L’ambassadeur d’Israël au Canada Rafael Barak a exhorté les organisations juives dans le pays à faire pression pour le retrait d’une exposition située dans l’hôtel de ville d’Ottawa au motif que celle-ci « glorifie le terrorisme ».

Rafael Barak a en effet soutenu la semaine dernière que l’exposition qui présente les oeuvres de Rehab Nazzal, un artiste palestinien, est une incitation à la violence et promeut l’idée qu’Israël n’a pas le droit d’exister.

L’exposition de Nazzal, intitulée « Invisible », comprend un certain nombre de vidéos et de photos prises lors d’affrontements entre les forces de sécurité israéliennes et les prisonniers palestiniens de la prison de Ketziot dans le sud d’Israël, a rapporté le quotidien israélien Haaretz.

Barak a déclaré que l’une des vidéos qui s’intitule « Cible », dépeint plusieurs dirigeants palestiniens ayant mis en place des attaques terroristes contre les Israéliens dans les années 1970 et 80.

Une note accompagnant le travail a déclaré que les Palestiniens dans le film étaient des artistes, des écrivains et des militants qui avaient été « assassinés par Israël « .

« L’exposition permet aux Canadiens de voir où les racines du terrorisme se trouvent. Elles se situent dans le fait que les Palestiniens glorifient le terrorisme et incitent à la violence, ainsi que dans leur refus d’accepter l’existence d’Israël » a déclaré l’ambassadeur.

«C’est décourageant de voir une culture qui favorise les terroristes comme ses dirigeants »

Parmi les personnes qui figurent dans l’exposition, on trouve Salah Khalaf (Abou Iyad), fondateur de l’organisation Septembre noir, et Naji al- Ali, célèbre caricaturiste palestinien. Tous deux ont été assassinés par des groupes palestiniens rivaux, pas par les forces de sécurité israéliennes.

Parmi les autres figures présentées dans l’exposition, on trouve l’adjoint de Yasser Arafat et le chef de l’aile militaire de l’Organisation de Libération de la Palestine, Khalil al-Wazir (Abou Jihad), et Dalal Mughrabi.

Ces deux derniers avaient pris part au détournement d’un autobus israélien en 1978, qui a entraîné la mort de 37 personnes. Al-Wazir a été assassiné par des commandos israéliens dans sa maison de Tunis en 1988, et Mughrabi a été tué par l’armée israélienne suite au détournement du bus.

Alors que Barak lui-même n’a pas exigé qu’on mette un terme à cette exposition, il a demandé à plusieurs organisations juives au Canada de pouvoir œuvrer dans ce sens.

Jeudi, Barak a rencontré le maire d’Ottawa, Jim Watson, et lui a affirmé que l’exposition avait été délibérément trompeuse dans le but de dissimuler la véritable identité des Palestiniens présentés dans les vidéos ainsi que les raisons véritables de leurs assassinats respectifs.

Le conseil municipal d’Ottawa a toutefois décidé de ne pas mettre un terme à l’exposition pour le moment afin de ne pas interférer avec la liberté artistique. Adjoint au maire d’Ottawa, Steve Kaneelakos, a expliqué que les hommes politiques ne devaient pas s’impliquer dans le choix des œuvres d’art promues lors d’une exposition.