Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a annoncé vendredi un « gel des contacts » avec Israël.

« Au nom de la direction palestinienne, j’annonce (…) un gel de tous les contacts avec l’Etat d’occupation à tous les niveaux jusqu’à ce qu’Israël s’engage à annuler toutes les mesures contre notre peuple palestinien en général et à Jérusalem et dans la mosquée Al-Aqsa en particulier, et qui visent à imposer la souveraineté à Al-Aqsa et la diviser », a déclaré Abbas.

Il a spécifiquement fustigé l’installation de détecteurs de métaux dans le complexe du mont du Temple – placés là par Israël après une attaque terroriste menée le 14 juillet et dans laquelle trois Arabes-Israéliens ont abattu deux officiers de police israéliens avec des armes à feu qu’ils ont introduites clandestinement dans l’enceinte de la mosquée Al-Aqsa.

La déclaration du président de l’AP a eu lieu après une journée d’émeutes autour de la Vieille Ville et dans la région de Jérusalem. Trois Palestiniens auraient été tués et quelque 200 autres ont été blessés.

Les forces de sécurité israéliennes arrêtent un émeutier palestinien à Wadi Joz, près de la Vieille Ville de Jérusalem, le 21 juillet 2017 (Crédit : Judah Ari Gross / Times of Israel)

Les forces de sécurité israéliennes arrêtent un émeutier palestinien à Wadi Joz, près de la Vieille Ville de Jérusalem, le 21 juillet 2017 (Crédit : Judah Ari Gross / Times of Israël)

« Les mesures prises par Israël conduisent à une confrontation religieuse et à une fuite d’un processus diplomatique », a déclaré Abbas, cité par Haaretz.

Abbas a appelé tous les employés palestiniens à faire un don d’un jour de salaire pour soutenir Jérusalem.

Il a déclaré qu’il avait parlé avec plusieurs chefs d’État, y compris ceux d’Egypte, d’Arabie Saoudite et du Maroc, et leur a demandé d’intervenir dans le conflit concernant le mont du Temple.

Le président de l’AP a déclaré que l’AP financerait tous les coûts liés au traitement des blessés des affrontements de vendredi. « Nous allons dépenser 25 millions de dollars pour soutenir les Palestiniens de Jérusalem », a-t-il déclaré.

Il a également appelé le Hamas à se rallier à la cause du mont du Temple et à se réconcilier avec son propre parti, le Fatah.

Le Waqf islamique, gardiens jordaniens du site sacré, s’est opposé à la présence des détecteurs de métaux et a appelé les Palestiniens et les Arabes israéliens à ne pas entrer dans le site pour y prier.

Après l’attaque de la semaine dernière, Abbas et le Premier ministre Benjamin Netanyahu ont parlé au téléphone et Abbas avait condamné l’attaque, mais a également exigé que le complexe soit immédiatement rouvert.

Israël n’a pas immédiatement répondu à l’annonce d’Abbas vendredi soir. Il n’était pas clair si la déclaration du président de l’AP sur le gel de « tous les contacts » comprenait la coordination de la sécurité entre les forces de sécurité israéliennes et palestiniennes.

Les forces de sécurité de l’AP et l’armée israélienne travaillent étroitement pour endiguer les attaques terroristes et autres violences.

Bien qu’Israël et l’AP n’aient pas repris les pourparlers de paix depuis trois ans, la coopération entre les forces de sécurité respectives pour maintenir le calme en Cisjordanie reste très active.

Un attentat au couteau à Halamish a fait 3 morts israéliens et un blessé grave, vendredi soir.

« Le Secrétaire général déplore profondément la mort de trois Palestiniens dans les affrontements aujourd’hui avec les forces de sécurité israéliennes et demande que ces incidents soient pleinement examinés. Ses pensées et ses prières sont avec les familles des victimes. Le Secrétaire général est préoccupé par le déroulement de la violence dans la Vieille Ville de Jérusalem. Il exhorte les dirigeants israéliens et palestiniens à s’abstenir de mesures susceptibles d’intensifier la situation et appelle tous les dirigeants politiques, religieux et communautaires à aider à réduire les tensions. Le Secrétaire général réitère que la sainteté des sites religieux doit être respectée comme lieu de réflexion, pas de violence, a déclaré vendredi soir dans un communiqué, Farhan Haq, le porte-parole adjoint du secrétaire général de l’ONU.