Nabatéens : Peuple sémitique qui a prospéré dans le Néguev entre le troisième siècle avant notre ère et le septième siècle de notre ère. Ils ont accumulé une grande richesse en transportant des épices à travers le désert et construit six cités dans le Néguev.

Contrairement à cinq autres villes nabatéennes d’Israël, Mamshit était située bien loin de la célèbre Route des épices – une voie ardue qui s’étend sur plus de 2 000 kilomètres de la péninsule arabique à la mer Méditerranée.

Malgré son apparence et un emplacement « paumé », ses habitants étaient extraordinairement riches. Une maison à Mamshit avait plus de 1 500 mètres carrés – et même la famille la plus pauvre ne pouvait se vanter d’une habitation d’au moins 500 mètres carrés.

Certaines personnes étaient tellement riches qu’elles avaient apparemment « oublié » où elles avaient caché leur argent : les archéologues ont trouvé un trésor incroyable de plus de 10 500 pièces d’argent dans l’une des maisons.

La ville a peut-être été hors du sentier des épices, mais les gens de Mamshit étaient dans le commerce, tout comme leurs compatriotes Nabatéens.

Mamshit était un carrefour important le long des routes commerciales menant vers la mer Morte et la Arava. Il faisait trop chaud pour vivre dans la vallée de la mer Morte ou dans la Arava. Les commerçants nabatéens ont construit leurs maisons dans des endroits confortables plusieurs centaines de mètres au-dessus du niveau de la mer.

Une vue d'ensemble de Mamshit (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Une vue d’ensemble de Mamshit (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Aujourd’hui, Mamshit est un parc national bien organisé, dans une ville autrefois prospère, où un chemin mène à travers des églises, un établissement de bains et de belles villas ornées de mosaïques et de fresques.

Non loin de l’entrée du parc, on trouve les restes d’une ancienne auberge où les chameaux et ceux qui les conduisaient passaient la nuit.

Les chameaux boivent d’énormes quantités d’eau et il y a très peu de sources d’eau autour de Mamshit. Les Nabatéens ont résolu ce problème en construisant des barrages le long du lit de la rivière adjacente : un réservoir pouvait contenir 10 000 mètres cubes d’eau. Le caravansérail et des bains de style romain apportent clairement des preuves que les gens de Mamshit étaient en mesure de fournir d’abondantes réserves d’eau dans le désert.

Du métal moderne et des linteaux en bois sont disséminés dans la ville. C’est parce que les archéologues peuvent reconstruire des sites antiques quand ils sont absolument certains quant à leur aspect d’origine. Mamshit a apparemment été détruite lors de la conquête musulmane au VIIe siècle et abandonnée pour les 1 300 années suivantes. En outre, les Turcs ottomans auraient utilisé des pierres de la ville pour construire la Beer Sheva moderne.

Par conséquent, on ne sait pas vraiment à quoi ressemblait Mamshit et les archéologues ont sans doute utilisé le fer et le bois, à la place de la pierre pour nous rappeler aussi que cette reconstruction n’est qu’une supposition.

L’entrée dans Mamshit se fait par une porte dans les murs de la ville. Elle était destinée non pas à la défense, mais seulement à séparer les habitants des nomades qui erraient à l’extérieur.

Autre rupture par rapport aux villes traditionnelles, Mamshit a commencé avec des maisons somptueuses et dispersées, de grandes villas construites par les riches commerçants.

Des étables dans certaines maisons avaient exactement la même fonction que les garages d’aujourd’hui avec deux voitures. Des planchers recouverts de panneaux de bois amenés de loin indiquent que le commerce était bien développé.

Une citerne creusée dans la rue en face du palais est aussi un des restes de la ville nabatéenne d’origine. Les canaux de drainage longeaient les maisons. Ils étaient destinés à recueillir chaque goutte possible des eaux de pluie sur les toits et dans les rues afin de les stocker dans des réservoirs à travers Mamshit.

L'église de Mamshit (Crédit : Shmuel Bar-Am)

L’église de Mamshit (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Les maisons de Mamshit avaient un à deux étages de hauteur, avec un escalier sur le côté dans une forme unique d’architecture propre aux Nabatéens. Les visiteurs peuvent monter un grand nombre de tours d’escalier, mais celui qui a la meilleure vue est situé juste derrière le palais et appartient à un grand bâtiment qui abritait probablement le gouverneur local.

Lorsque les résidents de Mamshit se sont convertis au christianisme au IVe siècle, ils ont dû trouver de la place pour les églises dans une ville qui était déjà pleine à craquer. Il n’y avait pas de temples païens à transformer en églises, et un habitant a dû démolir une partie de sa maison pour faire place à une maison de culte chrétien. En conséquence, l’entrée ne faisait pas face à l’ouest, comme cela est courant dans les églises byzantines.

Mosaïque dans l'église de Mamshit (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Mosaïque dans l’église de Mamshit (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Il a fallu beaucoup d’argent pour créer un beau lieu de culte avec sols en mosaïque ; ils sont très rares dans les églises du Negev. Pourtant, cette église, du nom d’un donateur appelé Nil, inclut un sol en mosaïque décoré de représentations d’oiseaux, des paniers de fruits et de dessins géométriques. D’énormes poutres en bois ont été importées d’autres contrées, comme a pu l’être le marbre italien décoratif à son époque.

Une deuxième maison de prière chrétienne est appelée l’église des Saints et des Martyrs. Dans les décombres, les archéologues ont trouvé deux conteneurs remplis d’ossements de saints. Le baptistère est ici inhabituel, et a probablement été utilisé d’abord pour les convertis. En forme de croix, il y avait une section pour les adultes et une partie plus petite sur ​​le côté pour les nourrissons.

L'abside (Crédit : Shmuel Bar-Am)

L’abside (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Une partie de l’abside en marbre est restée comme telle depuis près de 2 000 ans. Des croix ont été généralement creusées dans le sol de l’église, mais, en 427, les chefs religieux ont décidé qu’il n’était pas bon de marcher sur une croix et ont interdit cette pratique. Apparemment, cette église a été construite avant la décision. Nous ne savons pas avec certitude, cependant, si toutes les communautés respectaient une telle législation.

Près de la plus grande résidence privée de Mamshit, on trouve un panneau qui dit « La Maison des fresques ». C’est là que les découvertes les plus excitantes de Mamshit ont été réalisées, parmi elles un énorme trésor de monnaies romaines du IIIe siècle qui a été caché sous une cage d’escalier.

Une paire de chapiteaux nabatéens arrondis dans une chambre disposent d’un visage humain et de celui d’un taureau. A l’intérieur de la maison, on trouve aussi une large étable. Peut-être que les chevaux étaient tellement chers que les gens préféraient les garder en toute sécurité dans leurs foyers.

La salle de bains (Crédit : Shmuel Bar-Am)

La salle de bains (Crédit : Shmuel Bar-Am)

La plomberie intérieure privée était rare à cette époque et un aspect unique de cette maison est une salle de bains et un vestiaire alimentés en eau à partir d’un pool spécial.

Dans une source talmudique qui parle d’une « bonne » trouvaille, certains rabbins ont suggéré que la «bonne» trouvaille est une belle maison, tandis que d’autres ont soutenu que cela signifie une bonne épouse. Mais d’autres encore ont aussi écrit que cela était d’avoir une salle de bains près de votre maison.

Activités de Souccot : Si vous êtes en Israël au cours de la fête de Souccot, vous pouvez flâner le long de Market Street dans l’ancienne Mamshit et profiter du « bazar nabatéen » avec musique, danses, et artisanat.

Activités de 10h à 17h du 9 au 14 octobre et jusqu’à 22h le 13 octobre. Pour plus d’informations : 08-6556478.

Aviva Bar-Am est l’auteur de sept guides en anglais sur Israël.

Shmuel Bar-Am est un guide agréé qui fournit des visites privées personnalisées en Israël pour les individus, les familles et les petits groupes.