Vendredi, le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a appelé Israël à ne pas laisser le conflit israélo-palestinien se transformer en une guerre de religion.

Dans un discours à Ramallah, trois jours après que deux terroristes palestiniens ont assassiné cinq Israéliens dans un attentat contre une synagogue, et au milieu des tensions entourant le Mont du Temple contesté, Abbas a affirmé : « Il y a une lutte politique entre nous, alors parlons de politique. N’en faisons pas une lutte religieuse, car une fois que les luttes de ce type commencent, elles ne s’arrêtent jamais. »

Le chef de l’AP, accusé par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d’incitation aux récents actes de terreur avec des discours anti-Israël et de propagande, a scandé : « Vous devez vous tenir à l’écart de nos mosquées et églises, et nous devons nous tenir à l’écart de vos synagogues. »

e chef des services israéliens de sécurité intérieure Shin Bet, Yoram Cohen, a déclaré mercredi aux législateurs que si Abbas n’encourage pas directement ou indirectement le terrorisme, certains de ses commentaires peuvent être interprétés comme un appel aux armes.

Les responsables de l’AP et des membres du Fatah d’Abbas ont accusé Israël de menacer la sécurité de la mosquée Al-Aqsa sur le Mont du Temple, ont appelé à des « journées de colère » pour « protéger » Al-Aqsa, posté caricatures anti-israéliennes et diffusé des messages anti-israéliens, y compris des soutiens de plusieurs récentes attaques terroristes.

Le ministre de la Défense Moshe Yaalon a déclaré vendredi qu’Abbas n’encourage pas le terrorisme en Cisjordanie, car « il sait que cela pourrait se retourner contre lui et le faire tomber » – référence aux efforts du Hamas d’évincer le chef de l’AP.

Cependant, Abbas est coupable d’incitation concernant Jérusalem et le Mont du Temple, selon Yaalon.

Dans la même veine, le vice-ministre des Affaires étrangères Tzachi Hanegbi a déclaré vendredi soir que le site officiel de l’AP publiait des incitations au terrorisme et qu’Abbas a parlé de l’impératif « d’empêcher des hordes de colons de s’emparer d’Al-Aqsa ». « C’est ce à quoi nous devons nous opposer », a-t-il pointé.

Israël affronte une « l’incitation islamiste délibérée », dit Hanegbi, et les coupables allèguent à tort que « les Juifs cherchent à reconstruire le Temple » à la place des mosquées au sommet du Mont du Temple. Il qualifié ces déclarations de « diffamation du sang ».

Les pourparlers de paix israélo-palestiniens se sont interrompus au printemps au milieu de récriminations mutuelles.

L’appel d’Abbas à éviter une guerre de religion suit les commentaires du président Reuven Rivlin, qui a déclaré mercredi qu’Israël n’est pas en guerre avec l’islam et que le conflit ne doit pas devenir un sujet religieux.

« Ce sont des jours difficiles pour Jérusalem pour la simple raison que la lutte politique sur Jérusalem, la lutte nationaliste, le conflit israélo-arabe, se sont transformés en un conflit judéo-musulman, et à ma grande douleur, les deux parties le comprennent – le comprennent mais ne font rien à ce sujet « , a déclaré Rivlin.

« Nous n’avons aucun conflit avec l’islam, nous n’en avions pas, nous n’en aurons pas, et aujourd’hui, aussi, nous n’en avons pas, » a-t-il déclaré. « Nous devons le faire comprendre à tout le monde. »
Le président, contrairement à certains autres dirigeants et responsables sécuritaires israéliens, n’a pas hésité à qualifier la montée actuelle de la violence d’Intifada.

« Nous sommes au bord ou même au début d’une Intifada de dimension religieuse et c’est très dangereux pour nous et pour toute la région. Pour Abu Mazen [Abbas], pas moins que pour l’Etat d’Israël. Je suis sûr que tout le monde veut éviter un conflit interreligieux entre Juifs et Musulmans », a-t-il dit.

« Cela n’a jamais été une guerre de religion. Mais le fondamentalisme et l’incitation ont toujours trouvé un moyen de s’infiltrer, malgré notre opposition. »

Le président a exhorté les Israéliens à éviter de prendre des mesures qui pourraient accroître les tensions entourant le Mont du Temple, le lieu le plus saint du judaïsme, qui abrite également la mosquée Al-Aqsa, le troisième lieu saint de l’islam.

« Nous avons toujours compris, en tant qu’Israéliens et Juifs, que nous ne combattons pas l’islam et nous avons ainsi évité de faire de la question Mont du Temple une guerre des Juifs contre les Musulmans », a-t-il affirmé. ‘C’était ainsi, mais tout se brouille. »

« Les dirigeants [israéliens] doivent comprendre qu’ils doivent éviter de soulever la question du contrôle sur le Mont du Temple. »

Les tensions ont éclaté dans la capitale suite à des appels de certains militants, soutenus par quelques parlementaires bellicistes, à permettre la prière juive dans l’enceinte du Mont du Temple où elle est actuellement interdite. Le gouvernement israélien a déclaré qu’il n’a pas l’intention de changer le statu quo.