Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne (AP), « rejette catégoriquement » les demandes israéliennes de cesser de payer les prisonniers détenus par Israël, a annoncé samedi le ministre des Affaires des Prisonniers de l’AP, Issa Qaraqe, selon la Deuxième chaîne.

Alors qu’une grève de la faim menée par des centaines de prisonniers sécuritaires palestiniens entamait son 13e jour, Qaraqe a appelé la communauté internationale à intervenir, disant que « les vies de certains prisonniers sont en danger ».

Qaraqe a déclaré qu’Abbas soutenait pleinement les grévistes et leurs demandes, qui vont de l’amélioration des soins médicaux à un accès plus important au téléphone. Il a prévenu que plus de prisonniers pourraient rejoindre la grève si ces demandes ne sont pas acceptées.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré que les salaires versés par l’AP aux terroristes emprisonnés constituent un obstacle majeur à la paix.

Issa Qaraqe, ministre de l'Autorité palestinienne, pendant une conférence de presse sur la grève de la faim des prisonniers palestiniens à Ramallah, en Cisjordanie, le 19 avril 2017. (Crédit : Abbas Momani/AFP)

Issa Qaraqe, ministre de l’Autorité palestinienne, pendant une conférence de presse sur la grève de la faim des prisonniers palestiniens à Ramallah, en Cisjordanie, le 19 avril 2017. (Crédit : Abbas Momani/AFP)

Selon les responsables palestiniens, quelque 1 500 prisonniers participent à la grève de la faim qui a commencé le 17 avril. Ils n’ingèrent que de l’eau et du sel. Les autorités israéliennes estiment que 1 200 prisonniers sont concernés.

Samedi, la police a dispersé des dizaines de manifestants dans la Vieille Ville de Jérusalem, qui soutenaient les prisonniers en grève. Les manifestants avaient des photos des prisonniers, et ont tenté de marcher sur la porte de Damas. Les autorités israéliennes les en ont empêchés.

Quelque 6 500 Palestiniens sont actuellement détenus par Israël pour divers crimes liés à des actes terroristes. Environ 500 d’entre eux sont incarcérés sous le régime de la détention administrative, qui permet un emprisonnement sans inculpation.

Les prisonniers palestiniens ont régulièrement mené des grèves de la faim, mais rarement à une telle échelle.

La grève de la faim est menée par Marwan Barghouthi, cadre du Fatah et prisonnier célèbre, qui a été condamné à cinq peines de prison à perpétuité pour son rôle dans des attentats mortels pendant la seconde Intifada palestinienne, entre 2000 et 2005.

Manifestation de solidarité avec les prisonniers palestiniens en grève de la faim à Bethléem, en Cisjordanie, le 17 avril 2017. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Manifestation de solidarité avec les prisonniers palestiniens en grève de la faim à Bethléem, en Cisjordanie, le 17 avril 2017. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Plusieurs manifestations de soutien aux prisonniers ont été organisées en Cisjordanie, entraînant parfois des affrontements avec les forces israéliennes.

Barghouthi est très populaire parmi les Palestiniens, et plusieurs sondages suggèrent qu’il pourrait remporter la présidence de l’AP.