Mahmoud Abbas a accusé Israël d’avoir mené « une nouvelle guerre de génocide » à Gaza, promettant de tout faire pour châtier les coupables.

Abbas n’a cependant pas fixé, contrairement à ce qu’il avait annoncé lundi, de nouveau calendrier précis pour des négociations de paix, se contentant de demander une résolution au Conseil de sécurité qui n’a aucune chance d’être adoptée.

L’entourage du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a qualifié ce discours devant l’Assemblée générale de l’ONU « d’incitation à la haine truffé de mensonges ». « Ce n’est pas comme ça que parle un homme de paix », a déclaré à l’AFP une source dans l’entourage de Netanyahu.

Dans un communiqué, le ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor Liberman a accusé Abbas de « terrorisme diplomatique ». « Mahmoud Abbas ne veut pas et ne peut pas être un partenaire pour un règlement politique du conflit », a-t-il ajouté. « Tant que Mahmoud Abbas sera président de l’Autorité palestinienne, le conflit continuera ».

« Il est grand temps de mettre fin à cette occupation (israélienne) accompagnée de colonisation, dès maintenant », a martelé le président de l’Autorité palestinienne. « L’occupation doit cesser maintenant (…), l’heure de l’indépendance de l’Etat de Palestine est arrivée ».

Affirmant que la récente opération israélienne à Gaza était « la troisième guerre en cinq ans menée par l’Etat raciste occupant », il a ajouté : « La différence cette fois-ci est l’ampleur plus grande de ce crime génocidaire ».

« Au nom de la Palestine et de son peuple, j’affirme que nous n’oublierons pas, que nous ne pardonnerons pas et que nous ne laisserons pas des criminels de guerre échapper au châtiment », a-t-il affirmé.

Il n’a cependant pas fait allusion à une saisine de la Cour pénale internationale (CPI), une menace souvent brandie par des responsables palestiniens. La ‘Palestine’ peut adhérer à la CPI depuis qu’elle a obtenu en 2012 le statut de pays observateur non membre à l’ONU, et donc porter plainte contre Israël auprès de la Cour. Celle-ci juge les crimes de guerre, crimes contre l’humanité et actes de génocide.

Abbas a réclamé une nouvelle fois la levée du blocus israélien sur Gaza, qui « a étranglé la bande de Gaza et en a fait la plus grande prison du monde pour deux millions de citoyens palestiniens ». Israéliens et Palestiniens doivent reprendre fin octobre des discussions pour établir une trêve durable à Gaza après un cessez-le-feu fin août.

Il a réclamé une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU qui viserait à « parvenir à la paix en se fixant comme objectifs la fin de l’occupation israélienne et une solution à deux Etats », Israël et un Etat palestinien, « avec un calendrier spécifique pour la réalisation de ces objectifs ».

Il n’a pas précisé ce calendrier, alors que des responsables palestiniens avaient évoqué un délai de trois ans. Abbas lui-même avait annoncé lundi qu’il allait présenter « un nouveau calendrier pour des négociations de paix ».

Une telle résolution à l’ONU permettrait de « reprendre immédiatement les négociations afin de parvenir à un « traité de paix », a ajouté Abbas.

Mais une telle résolution serait immédiatement contrée par les Etats-Unis, qui disposent d’un droit de veto au Conseil et l’ont systématiquement utilisé pour protéger les intérêts d’Israël, selon des diplomates à l’ONU.

Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a reconnu vendredi que « les choses n’avaient pas beaucoup avancé » entre Israéliens et Palestiniens.

« Le conflit israélo-palestinien n’a pas été absent de cette session (de l’Assemblée générale) mais il a été moins présent que certains pouvaient imaginer », a constaté Fabius.

Les membres permanents du Conseil de sécurité travaillent depuis des semaines sur un projet de résolution consacré à Gaza (trêve, reconstruction, levée du blocus, démilitarisation).

Mais les Palestiniens sont opposés à une résolution ne traitant que de Gaza, et la résolution a peu de chances de voir le jour, selon un diplomate.

« Il y aura une réunion sur la reconstruction de Gaza le 12 octobre au Caire, mais il est évident qu’il faut trouver une solution sur le fond. Or, force est de constater que les choses n’ont pas beaucoup avancé », a-t-il dit.

« Il y a des projets, nous avons travaillé sur une résolution, mais d’une façon générale nous connaissons les paramètres pour les négociations. On ne peut pas continuer pour l’éternité, il faut trouver une solution », a-t-il insisté.