La candidature du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas aux 15 traités et conventions internationaux représente une « infraction majeure » à son accord avec Israël et les États-Unis à propos des négociations de paix.

Cet acte indique qu’il n’y a maintenant « presque aucun espoir » pour un accord d’échange de prisonniers contre Pollard qui permettrait la poursuite des pourparlers, a déclaré mercredi un responsable israélien.

Le responsable cité par le correspondant diplomatique de la Deuxième chaîne, Udi Segal, a préféré rester anonyme. Il accuse les Palestiniens de « torpiller » l’accord trilatéral selon lequel Israël aurait libéré 400 prisonniers de sécurité en plus du dernier contingent de 26 à 30 prisonniers palestiniens. Les négociations auraient continué au-delà de la date-butoir actuelle du 29 avril, et les États-Unis auraient relâché l’espion israélo-américain Jonathan Pollard.

Le ministre du Logement et de la construction Uri Ariel (Habayit Hayehudi) a affirmé à la radio de l’armée israélienne que la candidature d’Abbas aux 15 traités et conventions internationaux demandait « un arrêt complet » du processus diplomatique. Il a accusé Abbas « de cracher au visage de tout le monde » en prévoyant une cérémonie télévisée mardi lors de laquelle il a signé les documents nécessaires. Ces documents ont officiellement été présentés à l’ONU et à d’autres représentants mercredi.

Ariel a demandé au Premier ministre Benjamin Netanyahu d’annoncer de nouvelles constructions majeures en Cisjordanie en représailles aux « provocations délibérées » d’Abbas. C’est en effet ce qui s’était passé il y a deux ans, quand Abbas avait demandé le soutien de l’ONU pour le statut d’État palestinien.

Les responsables palestiniens affirment que la demande d’adhésion ne constitue pas une infraction de l’accord et que l’AP s’est engagée à continuer les négociations jusqu’au 29 avril. « Ceci n’est que l’application du droit de la Palestine et n’a rien à voir avec les négociations ou l’atteinte d’un accord, » indique le département des négociations de l’Organisation de libération de la Palestine dans un communiqué.

Segal a également accusé le secrétaire d’État américain John Kerry de vouloir « blanchir » l’acte du président de l’AP. Kerry a en effet annoncé que les demandes d’adhésion ne constituaient pas une infraction car elles ne s’adressaient pas aux agences de l’ONU.

Kerry a annulé sa visite à Ramallah prévue pour mercredi. Il a annoncé l’annulation de sa rencontre avec Abbas peu de temps après que ce dernier ait publiquement signé les documents de demande d’adhésion. Ce changement soudain souligne le point de crise des négociations de paix, qui avaient débuté en juillet dernier sous la supervision de Kerry.