Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne (AP) a menacé dimanche de continuer à couper les financements destinés à la bande de Gaza, à moins que le Hamas ne démantèle son gouvernement rival dans l’enclave palestinienne.

« Nous transférons 1,5 milliard de dollars par an, mais quand le Hamas a déclaré son propre gouvernement, nous avons diminué de 25 % notre soutien à Gaza », a dit Abbas à des députés israéliens en visite à Ramallah.

« Nous craignons que si rien ne change bientôt, cela n’atteigne les 100 % », a-t-il dit. « Nous percevons le Hamas comme une tentative de séparer la Cisjordanie de la bande de Gaza, et c’est une expression de méfiance politique envers les dirigeants palestiniens, plus qu’une décision morale ou diplomatique.

La délégation des députés de l’opposition israélienne était présidée par Zehava Galon, qui dirige le parti Meretz.

Des palestiniens se réchauffent autour d'un feu pour pallier le manque d'électricité, à Rafah, dans la bande de Gaza, le 1er décembre 2016. (Abed Rahim Khatib/Flash90)

Des palestiniens se réchauffent autour d’un feu pour pallier le manque d’électricité, à Rafah, dans la bande de Gaza, le 1er décembre 2016. (Abed Rahim Khatib/Flash90)

Elle a dit à Abbas que son parti rejetait les mesures prises par l’AP et Israël pour couper l’électricité dans la bande de Gaza en raison des impayés, une décision qui a fait éclater une crise humanitaire totale.

« Je ne soutiens pas le Hamas, ni le gouvernement qu’il a établi, mais la décision de punir le peuple de Gaza en coupant l’électricité est mauvaise et illégitime », a dit Galon.

« Nous sommes ici aujourd’hui parce que nous croyons en des dirigeants palestiniens modérés, a dit Galon à Abbas. Il n’y a pas de différence entre nos idées en tant que partenaires pour la paix. »

« Nous croyons en la nécessité de mettre fin à l’occupation et d’établir un état palestinien le long des frontières de 1967 », a-t-elle ajouté.

Abbas a pour sa part déclaré dimanche qu’il avait rencontré plus de 20 fois des représentants de l’administration du président américain Donald Trump depuis son élection en novembre 2016.

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, à droite, avec Jason Greenblatt, représentant spécial pour les négociations internationales du président Trump, à Ramallah, le 14 mars 2017. (Crédit : Abbas Momani/AFP)

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, à droite, avec Jason Greenblatt, représentant spécial pour les négociations internationales du président Trump, à Ramallah, le 14 mars 2017. (Crédit : Abbas Momani/AFP)

« A chaque fois, ils ont répété leur engagement envers une solution à deux états et à l’arrêt des constructions dans les colonies, a dit Abbas. Je les exhorte à le dire [au Premier ministre Benjamin Netanyah], mais ils en sont dissuadés. »

« Je ne sais même pas ce qu’ils font de nous, parce que toute cette administration est plongée dans le chaos », a-t-il ajouté.