Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a appelé samedi les dirigeants arabes à intervenir dans les conflits à travers le Moyen-Orient, y compris au nom des Palestiniens, tout comme ils l’ont fait dans la guerre au Yémen, où les séparatistes houthis soutenus par l’Iran ont pu progresser et forcer le dirigeant du pays, Abdel Rabbo Mansour, à fuir la région.

S’exprimant lors d’un sommet arabe dans la station balnéaire égyptienne de Charm el-Cheikh, Abbas a déclaré qu’il espérait que les « pays arabes adopteraient des politiques similaires à celles du Yémen dans tous les pays arabes qui souffrent de conflits internes comme la Palestine, la Syrie, la Libye et l’Irak ».

Abbas a déclaré que les résultats des élections israéliennes du 17 mars, où le Likud du Premier ministre Benjamin Netanyahu est sorti victorieux, démontraient que les Palestiniens « n’ont pas de partenaire de paix israélien ».

Depuis que Netanyahu est arrivé au pouvoir, a-t-il pointé, « Israël a abandonné la paix et choisi la voie de l’extrémisme et du racisme ». 

Il a accusé Israël de chercher à transformer le conflit de politique en conflit religieux, notamment en attisant la controverse entourant le mont du Temple à Jérusalem.

Etant donné que les Palestiniens se sont révélés « incapables d’empêcher la construction de colonies israéliennes », a-t-il poursuivi, l’Autorité palestinienne poursuivra ses actions unilatérales, y compris en s’adressant à la Cour pénale internationale le 1er avril. Les Palestiniens espèrent poursuivre Israël pour crimes de guerre devant le tribunal.

Abbas s’est exprimé le lendemain des déclarations du ministre des Affaires étrangères français, Laurent Fabius, selon lesquelles la France poursuivrait les discussions avec ses partenaires sur une éventuelle résolution du Conseil de sécurité de l’ONU qui présenterait un cadre aux négociations en vue de résoudre le conflit israélo-palestinien.

Netanyahu a maintes fois accusé Abbas de saboter les efforts de paix, citant le refus du chef de l’AP de reconnaître Israël comme un Etat juif et son incitation à la violence.

Ayant exclu un Etat palestinien dans une interview à la veille des élections, Netanyahu s’est ensuite rétracté, affirmant qu’il soutenait une « solution pacifique durable à deux Etats », mais que les positions d’Abbas et l’instabilité régionale avaient changé les réalités et mis Israël face à de graves dangers.