Si la solution à deux états devait échouer, les Palestiniens soutiendront une solution à un état au conflit israélo-palestinien avec des pleins droits accordés à tous les citoyens, a déclaré samedi le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.

Dans un discours pré-enregistré diffusé sur de grands écrans dans la ville de Gaza alors que des dizaines de milliers de personnes s’étaient rassemblées pour marquer l’anniversaire de la mort du leader de l’OLP Yasser Arafat, Abbas, qui ne s’était pas rendu à Gaza depuis la destitution de ses alliés par le Hamas en 2007, a salué l’héritage de ses prédécesseurs.

« Notre peuple palestinien, qui t’a toujours aimé comme le grand dirigeant que tu étais, nourrit encore pour toi de l’amour, du respect et de la loyauté », a-t-il dit.

Abbas a expliqué que les Palestiniens voulaient sceller enfin la réconciliation et réaliser le « rêve [d’Arafat]… de liberté, de souveraineté et d’indépendance sur notre sol national palestinien ».

« Il n’y a pas d’état à Gaza et il n’y a pas d’état sans Gaza », a-t-il expliqué, soulignant que les Palestiniens sont « unis » et qu’ils « refusent les divisions ».

Il a ajouté que « la mise en oeuvre précise de l’accord de réconciliation et la prise entière de pouvoir par le gouvernement mèneront très certainement à l’apaisement de la souffrance et à la renaissance de l’espoir, celui d’un meilleur avenir pour tous ».

Les Palestiniens brandissent des photos de feu Yasser Arafat à Gaza le 9 novembre 2017 durant un festival de commémoration du 13ème anniversaire de sa mort. A droite, un panneau avec une photo de feu le chef du Hamas Sheikh Ahmed Yassin. (Crédit : AFP/Mohammed Abed)

L’événement de samedi a été la première commémoration de ce type organisée depuis 2007 sur ce territoire dirigé par le Hamas.

Cet anniversaire avait pour objectif de faire une démonstration de l’unité palestinienne après que le groupe terroriste du Hamas a passé un accord de réconciliation le mois dernier avec le mouvement du Fatah, son rival, fondé et dirigé par Arafat jusqu’à sa mort en 2004.

Cette convention, qui devrait voir le Hamas céder le contrôle civil de Gaza à l’Autorité palestinienne dirigée par Abbas le 1er décembre, vise à mettre un terme à des années de division amère entre les factions rivales.

Des dizaines de milliers de personnes de toute la bande de Gaza se sont rassemblées sur la place Saraya de la ville de Gaza dès le petit matin, quelques heures avant que les discours historiques ne soient prononcés.

Les participants ont brandi des drapeaux palestiniens et des pancartes appelant à l’unité, ainsi que des photos d’Arafat et d’Abbas.

Le Hamas a pris le contrôle de l’enclave côtière à l’occasion de ce qui était presque devenu une guerre civile en 2007, dans un contexte de récriminations cinglantes après la victoire sous forme de raz-de-marée des Islamistes lors des élections parlementaires de l’année précédente.

Les Palestiniens brandissent des photos de feu le chef Yasser Arafat dans la ville de Gaza, le 9 novembre 2017, durant une fête de commémoration du 13ème anniversaire de sa mort (Crédit : AFP/Mohammed Abed)

La dernière commémoration de la mort d’Arafat sur le territoire avait eu lieu quelques mois après et s’était achevée par des émeutes entre factions rivales.

Le Fatah a organisé d’autres événements depuis 2007, dont un, majeur, en 2013, mais le Hamas a souvent annulé ces activités.

Même s’il reste une figure vénérée parmi les Palestiniens, Arafat est considéré par de nombreux Israéliens comme un terroriste qui n’aura jamais évolué et qui avait fait échouer les négociations de paix de Camp David en l’an 2000, orchestré la vague d’attentats-suicide de la Seconde Intifada ayant suivi un narratif encore prévalent chez les Palestiniens et qui nie l’histoire et la légitimité des Juifs en terre sainte.