Le ministre syrien des Affaires étrangères a accusé Israël de soutenir les « gangs terroristes » luttant contre le régime syrien pendant son discours samedi devant l’Assemblée générale des Nations unies, tout en rappelant que la guerre civile qui déchire le pays n’avait pas diminué la volonté de Damas de reprendre le plateau du Golan.

Pendant son discours, Walid al-Moualem a affirmé qu’Israël, « l’entité usurpatrice », était intervenu en Syrie pour poursuivre ses « crimes atroces contre des civils innocents. »

« Il s’est publiquement mêlé de la crise syrienne depuis ses premiers jours. Israël a fourni toutes formes de soutien aux gangs terroristes takfiristes, notamment des financements, des armes, du matériel, et des équipements de communications », a dit Moualem selon l’agence de presse officielle SANA.

« Israël a également bombardé les positions de l’armée syrienne pour servir les objectifs terroristes. La coordination entre [Israël et les terroristes] a été à son apogée quand des groupes terroristes ont décidé de viser les installations de la défense aérienne syrienne utilisées pour défendre la Syrie des agressions israéliennes, a-t-il ajouté. Le soutien sans limite d’Israël aux terroristes en Syrie n’est pas une surprise. Après tout, ils partagent tous deux les mêmes intérêts et les mêmes objectifs. »

Moualem n’a donné aucun détail pour appuyer ses accusations de soutien israélien aux groupes terroristes, terme utilisé par le régime syrien pour décrire tous ses opposants.

Une usine syrienne qui aurait été attaquée par un avion israélien tôt dans la matinée du jeudi 7 septembre 2017. Illustration. (Crédit : capture d'écran Twitter)

Une usine syrienne qui aurait été attaquée par un avion israélien tôt dans la matinée du jeudi 7 septembre 2017. Illustration. (Crédit : capture d’écran Twitter)

Vendredi matin, l’aviation israélienne a frappé un dépôt d’armes du Hezbollah près de Damas, ont rapporté les médias arabophones.

Le ministre syrien des Affaires étrangères a déclaré que, malgré le bilan des six ans de la guerre civile, la Syrie voulait toujours reprendre le plateau du Golan, conquis par Israël pendant la guerre des Six Jours de 1967.

« Il est délirant de croire, même un instant, que la crise en Syrie nous détournera de notre droit inaliénable à reprendre totalement le Golan syrien, dans les lignes du 4 juin 1967 », a-t-il dit.

Au sujet des combats en Syrie, Moualem, a affirmé que « la victoire était à portée de mains » pour le régime de Bashar el-Assad.

« La libération d’Alep et de Palmyre, la levée du siège de Deir Ezzor et l’éradication du terrorisme dans de nombreuses parties de la Syrie prouvent que la victoire est désormais à portée de mains », a déclaré le ministre syrien.

Un immeuble en ruine après un bombardement à l'aide de barils d'explosifs par les forces du gouvernement syrien dans le quartier al-Mowasalat du nord d'Alep, le 27 avril 2014. (Crédit : Zein al Rifai/Aleppo Media Centre/AFP)

Un immeuble en ruine après un bombardement à l’aide de barils d’explosifs par les forces du gouvernement syrien dans le quartier al-Mowasalat du nord d’Alep, le 27 avril 2014. (Crédit : Zein al Rifai/Aleppo Media Centre/AFP)

Depuis le début du conflit en 2011, le régime syrien qualifie de « terroristes » les rebelles opposés à son pouvoir. La reprise d’Alep fin 2016 par le régime a marqué le début de la fin pour l’opposition, et la majorité du territoire est revenu sous le contrôle de Damas, appuyé par Moscou et Téhéran.

Le groupe terroriste Etat islamique est en passe actuellement de perdre ses deux derniers fiefs en Syrie, Raqqa et Deir Ezzor.

« La Syrie est déterminée plus que jamais à éliminer le terrorisme partout dans son pays, sans exception, grâce au sacrifice de notre armée et à la détermination de notre peuple », a ajouté Walid al-Moualem dans son allocution à l’Assemblée générale annuelle des Nations unies.

« Sur le front de la lutte contre le terrorisme, l’armée arabe syrienne, au côté des forces des alliés qui l’appuient, réalise quotidiennement des progrès, éliminant les terroristes, nettoyant des pans de territoire », a souligné le ministre, tout en reconnaissant que « la menace de ce fléau persiste ».

Au plan politique, « nous sommes encouragés par le processus d’Astana et les zones de désescalade qui en ont résulté ». « Nous espérons qu’il nous permettra d’arriver à une réelle cessation des hostilités », a dit le ministre syrien.

Définies par la Russie, l’Iran, la Turquie, et, dans le sud, avec les Etats-Unis et la Jordanie, quatre zones de « désescalade » sous influence étrangère sont aujourd’hui recensées en Syrie. Ces trêves locales ont contribué à une nette réduction de la violence.

Staffan de Mistura, envoyé spécial des Nations unies pour la Syrie, à Genève, le 3 mars 2017. (Crédit : Phillippe Desmazes/AFP)

Staffan de Mistura, envoyé spécial des Nations unies pour la Syrie, à Genève, le 3 mars 2017. (Crédit : Phillippe Desmazes/AFP)

En faisant part de la bonne volonté de Damas, Walid al-Moualem a aussi espéré des « progrès » dans le processus de négociations de Genève. L’émissaire de l’ONU Staffan de Mistura espère reprendre dans les prochaines semaines ces discussions en Suisse entre belligérants syriens, mais qui sont toujours dans l’impasse après sept rounds.

« Depuis plus de six ans, des états, des parties à l’origine de la guerre en Syrie continuent de servir des mensonges, d’accuser à tort le gouvernement syrien d’utiliser des armes chimiques », a enfin dénoncé le chef de la diplomatie syrienne, en assurant que l’armée syrienne ne possède plus d’armement de ce type.