A Ramallah, les Palestiniens sont divisés sur le sens d’une présidence Trump
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A Ramallah, les Palestiniens sont divisés sur le sens d’une présidence Trump

Alors que certains sont déçus de l’élection de l’“homme qui déteste les musulmans”, d’autres pensent que cela ne changera rien pour eux

Dov Lieber est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

Le centre de Ramallah, après les élections présidentielles américaines, le 9 novembre 2016. (Crédit : Dov Lieber/Times of Israël)
Le centre de Ramallah, après les élections présidentielles américaines, le 9 novembre 2016. (Crédit : Dov Lieber/Times of Israël)

Dans un petit restaurant de Ramallah, Abu Anas et son fils Muhammad servent pour 10 shekels des bols pleins d’un délicieux houmous à l’huile d’olive.

De l’autre côté de la rue, les fidèles restent devant la mosquée Jamal Abdul Nasser, la plus vieille de la ville.

« Si Clinton avait gagné l’élection, cela aurait été mieux parce que c’est un homme mauvais. Il déteste les musulmans », a déclaré le père.

« Mais que pouvons-nous faire », a-t-il ajouté en haussant les épaules.

Abu Anas et son fils Muhammad dans leur restaurant de Ramallah, le 9 novembre 2016. (Crédit : Dov Lieber/Times of Israël)
Abu Anas et son fils Muhammad dans leur restaurant de Ramallah, le 9 novembre 2016. (Crédit : Dov Lieber/Times of Israël)

Muhammad apporte une assiette fumante de fallafels. « Il veut nous [les musulmans] détruire », a-t-il ajouté.

Nadi, gérant d’un hôtel de la ville, a déclaré être heureux que Trump ait remporté la présidence.

« Cela nous débarrassera de la politique américaine à deux visages à l’égard des Palestiniens. Trump n’aura qu’un visage avec son immense racisme envers les musulmans, et ça c’est clair. »

Il a affirmé que cela entraînerait les peuples arabes à soutenir plus encore la cause palestinienne.

Le gérant d’hôtel, qui a grandi à Tunis, au Liban et à Alger, parce que son père appartenait à l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), a déclaré qu’il n’était pas heureux de la souffrance du peuple américain.

« Ce sont des humains comme nous. Nous n’aimons simplement pas l’establishment politique », a-t-il ajouté. Il avait précédemment affirmé qu’il pensait que cet establishment était contrôlé par le « lobby sioniste ».

Fatme Faqih, employée du ministère palestinien de l’Education, a déclaré que cela ne comptait pas vraiment, que Barack Obama, Hillary Clinton, ou Donald Trump soient présidents.

« Ils sont tous les mêmes, et n’apporteront rien de nouveau », a-t-elle déclaré.

Eskandar Hinn, 60 ans, barbier du centre de Ramallah, regarde le discours de victoire de Donald Trump, le 9 novembre 2016. (Crédit : Dov Lieber/Times of Israël)
Eskandar Hinn, 60 ans, barbier du centre de Ramallah, regarde le discours de victoire de Donald Trump, le 9 novembre 2016. (Crédit : Dov Lieber/Times of Israël)

Chez un barbier du centre-ville, Eskandar Hinn, 60 ans, regardait Sky News en arabe en attendant des clients. Le discours de victoire de Donald Trump était diffusé à l’écran.

Comme Faqih, Hinn était sceptique quant à savoir si cela avait une importance que ce soit Clinton ou Trump qui remporte la présidence.

Mais ce n’était pas le manque de foi du barbier envers les politiques, mais plutôt sa confiance profonde pour les institutions du gouvernement américain à ne pas faire changer les choses qui lui donnait ce sentiment.

« L’Amérique est un grand pays. Il ne peut pas être affecté tant que ça par les idées d’un homme, a-t-il déclaré. Cela ne compte pas non plus ce qu’il a dit avant l’élection, ils [le gouvernement] le ramèneront dans le droit chemin. »

Sans questionner Israël, Hinn a également ajouté que « Dieu bénisse Trump et l’aide à apporter la paix au monde, et à laisser les Israéliens vivre en paix, pour que nous, Palestiniens, puissions vivre en paix. »

« Nous devons penser à nos petits-enfants, les Palestiniens et les Israéliens », a ajouté Hinn.

« Parce que ce que nous semons maintenant, ils le récolteront. »

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