Les électeurs israéliens ont donné mardi au Premier ministre Benjamin Netanyahu un mandat clair pour former le prochain gouvernement. Pour ce faire, il aura besoin de l’appui d’au moins 61 des 120 députés de la Knesset. Voici quelques-unes des options qui s’offrent à lui.

La coalition des « partenaires naturels » de droite et religieux (67 membres)
Partis : Likud (30), Koulanou (10), HaBayit HaYehudi (8), Shas (7), Yahadout HaTorah (6), Yisrael Beitenu (6)

Le scénario le plus probable sur la base des résultats, cette coalition est celle à laquelle les analystes s’attendent.

Il s’agit essentiellement d’un retour à la coalition relativement stable de Netanyahu des années 2009-2013 avec les partis de droite et religieux, que le Likud appelle ses « partenaires naturels ».

Le parti Koulanou de centre-droit, dirigé par l’ancien ministre Likud Moshe Kahlon, pourrait également s’y joindre en échange du portefeuille important de ministre des Finances.

Cette coalition prendrait probablement une ligne dure sur les questions de sécurité et de diplomatie, avec une position plus progressiste sur l’économie, conformément aux plateformes de Koulanou et de Shas, qui se concentrent sur la réduction de la pauvreté et l’abaissement du coût de la vie. Cette coalition, avec la participation des ultra-orthodoxes, pourrait aussi revenir sur la loi de 2014 sur l’incorporation des haredim dans l’armée.

La coalition de centre-droit (65 membres)
Partis : Likud (30), Yesh Atid (11), Koulanou (10), HaBayit HaYehudi (8), Yisrael Beitenu (6)

Le parti orthodoxe Yahadout HaTorah n’a pas annoncé son soutien à Netanyahu pour le poste de Premier ministre. Qu’adviendra-t-il s’il refuse de le faire ? Un autre scénario pour Netanyahu est d’exclure à nouveau les haredim du gouvernement, au profit d’alliés de droite et du centre.

Cette coalition aurait un peu l’air du gouvernement sortant. Elle aurait une politique économique libérale et ne reviendrait probablement pas sur les réformes concernant les ultra-orthodoxes prises par le dernier gouvernement.

L’obstacle à une telle coalition est Yesh Atid. Les querelles entre ce parti et le Likud ont causé la chute de la coalition sortante, et sa position déclarée en faveur d’un retrait de la Cisjordanie n’est pas conforme à la politique du Likud ni d’HaBayit HaYehudi.

Le gouvernement d’union (81 ou 77 membres)
Partis : Likud (30), Union sioniste (24), Yesh Atid (11), Koulanou (10), Yisrael Beitenu (6), ou bien Likud (30), Union sioniste (24), Koulanou (10), Shas (7), Yahadout HaTorah (6)

Netanyahu ayant dit à plusieurs reprises qu’il ne voulait pas s’associer à l’Union sioniste dans une coalition, c’est un scénario peu probable.

Mais si Yahadout HaTorah, Koulanou ou Yesh Atid devaient lui forcer la main, cela peut devenir une éventualité. Et une coalition plus large signifie généralement plus de stabilité, autour des valeurs de Netanyahu.

La première de ces coalitions serait centriste diplomatiquement et économiquement, adoptant en plus une réforme économique basée sur la plate-forme de Koulanou.

La seconde reviendrait probablement sur les réformes du dernier gouvernement concernant les ultra-orthodoxes et adopterait une politique économique plus progressiste. Mais, encore une fois, ces deux coalitions ne sont guère probables.