début du mois.

Lev Leviev, au centre, écrit dans un rouleau de Torah avec le rabbin Eliyahu Yaakov, à droite, et Moshe Yaalon, alors ministre de la Défense, à Jérusalem, le 23 mars 2014. (Crédit : Israel Barddougo/Congrès mondial des juifs de Bukhara/JTA)

Lev Leviev, au centre, écrit dans un rouleau de Torah avec le rabbin Eliyahu Yaakov, à droite, et Moshe Yaalon, alors ministre de la Défense, à Jérusalem, le 23 mars 2014. (Crédit : Israël Barddougo/Congrès mondial des juifs de Bukhara/JTA)

La semaine dernière à Dnipro – une ville de l’est de l’Ukraine qui s’appelait Dnipropetrovsk dans le passé – la communauté juive locale a rouvert le tout premier lieu de culte jamais construit dans le secteur. Cette communauté est l’une des plus fortes d’Ukraine et compte des milliers de membres ainsi que des écoles, une fabrique de matzo et un atelier de rouleaux de Torah.

Connue sous le nom d’Alteshul, ou ancienne synagogue, elle a été établie à la fin du 19e siècle, mais l’intérieur du bâtiment avait été détruit dans les années 1990 lors de rénovations qui visaient à empêcher son effondrement. L’intérieur a été refait sur la base des peintures de l’intérieur du site et des écrits qui le décrivaient.

Au mois de juillet, une synagogue historique qui avait été construite en 1823 a été ré-inaugurée dans la ville lituanienne de Joniskis, à environ 225 kilomètres de la capitale de Vilnius. La population juive de cette municipalité représentait presque 50 % des habitants avant l’Holocauste, période pendant laquelle 95 % des 225 000 Juifs de Lituanie ont été assassinés. La ville possédait trois synagogues. Seules deux d’entre elles – celle qui a été restaurée et qui est connue sous le nom de Synagogue blanche et la Synagogue rouge voisine – existent encore aujourd’hui.

Actuellement, aucun Juif ne vit plus à Joniskis, mais les membres de la petite communauté de Siauliai, une ville située à proximité, se sont rendus à cette ré-inauguration au mois de juillet. L’ambassadeur d’Israël en Lituanie, Amir Maimon, avait fixé une mezouzah sur le cadre de la porte du lieu de culte rénové lors de cette cérémonie, avait indiqué la communauté juive dans un compte-rendu de la cérémonie.