Abbas en campagne pour empêcher le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem
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Abbas en campagne pour empêcher le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem

Le chef de l'AP a contacté les dirigeants de la Turquie, de l'Arabie saoudite, du Qatar, de la France, de l'Egypte, de la Tunisie, de la Jordanie et du Koweït et les exhorte à intervenir auprès de Trump

Dov Lieber est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

Mahmoud Abbas s'adresse à la presse après avoir rencontré le roi de Jordanie au palais royal d'Amman, le 22 octobre 2017. (AFP PHOTO / KHALIL MAZRAAWI)
Mahmoud Abbas s'adresse à la presse après avoir rencontré le roi de Jordanie au palais royal d'Amman, le 22 octobre 2017. (AFP PHOTO / KHALIL MAZRAAWI)

Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, a téléphoné à huit dirigeants internationaux afin de les appeler à empêcher le président américain Donald Trump de procéder au transfert de l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem et de reconnaître officiellement Jérusalem comme capitale d’Israël.

Samedi soir, Trump n’avait toujours pas signé de dérogation afin de retarder de six mois supplémentaires le déménagement de l’ambassade – une procédure qu’il a jusqu’à lundi pour signer.

Selon diverses sources et articles, le président aurait l’intention d’annoncer dans les prochains jours lors d’un discours officiel qu’il reconnaît Jérusalem comme la capitale d’Israël. Il pourrait aussi ordonner à son équipe de préparer le déménagement de l’ambassade.

Selon Wafa, l’agence officielle d’information palestinienne, Abbas aurait contacté samedi les dirigeants internationaux afin de les prévenir des dangers d’un tel transfert et de les exhorter à intervenir auprès de Trump.

Abbas a ainsi appelé le président égyptien Abdel-Fattah el-Sissi, le roi Abdallah II de Jordanie, le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman, l’émir du Qatar Cheikh Tamim bin Hamad Al Thani, le président tunisien Béji Caid Sibsi, l’émir du Koweït Cheikh Sabah Al-Ahmad Al-Jaber Al-Sabah, le président français Emmanuel Macron et le président turc Recep Tayyip Erdoğan.

Mahmoud Abbas (à droite), président de l’Autorité palestinienne, rencontre Emmanuel Macron (à gauche), ministre de l’Economie français, à Ramallah, en Cisjordanie, le 7 septembre 2015. (AFP / ABBAS MOMANI)

Selon son porte-parole Nabil Abu Rudeineh, Abbas « a prévenu catégoriquement que prendre une telle mesure conduirait à la destruction du processus de paix et mettrait la région dans une situation incontrôlable ».

Mercredi, Abbas a ordonné à son ministre des Affaires étrangères d’exiger que la Ligue arabe et l’Organisation de la coopération islamique tiennent une session d’urgence concernant ces éventuelles mesures de l’administration américaine.

Vendredi, selon les médias israéliens, une délégation de l’Autorité palestinienne a rencontré le conseiller présidentiel Jared Kushner afin de l’avertir qu’un transfert de l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem ou qu’une déclaration de Trump reconnaissant officiellement Jérusalem comme capitale d’Israël aurait pour conséquence la fin du processus de paix.

De telles mesures « réduiront à néant les négociations », a déclaré à la presse la délégation de l’Autorité palestinienne – qui comprenait notamment Majed Faraj et Saeb Erekat, hauts responsables proches d’Abbas, a rapporté Hadashot News.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu serre la main de Saeb Erekat à Jérusalem, en avril 2012. Ils sont accompagnés de Yitzhak Molcho, assistant de Netanyahu, et de Majed Faraj, chef de la sécurité de l’Autorité palestinienne. (AMOS BEN GERSHOM / GPO / FLASH90)

L’avertissement a été réitéré dans une lettre d’Erekat, reflétant ainsi la colère d’Abbas face à ces mouvements anticipés de l’administration américaine.

La délégation de l’AP a ajouté que, si les Américains décidaient de prendre de telles mesures, les Palestiniens ne pourraient plus les considérer comme « un médiateur honnête » dans toute négociation israélo-palestinienne, a rapporté la Dixième chaîne, qui a annoncé que la rencontre avait eu lieu à la Maison Blanche.

Kushner, gendre de Trump et responsable américain dans le processus de paix, devait discuter de la position de son administration à ce sujet lors d’une rare conférence au forum de Saban à Washington ce dimanche.

La Maison Blanche n’a pas confirmé officiellement sa position sur la question de Jérusalem, affirmant que, pour le moment, diverses options restaient sur la table.

Plusieurs sources ont annoncé cette semaine que le président pourrait renoncer pour la deuxième fois au transfert immédiat de l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem, mais qu’il pourrait prendre tout de même la décision de reconnaître officiellement la ville sainte comme capitale d’Israël.

Selon un article du site Axios publié vendredi, Trump devrait aborder la question lors d’un discours mercredi prochain.

Contacté par le Times of Israël vendredi après-midi, un porte-parole de la Maison-Blanche a déclaré : « Le président a toujours affirmé que c’était une question de temps ; ce n’est pas qu’une possibilité. Le président réfléchit toujours aux différentes options et nous n’avons rien à annoncer pour le moment. »

Mardi, le vice-président américain Mike Pence a déclaré que Trump « réfléchissait activement à quand et comment déplacer l’ambassade américaine en Israël de Tel Aviv à Jérusalem ».

Le responsable participait alors à un rassemblement réunissant ambassadeurs de l’ONU, diplomates et dirigeants juifs à New York afin de célébrer la commémoration du 70ème anniversaire du vote de l’ONU pour la partition de la Palestine, qui a conduit à la création de l’Etat d’Israël.

Le Times of Israël a contribué à la rédaction de cet article.

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