Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a adopté un ton ferme contre le Hamas, samedi, annonçant qu’il ne permettrait plus à l’organisation à prendre de décisions politiques, comme la signature d’accords ou l’initiation de conflits.

S’exprimant depuis le Caire, dans une rencontre avec les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe, Abbas a également fustigé le Hamas pour avoir lancé des milliers de roquettes sur Israël dans le conflit de 50 jours, qui a fait relativement peu de dégâts en Israël, selon Ynet.

Abbas devrait déclarer dimanche la suspension des négociations avec le Hamas jusqu’à ce que ses revendications soient satisfaites. Abbas insiste pour que le Hamas cède le contrôle de Gaza au gouvernement d’union établi au printemps dernier entre sa faction – le Fatah – et le Hamas.

Dans le contexte de rapports selon lesquels des tensions entre le Hamas et le Fatah pourraient entraver la reconstruction de Gaza, un haut responsable du Hamas, Mahmoud al-Zahar, a déclaré mercredi qu’il était convaincu que la population palestinienne n’imputerait pas la responsabilité au Hamas.

Ce qui se passera désormais à Gaza « est la responsabilité de Mahmoud Abbas qui, à présent, est responsable du gouvernement, » a-t-il déclaré au New York Times. « Nous n’en sommes pas responsables. »

Un haut responsable du Hamas basé au Caire, Moussa Abu Marzouk, a déclaré que l’organisation a déjà distribué 40 millions de dollars de Gaza, dont 2000 $ à chaque famille dont la maison a été endommagée.

Selon les médias arabes, l’Egypte s’entretient avec les deux parties, israélienne et palestinienne, et se prépare à émettre des invitations à de futures négociations de cessez-le-feu au Caire.

Les tensions entre le Hamas et le Fatah sur le paiement des salaires des employés du Hamas et l’administration des passages aux frontières retarderaient pourtant les négociations.

Ces rapports font suite à des avertissements du responsables du Fatah selon lesquels si le Hamas ne cédait pas le contrôle de Gaza au gouvernement d’unité, les forces de la garde présidentielle d’Abbas ne se déploieraient pas le long des frontières et les passages resteraient fermés.

L’Egypte a affirmé maintes fois qu’elle n’ouvrirait pas le passage de Rafah tant qu’il serait contrôlé par le Hamas.

Cependant, bénéficiant d’une vague de popularité sans précédent depuis le récent conflit violent avec Israël, les dirigeants du Hamas semblent confiants sur le soutien de la population.

D’ailleurs, depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu sous médiation égyptienne, ils opèrent dans les rues pour renforcer ce soutien.

AFP et l’équipe du Times of Israel ont contribué à cet article.