En dépit des tirs de roquettes continuels depuis la bande de Gaza qui n’ont montré aucun signe de ralentissement au cours du week-end, les conseils locaux et les maires des localités situées non loin de la frontière de Gaza ont décidé de permettre aux camps d’été, aux écoles et à toutes les activités éducatives de fonctionner normalement.

Le commandement de l’armée israélienne a recommandé dimanche que les résidents puissent continuer leur routine quotidienne et ne pas laisser le conflit perturber leur vie.

Le maire d’Ashdod Yehiel Lasry a ordonné aux écoles haredi (orthodoxes) de rester fermées alors que d’autres institutions ont été autorisées à ouvrir normalement. En effet, la plupart des salles de classe dans le système d’éducation haredi de la ville n’ont pas accès à des abris.

La municipalité d’Ashdod avait fait savoir samedi soir que pas de cours ou d’autres activités prévues ne seraient autorisés à ouvrir, sauf à l’intérieur des abris.

Dans la ville voisine d’Ashkelon, une organisation de parents de l’école locale a exprimé sa colère suite à la décision d’ouvrir les écoles et les camps d’été. Elle avait déjà demandé à la ville de fermer toutes les activités des enfants dans les espaces publics. L’organisation a déclaré à la radio militaire que tous les bâtiments n’étaient pas équipés d’abris.

La préoccupation croissante autour de la sécurité des résidents dans les villes israéliennes situées à la périphérie de Gaza est susceptible d’être le principal sujet de discussion lors de la réunion hebdomadaire du cabinet dimanche.

L’armée israélienne a déployé plusieurs batteries de défense anti-roquettes « Dome de fer » dans les villes du Sud au cours des dernières semaines, les tensions ayant augmenté entre Israël et le Hamas depuis l’enlèvement et l’assassinat de trois adolescents israéliens en Cisjordanie.

Plusieurs roquettes ont été neutralisées ces derniers jours, y compris sur Beersheva, la plus grande ville du Néguev, samedi soir.

Pendant ce temps, le Hamas a fait monter la surenchère samedi soir, déclarant que ses roquettes et de missiles pourraient atteindre
« toutes » les villes d’Israël. Cette déclaration intervient quelques heures après que des roquettes de Gaza aient ciblé la ville de Beersheva pour la première fois depuis 2012 et que Benjamin Netanyahu considère une réplique plus forte à la poursuite des attaques.

Netanyahu fait face à une pression des autres membres de son cabinet qui ont appelé ces derniers jours à une réponse plus dure aux tirs de roquettes.

« La retenue face à des attaques contre des femmes et des enfants n’est pas une force », a déclaré le ministre de l’Economie Naftali Bennett, samedi soir. « La retenue après l’exécution de trois enfants est une faiblesse », a poursuivi le leader du parti Habayit Hayehudi, faisant référence à l’enlèvement et l’assassinat de trois adolescents israéliens en Cisjordanie réalisée par une cellule du Hamas à Hébron.

« Les habitants du sud ne sont pas des citoyens de seconde catégorie, et nous devons répondre à des tirs de roquettes sur Beersheva, tout comme nous devons réagir à une attaque sur Tel Aviv, et ne pas attendre une telle attaque », a prévenu Bennett.

Le ministre des Affaires étrangères Avigdor Liberman a également condamné l’inclinaison apparente de Netanyahu pour tenter de relancer une trêve avec le Hamas dans la bande de Gaza, plutôt que de lancer une offensive militaire majeure.

Netanyahu est également aux prises avec des émeutes à Jérusalem et des villes arabes dans le centre et le nord d’Israël.

Celles-ci ont gagné en intensité depuis qu’un garçon de 16 ans, Mohammad Abou Khdeir, a été retrouvé assassiné mercredi matin, dans ce qui pourrait être un acte de vengeance par des terroristes juifs pour le meurtres des trois adolescents israéliens dont les corps ont été retrouvés lundi.