Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a annulé les réunions de coordination sécuritaire entre des responsables israéliens et palestiniens, en signe de protestation contre l’installation de détecteurs de métaux aux entrées du mont du Temple, dans la Vieille Ville de Jérusalem.

La suspension de la coopération en matière de sécurité ferait partie d’un gel plus général des contacts avec Israël, selon la déclaration d’Abbas faite vendredi et selon aussi des sources palestiniennes. Malgré les premières hypothèses, le président de l’Autorité palestinienne s’abstiendrait de rompre la collaboration militaire.

La rupture de la collaboration sécuritaire est une première depuis qu’Abbas a été élu, initialement pour 4 ans, il y a près d’une décennie. Bien qu’Israël et l’AP aient gelé leurs pourparlers de paix pendant trois ans, la coopération entre les forces de sécurité respectives pour maintenir le calme en Cisjordanie s’est poursuivie, et ce de manière active.

En annonçant la rupture des contacts avec Israël vendredi, Abbas a fustigé le déploiement des détecteurs de métaux sur le mont du Temple – décidé par Israël après l’attaque terroriste du 14 juillet dans laquelle trois Arabes-Israéliens ont abattu deux policiers israéliens avec des armes à feu qu’ils avaient clandestinement introduites sur le site sacré.

Abbas a, de son côté, décrit des mesures « faussement sécuritaires, pour pouvoir prendre le contrôle de la mosquée Al-Aqsa ».

Des manifestants palestiniens tentent de bloquer des voitures de police aux abords de la porte des Lions, entrée principale au complexe du mont du Temple dans la Vieille ville de Jérusalem, le 22 juillet 2017 (Crédit : Ahmad GHARABLI/AFP PHOTO)

Des manifestants palestiniens tentent de bloquer des voitures de police aux abords de la porte des Lions, entrée principale au complexe du mont du Temple dans la Vieille ville de Jérusalem, le 22 juillet 2017 (Crédit : Ahmad GHARABLI/AFP PHOTO)

Différents rapports existent sur l’ampleur de l’arrêt des réunions de sécurité et ses conséquences sur le terrain, en Cisjordanie notamment où les forces de sécurité israéliennes et palestiniennes coordonnent les opérations pour déjouer les attaques terroristes et ainsi que d’autres violences. Certaines sources ont déclaré que ce gel inclurait tous les bureaux gouvernementaux, ainsi que toute la coordination sécuritaire.

Selon les instructions d’Abbas, les incidents humanitaires nécessitant une coordination avec Israël seront examinés au cas par cas, dans les centres régionaux de coordination.

Abbas a par le passé souligné l’importance de la coopération en matière de sécurité et, en 2014, a déclaré à un groupe de militants de la paix israélienne que les liens de sécurité étaient « sacrés ».

Israël n’a pas immédiatement répondu à l’annonce d’Abbas vendredi soir.

Pendant ce temps, l’Autorité palestinienne et le Waqf islamique – l’organisme jordanien qui administre le mont du Temple – ont transmis à Israël, via la Jordanie, le message qu’ils n’étaient pas prêts à négocier un compromis sur les questions de sécurité liées au site, tant que les détecteurs de métaux ne seraient pas retirés.

Quatre Palestiniens ont été tués dans des affrontements avec des forces israéliennes depuis vendredi, suite à la mise en place des détecteurs de métaux au mont du Temple, et un autre a été tué samedi alors qu’un cocktail Molotov qu’il prévoyait de jeter sur les forces de sécurité israéliennes a explosé sur lui.

L’escalade brutale de la violence a eu lieu une semaine après que les deux policiers de la frontière israélienne ont été tués par des terroristes israéliens arabes au mont du Temple. Après l’attaque, Israël a fermé le site pendant 48 heures, recherchant d’autres armes, puis a installé des portiques de détecteurs de métaux aux entrées du site.

Des fidèles palestiniens musulmans prient aux abords de la porte des Lions, entrée principale au complexe du mont du Temple dans la Vieille ville de Jérusalem, le 20 juillet 2017 (Crédit : Ahmad GHARABLI/AFP PHOTO)

Des fidèles palestiniens musulmans prient aux abords de la porte des Lions, entrée principale au complexe du mont du Temple dans la Vieille ville de Jérusalem, le 20 juillet 2017 (Crédit : Ahmad GHARABLI/AFP PHOTO)

Des sources ont déclaré que les autorités palestiniennes avaient été particulièrement agacées par les détecteurs de métaux, puisqu’elles avaient reçu des assurances d’Israël qu’une fois le site rouvert il n’y aurait pas de changement dans le statu quo actuel.

Les leaders musulmans affirment que les détecteurs de métaux marquent une modification du statu quo sur le site. Selon Israël, l’attaque du 14 juillet a montré la nécessité de mesures de sécurité renforcées.

Fidèles musulmans devant la porte des Lions, à l'entrée du mont du Temple, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 19 juillet 2017. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Fidèles musulmans devant la porte des Lions, à l’entrée du mont du Temple, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 19 juillet 2017. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Le Waqf islamique, gardiens jordaniens du site sacré, s’est opposé à la présence des détecteurs de métaux et a appelé les Palestiniens et les Arabes israéliens à ne pas entrer sur le site pour y prier.

Le mont du Temple est le site le plus saint pour les Juifs, décrit comme étant l’emplacement des temples bibliques. C’est le troisième site le plus saint de l’islam. Là se trouve en effet la mosquée d’Al-Aqsa ou « Noble Sanctuaire », lieu d’où le prophète Mahomet serait monté au ciel.